Mercredi 12 novembre 2008




Carson MCCULLERS,
La Ballade du café triste.

Titre original : The Ballad Of The Sad Café.
Traduction de Jacques Tournier.
Paris : LGF, 2004. Poche biblio. 189 p.























"Everything significant that has happened in my fiction has also happened to me."
Carson McCullers le reconnaît, ses écrits sont largement inspirés de sa propre vie. Et quelle vie !

Née en 1917 à Columbus, petite ville de l’état de Géorgie, elle aurait dû être un garçon et reçoit le prénom masculin de Carson. La déception maternelle est cependant limitée, puisque Carson présente très tôt les dons musicaux espérés qui la conduisent à New York après le lycée pour intégrer la prestigieuse Académie Juilliard. Or la perte de la somme destinée aux frais d’inscription la force à renoncer à cette ambition. Qu’importe, elle s’inscrit à la place aux cours de création romanesque et techniques littéraires de l’université de Columbia. C’est en effet dans l’écriture qu’elle trouve refuge, loin de cette impression de rejet et de cette solitude qui l’accompagneront toute sa vie.

Car Carson est différente des autres jeunes filles. Outre le prénom, elle a aussi une allure ambiguë, comme le montrent les photographies de Carl Van Vechten. Grande, maigre, souvent vêtue de pantalons, elle cultive une apparence androgyne qui lui confère cette singularité souvent chère aux artistes. Elle en souffre cependant à l’adolescence, où elle nourrit un amour secret pour celle qui lui enseigne le piano. Cette attraction féminine se retrouve tout au long de sa vie, chaque fois qu’elle croit rencontrer son double, la personne la plus à-même de la comprendre. Un homme, Reeves McCullers, mérite ce titre, et elle l’épouse en 1937. Or une ambition commune peut s’avérer fatale lorsqu’un seul rencontre le succès, ainsi le couple divorce cinq ans plus tard après la publication de la première nouvelle et du premier roman de Carson. Elle le revoit en 1943 avant qu’il ne parte au front, et c’est dans ce contexte de résurgence des sentiments qu’elle écrit La Ballade du café triste, publiée la même année. Ils se remarient en 1946 pour ne trouver que solitude en leur compagnie mutuelle, un paradoxe à la fois vécu et thème de prédilection de son oeuvre. Leur relation se dégrade progressivement, tout comme la santé de Carson, jusqu’au suicide de Reeves en 1953. Carson McCullers décède en 1967 d’une hémorragie cérébrale, à l’âge de 50 ans.

Tous ces éléments donnent un aperçu du contenu des sept nouvelles qui constituent le recueil, dont l’ordre est le suivant :
La Ballade du café triste
Wunderkind
Le Jockey
Mme Zilensky et le roi de Finlande
Celui qui passe
Un problème familial
Une pierre, un arbre, un nuage


Bien qu’ayant vécu majoritairement dans la moitié nord des Etats-Unis, Carson McCullers ne rompt pas avec ses origines, et son style s’apparente à la littérature gothique caractéristique du Sud, dans la lignée de Faulkner, toutefois sans la technique du flux de conscience.

Dès la première page de la nouvelle éponyme, le lecteur est invité à entrer dans l’atmosphère paisible mais désolée de la petite ville de Cheehaw. Il devient alors l’auditeur privilégié d’une histoire singulière, qui lui est transmise selon la tradition orale si populaire dans ces régions rurales. Le narrateur, anonyme, met en évidence les articulations et liens de cause à effet de son récit dans une langue réaliste, voire familière dès qu’il s’agit de dialogues, qui n’en exclut pas pour autant les tournures poétiques lorsque l’histoire prend une dimension toute autre. Un résumé succin de l’intrigue plante le décor et éveille la curiosité ; on apprend ainsi que cette morne ville a jadis été égayée d’un café, tenu par Miss Amelia et son prétendu cousin Lymon, mais que le retour de l’ancien mari de Miss Amelia, Marvin Macy, en a provoqué la fermeture. Après maintes péripéties, la boucle se referme, l’épilogue et l’incipit se font écho avant que la focalisation ne se déplace vers la route de Forks Fall où se déroule une scène épiphanique sans laquelle l’histoire serait dépourvue de moralité.

La ville est triste, la ballade aussi, mais les personnages ne manquent pas de couleur. Grotesques, conformément au genre, ils inspirent à la fois répulsion et compassion.

Cousin Lymon, bossu au visage épargné par les marques du temps, n’a peut-être aucun lien de parenté avec Miss Amelia ; ce qui n’empêche pas cette dernière d’accéder à son désir d’interaction sociale en l’hébergeant et en développant un café à partir de son magasin.

Marvin Macy, l’époux éconduit, est le personnage peu recommandable de l’histoire. Ses manières rustres et peu vertueuses semblent s’expliquer par une enfance difficile. Son retour dans la vie de Miss Amelia donne lieu à une scène de bataille épique et sensuelle dont l’apogée met en abyme le dénouement.

Miss Amelia Evans, enfin, dont la description physique rappelle étrangement celle de Carson McCullers, est affublée d’un strabisme. Deux yeux qui se croisent, incapables de communication directe avec autrui, forment peut-être le symbole d’un destin étroitement lié à la solitude.

Certes, les trois personnages principaux forment un triangle où chacun est aimé et aime à son tour, c’est cette réception ou non d’amour qui module leurs comportements. Tous en manifestent un profond besoin, le café lui-même remplit cette fonction à l’échelle de la ville puisque son succès s’attribue à la forte demande d’un lieu de vie et d’échange de chaleur humaine, au sens métaphorique comme littéral.

Or, le caractère éphémère de l’amour, le manque de réciprocité et de communication ne suggèrent-ils pas l’inhérence de la solitude à la condition humaine ? C’est du moins la thèse de Carson McCullers. La seule forme d’amour à laquelle se raccrocher est l’agapè, l’amour de Dieu, désintéressé, dont son écriture est la quête.

Céline A., Année Spéciale Bibliothèques-Médiathèques



Carson McCULLERS
La ballade du café triste et autres nouvelles
Stock, Cosmopolite
















La ballade du café triste et autres nouvelles, titre original The Ballad of the Sad Cafe est un recueil de sept nouvelles. Prix de l’Académie des Arts et des Lettres, il a été publié aux Etats-Unis en 1951 puis en France en 1974 aux éditions Stock.
Cet ouvrage est traduit de l’Américain par Jacques Tournier.








Carson McCuller de son v
rai nom Lula Carson Smith  (1917-1967) est une romancière et nouvelliste américaine. Des l’âge de dix ans elle est passionnée par l’écriture et la musique. En 1934, elle se consacre à l’écriture en suivant des cours de création littéraires à la Columbia University. Un an plus tard elle épouse James Reeves McCullers qui restera un personnage important tout au long de sa vie. Ils s’installent en France, dans l’Oise. A la suite du décès de Reeves, Carson rentre aux Etats-Unis, elle décède en 1967 à la suite d’une hémorragie cérébrale.









I) La ballade du café triste

Cette première
histoire présente toutes les caractéristiques d’un roman :

- au niveau de la longueur elle comprend 95 pages.

- Une omniprésence de détails par exemple la description de Miss Amelia p 23  : C’était une femme grande… C’était un être solitaire. » Il y a des descriptions des personnages mais également des lieux et de l’atmosphère.

- Un champ lexical très présent durant toute la nouvelle : la mélancolie. Champ lexical aussi énoncé dans le titre.

- Le narrateur est présent à certains moments, il dialogue avec le lecteur, il l’interpelle. Ex : « Souvenez-vous » p 45, « Découvrez donc ces années » p 48.


« La ballade du café triste » compte trois protagonistes : Miss Amelia, Marvin Macy et Cousin Lymon.  Le décor est une petite ville ennuyeuse du Sud des Etats-Unis. Miss Amelia transforme son magasin en café à la suite de l’arrivée d’un étranger Lymon Willis qui dit être son cousin. Son café connaît un rapide succès mais le retour de son ex-mari Macy Marvin bouleverse la situation. 

Dans ce texte, on trouve un mélange de tous les types d’écritures. On passe de la tragédie à la comédie. Il y a quelques passages comiques. Ex : le fait que Miss Amelia s’entraîne à la boxe pour battre son mari. Deux personnages représentent aussi cette ambiance, d’un côté Miss Amelia femme solitaire, triste et de l’autre côté Cousin Lymon personnage clownesque, heureux.  

Deus thèmes sont présents tout au long de l’histoire : la mélancolie et les relations amoureuses.

Le titre annonce le thème de la tristesse. Dès les premières lignes, on peut observer des mots tels que solitude, ennuyante, triste… C’est une tristesse presque maladive. Cette atmosphère lourde nous incite à aller plus loin dans le texte et nous à interroger sur la suite de l’histoire.

Le second thème, les relations amoureuses, est central dans le récit. On a un triangle amoureux entre les trois protagonistes qui sont tous à la recherche du bonheur. La relation entre Miss Amelia et son ex mari est tendue puisqu’ils en viennent « aux mains ». Il y a une certaine violence entre ces deux personnes. On pourrait rapprocher cette histoire de celle de l’auteur. En effet, Jacques Tournier nous le dit en avant-propos, beaucoup de disputes ont éclaté entre Carson et Reeves  : « Les combats avaient repris. Ils se déchiraient de nouveau, ils essayaient de se détruire. »
(p17)


II) … et les autres nouvelles

A la suite de cette longue nouvelle, le livre compte six autres nouvelles plus courtes : « Wunderkind », « Le Jockey », « Mme Zilensky et le roi de Finlande », « Celui qui passe », « Un problème familial » et « Une pierre, un arbre, un nuage ».

Dans ces nouvelles on retrouve les thèmes de la solitude mais aussi de la musique ; c’est une musique triste qui permet d’identifier un sentiment. Ainsi dans « Wunderkind », la première nouvelle écrite par Carson McCullers à l’âge de dix sept ans, la musique permet de cacher un sentiment de mal être. L’enfant prodige, Frances, une jeune musicienne se retrouve souvent exclue des autres.

D’une autre manière la musique est abordée dans la nouvelle « Mme Zilensky et le roi de Finlande ». Le thème de l’absence est traité sur le mode comique, puisque les trous de mémoire de Madame Zilensky embauchée par le département de musique de Mr Brook n’atteignent pas la confiance de celui-ci.

Dans « Celui qui passe » la musique joue un rôle encore différent. Elle fait renaître un sentiment : l’impossibilité du deuil de l’amour. Cette nouvelle évoque une rupture pas encore acceptée entre Elizabeth et son ex-mari John Ferris.

La musique est présente pratiquement dans tous les textes de McCullers. Ce thème réunit un grand nombre de sentiments (amour, solitude…) C’est un outil dans lequel les sentiments des personnages peuvent se dissimuler.

Tous les textes de Carson McCullers renvoient à une part de sa vie. Ses écrits ont souvent pour lieu le Sud des Etats-Unis. Selon elle, c’est « un emblème de la solitude des passions ». Le Sud qu’elle nous dépeint est une région triste avec des villes sans nom comme dans « La ballade du café triste » où l’on est en présence d’une ville « loin de tout, en marge du monde ». Toutefois, McCullers n’a pas connu cette solitude qu’elle écrit dans ses livres, c’était une personne plutôt bien entourée.  

Ces romans et nouvelles sont souvent autobiographiques. L’auteur transmet au lecteur une part de son intimité.

Le titre La ballade du café triste résume parfaitement bien les sept nouvelles aussi tristes que subtiles. Carson McCullers apparaît presque comme un précurseur de Raymond Carver : ces nouvelles décrivent juste une minuscule tranche de vie banale mais c’est un petit détail sur telle phrase qui fait la beauté et la profondeur des textes. McCullers est aussi une grande romancière. Son roman Le cœur est un chasseur solitaire a eu un immense succès lors de sa publication.


Elsa CHABROL, 1ère année BIB
par Céline et Elsa publié dans : fiches de lecture AS et 2A
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Mardi 11 novembre 2008


Ernest HEMINGWAY
Paris est une fête
Gallimard, 1973
rééd. Folio





























C’est avec Hemingway que j’ai commencé à aiguiser mes désirs en littérature. On sent derrière les mots de larges mains calleuses, un homme « shaped like a football player » ; ce fut cette puissance qui écrit « vrai », cette poésie simple qui « m’envoya au tapis » et me transcenda.


 Paris est une fête est un récit autobiographique qu’Hemingway écrivit 40 ans après les faits.  La mémoire n’est peut être pas fidèle aux réalités de l’époque, mais la main qui les écrit ne cherche pas à mentir.

Paris est une fête ce sont les aventures d’un jeune auteur américain dans le Paris des années 20. Les pérégrinations de Hem’ dans les quartiers de Paris, les bars, ses rencontres, les courses, son amour pour Hadley, sa femme. Les tableaux pittoresques ont sûrement contribué à la légende du Paris bohème de la « lost generation » et fait rêver les jeunes Anglo-Saxons.


Paris est une fête, c’était  aussi un peu  moi, Anaïs, 18 ans depuis 10 jours, arrivant à Paris seule pour la première fois le 31 juillet afin de travailler comme vacataire dans un musée de Paris avec une amie. J’avais acheté Paris est une fête à cause de ce « personnage », Gertrude Stein (je venais de voir cet horrible film retraçant la vie de Modigliani où elle m’apparaissait pour la première fois), que j’avais retrouvé en quatrième de couverture de Paris… qui m’avait poussée à choisir ce livre plutôt que Martin Eden, que j’achèterais quelques mois plus tard et qui ne me quitte plus.

Je commence  à lire Paris… le matin de mon premier jour de travail, dans le métropolitain. Je sors de la bouche de métro, demande mon chemin à la fleuriste : « eh bien il faut que vous remontiez la rue Cardinal  Lemoine, vous prenez le virage à droite, vous longez le lycée et voilà, vous y êtes à vot’ Panthéon !». La rue Cardinal Lemoine voyons voir…je sors du  sac mon folio, deuxième page, « Les citernes étaient  peintes en brun et  en safran et, dans le clair de lune, lorsqu’elles remplissaient  leur office le long de la rue Cardinal Lemoine… »Je sors mes lunettes de soleil et remonte pour la première fois cette rue qui grimpe, passe devant le lycée, un poème de Bonnefoy est peint, énorme sur une façade puis me mets  à attendre mon  amie dans une café.  « Une fille entra dans le café et s’assit, toute seule, à une table près de la vitre. Elle était très jolie, avec un visage aussi frais qu’un sou neuf, si toutefois l’on avait frappé la monnaie dans de la chair lisse recouverte d’une peau toute fraîche de pluie, et ses cheveux étaient noirs comme l’aile du corbeau et coupés net et en diagonale à hauteur de la joue ». J’aime beaucoup ce passage, cette fille à la peau rose et fraîche que j’imagine porter un rouge à lèvre mat. 

Ce que j’ai découvert  par exemple chez Hemingway, c’est la répétition de « et » dans une phrase. Choquée au début, je me mis à ressentir ce redondant manque de goût comme un charmant et naïf et enfantin émerveillement dans les descriptions des balades et des repas. Impression candide que je m’appliquai à utiliser dans mes dissertations où mes professeurs jugèrent que je ferais mieux de relire Lamartine plutôt que de plagier un effet de style inutile à la dissertation. Mais enfin, je n’étais pas de ce romantisme-là, et Lamartine au placard je relis plusieurs fois Paris… . Comment ne pas se laisser prendre par ce Paris génial, l’âge d’or du Paris bohème ?  Comment aussi ne pas se sentir à mon tour après Musset et Hemingway, une génération perdue ? Non pas à cause d’une guerre, mais  errante car sans héros. Allais-je moi aussi, un jour, vivre d’amour, de St James, de voyages et de ma plume ? Allais-je pouvoir parler du « Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux » ?

Paris est une fête : espoir, cachette secrète.

Il faut dire qu’Ernest s’y est très bien pris pour nous faire rêver. Simplicité de l’écriture, simplicité des sujets décrits, mise en relief des beautés quotidiennes d’une vie bohème où tout est merveilleux le ventre vide (et ça c’est lui qui le dit), aussi les rencontres avec les légendes de ce Paris génial ( F.S. Fitzgerald, Gertrude Stein, Sylvia Beach…).
 
Aujourd’hui, je relis ce livre et je ne retrouve plus l’insouciance d’il y a deux ans. Des idées barbares m’assaillent : combien gagnait-il pour vivre ? Que représentait un repas dans une brasserie dans son budget ? Agacée par ce bonheur tranquille, je commence à ne plus y croire.

Voilà, Paris est une fête c’est à lire et relire, c’est «  prendre la température », voir si ça nous fait toujours rêver ou bien se rendre compte qu’on devient cynique… !


Anaïs JACQUEMONT, 1ère année édition-librairie.
par Anaïs publié dans : fiches de lecture 1A
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Mardi 11 novembre 2008











Didier VAN CAUWELAERT
Un objet en souffrance,

Le Livre de Poche, 190 pages


 























François Froncinet est un homme énigmatique. Les banques font appel à lui pour sauver les entreprises en faillite dans lesquelles elles ont investi. Ses méthodes sont particulières, un peu humiliantes pour des cadres qui ont parfois plus de trente ans d'expérience dans la boîte, mais peu lui importe les messes basses dans son dos, il est là pour restructurer alors il n'hésite pas à faire tomber des têtes. Ce que personne n'a compris dans le monde des affaires, c'est que François Froncinet se sert de son métier pour faire fructifier son compte en banque personnel. Son intelligence alliée à la mémoire et au précieux sens de l'observation de son frère et associé lui permettent d'orienter la restructuration des entreprises dont il a  la charge selon ses intérêts.

Francois Froncinet n'est pas heureux, mais il se satisfait à peu près de cette vie là. Son seul regret, c'est de penser qu'après sa mort, il ne restera rien de lui sur terre. Alors quand il rencontre ce couple qui ne peut pas avoir d'enfant parce que l'homme est stérile, il voit l'occasion rêvée de transmettre quelque chose de lui. Il joue de son influence pour s'assurer que son don de sperme sera utilisé pour eux. 

 Quand la femme meurt à l'accouchement, il se sent responsable de sa mort, puisqu'après tout, c'était à cause de lui que ce bébé avait pu être conçu. Pour combattre ce sentiment de culpabilité, il fait tout pour faciliter le quotidien de ce père veuf pathétique à qui rien ne réussit dans la vie, qui ne veut plus de ce bébé puisque sa femme n'est plus là. Usant de son influence, il lui offre un nouveau style de vie, bien plus luxueux, délaissant progressivement ses propres affaires et courant à sa perte avec une certaine lucidité.

Deux hommes seuls qui se retrouvent autour d'un enfant, ni à l'un ni à l'autre, dans une quête inconsciente du bonheur. Leurs efforts pour être heureux sont pathétiques car on se rend compte très vite que le dénouement ne sera pas un happy end, mais quand ils sont ensemble, ils s'apportent un peu de paix, et ce lien profond qui les unit alors qu'ils appartiennent à deux monde très différents a quelque chose de très touchant.


Élise, 2ème année Édition-Librairie

Voir aussi la fiche de Chloé sur Un aller simple.


par Elise publié dans : fiches de lecture AS et 2A
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Lundi 10 novembre 2008

Si vous avez assisté à la conférence-performance de Serge Martin S'asseoir sans chaise Samedi 8 novembre dans le cadre de NOVART, vous souhaitez peut-être en obtenir le texte ; c'est possible à l'adresse suivante :







par pier publié dans : EVENEMENTS
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Lundi 10 novembre 2008
Trois semaines ont passé depuis Ritournelles, il ne sera donc pas question ici d'une réaction à chaud mais plutôt d'une prise de température post-événement.

A la veille du jeudi 23 octobre, J'ai appris à ne pas rire du démon d'Arno Bertina est toujours roi sur ma table de chevet. Demain, lors de cette première conférence je serai éclairée. Un lien se tissera entre auteur et public, les imaginaires seront nourris. Jusqu'à présent, j'approche de la fin de l'oeuvre, plus qu'une trentaine de page, j'ai apprécié cette lecture. La rencontre promet alors d'être particulièrement intéressante. Ajoutons à cela que Strangulation de Mathieu Larnaudie m'a quelque peu déroutée, je sens qu'il y aura de quoi faire.

C'était le moins que l'on pouvait attendre. A faire il y avait, tant il fut difficile d'accéder aux propos échangés. Il y a eu un décalage impressionnant entre mes lectures et cette discussion qui se déroulait dans cette salle improvisée. Pas tant sur le fond, mais plutôt par la forme, qui ne m'a pas permis une écoute facile mais a plutôt exigé une concentration hors pair pour ne pas perdre le fil.

Cette " herméticité" m'a amenée à m'interroger sur la portée réelle du Festival.

Trois jours plus tard, mon stage au sein de la Librairie Mollat commence. Profitons de ce terrain pour prendre connaissances des répercussions de Ritournelles. Avant tout entretien avec les libraires, je remarque bien vite que Bertina est sur table. Il jouit déjà d'une position plus que privilégiée. Strangulation est retourné en rayon, il a quitté la table. On m'explique qu'en Février dernier, le livre, pour avoir semé le trouble tant les avis étaient divergents, avait déjà bien profité des chaudes places et d'une forte exposition. Pour ce qui est des ventes, les libraires ne remarquent pas de précipitation soudaine. Ils constatent en revanche, la mine réjouie, que les lecteurs ont été quelque peu titillés par la curiosité en cette fin octobre à en juger par la fréquence des questions sur nos deux auteurs. Le lien serait-il évident ?

Cette littérature exigeante a trouvé un allié avec Ritournelles, cet événement culturel a su mettre en valeur ses auteurs et si la marche est encore lente, reste à parier qu'elle deviendra vite plus soutenue.


Julie Djadel, Année Spéciale Édition-Librairie

par Julie publié dans : EVENEMENTS
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Dimanche 9 novembre 2008

Entretien réalisé dimanche 2 novembre 2008




Originaire du Cameroun, cet auteur réside en France depuis 1991. Bien qu'elle écrive depuis l'âge de huit ans, ce n'est qu'en 2005 qu'est publié son premier roman. A ce jour, trois romans et un recueil de nouvelles sont parus : L'intérieur de la nuit, Plon, 2005 ; Contours du jour qui vient, Plon, 2006 ; Tels des astres éteints, Plon, 2008 ; Afropean Soul et autres nouvelles, Flammarion, coll. Etonnants Classiques, 2008.

L'approche musicale originale dans la structure de ses textes et les questions abordées (politiques, sociales ou métaphysiques) font de sa production littéraire, bien qu'elle soit récente, une oeuvre reconnue par la critique et saluée par les lecteurs. Ainsi, de nombreux prix lui ont été attribués dont le Goncourt des lycéens, en 2006, pour son deuxième roman.


 






Vos romans ont tous été publiés chez Plon. Est-ce un choix de votre part ? Aviez-vous sollicité d'autres maisons d'éditions ?


Comme tous les auteurs, j'ai sollicité plusieurs éditeurs à mes débuts. Quatre, très préciséme
nt, dont deux voulaient travailler avec moi. J'ai finalement signé un contrat avec un cinquième, auquel je n'avais pas envoyé de texte... J'ai eu la chance de pouvoir choisir mon éditeur, et lui ai été fidèle tant que je l'ai jugé utile.




Comment sont accueillis vos écrits en Afrique, et plus particulièrement au Cameroun ? Avez-vous constaté un accueil différent selon vos romans ?

Mes livres sont accueillis en Afrique comme en France : ils ne font pas consensus, quant aux sujets dont ils traitent.





Alors que vos deux premiers romans se situent en Afrique, votre dernier roman se déroule en France et soulève le problème de la conscience de couleur. Selon vous, la France refuse-t-elle d'aborder cette question ?

C'est une évidence. Des critiques m'ont dit des choses inattendues, concernant ce roman : que j'aurais dû l'écrire en anglais, parce que ce sujet n'était pas pertinent dans l'espace francophone, et que des Blancs ne pouvaient le lire. Tout ceci semble assez éclairant.



L'exemple de l'engouement médiatique concernant la possible élection d'un président noir aux Etats-Unis, laisse penser qu'il reste difficile pour une personne de couleur d'assumer son identité en dehors du continent africain. Qu'en pensez-vous ?

Il ne nous est pas difficile d'assumer notre identité, qui n'est pas forcément liée à la couleur de notre peau. Ce sont les autres qui ont parfois du mal à nous accepter, et à nous reconnaître comme leurs semblables. Des humains, tout simplement, des égaux de fait.



Vous vous revendiquez comme étant un auteur universel. Aussi, peut-on considérer que vos personnages possèdent une réelle dimension universelle ?

Bien entendu, puisque ce sont des figures humaines. Si on considère (et c'est ce que je crois) qu'il n'y a qu'une seule humanité, chaque fois qu'un texte présente des humains, il parle du genre humain dans son intégralité. Si mes textes ne sont pas universels, ceux d'aucun auteur ne le sont. On ne peut pas prétendre que seuls les écrivains occidentaux soient universels. Les Japonais, les Africains et les Indiens le sont aussi. L'Occident a pris l'habitude de se considérer comme l'étalon en la matière. Il va lui falloir se défaire de ce complexe de supériorité, puisqu'il ne représente qu'une infime partie du monde, même si son pouvoir économique et militaire a pu laisser croire le contraire.



Vous vous inspirez du jazz pour concevoir vos romans. Quel rôle la structure musicale de vos livres joue-t-elle ? Vous aide-t-elle à mieux 
transcrire les sentiments que vous voulez transmettre aux lecteurs ?

C'est subjectif et personnel. C'est l'esthétique qui me vient, tout naturellement. On peut user d'autres procédés, avec autant d'efficacité.



Tout comme le musicien de jazz improvise parfois, pensez-vous avoir une certaine forme d'improvisation dans votre écriture ?

Oui, mais comme en jazz, l'improvisation est maîtrisée. Il ne faut pas faire n'importe quoi. Les personnages et l'histoire ont une cohérence qui doit être respectée, tout comme les harmonies en musique doivent être respectées.



Un ensemble de récits Afropean Soul et autres nouvelles est paru chez Flammarion cette année. Avez-vous, comme pour vos romans, abordé ce genre de la nouvelle avec une esthétique musicale particulière ?

Je vous invite à les lire pour trouver la réponse!



L'intérieur de la nuit
, Contours du jour qui vient et Tels des astres éteints sont les titres de vos romans. Pourquoi le choix de ce style poétique si présent dans votre écriture ?

Ce n'est pas un choix raisonné, il ne peut donc s'expliquer. C'est une question de sensibilité. Afropean soul est une autre forme de poésie : plus urbaine, plus ouverte sur d'autres espaces.



Des recommandations de lectures ?

Je conseille La tache, de Philip Roth, Effacement ou Désert américain, de Percival Everett, et L'autre moitié du soleil, de Chimamanda Ngozi Adichie.

 

Béatrice, Licence Pro. Bib.

Site : www.leonoramiano.com
par béatrice publié dans : Entretiens
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Dimanche 9 novembre 2008





Aurélie FILIPETTI

Les Derniers Jours de la classe ouvrière

Stock, septembre 2003
LGF - le livre de poche, février 2005


   
























C’est la Crise ! Chute de la bourse, hausse du chômage, charters en partance pour « les pays chauds » ! Quel meilleur moment pour se plonger dans la vie d’immigrés italiens qui ont fui leur pays espérant trouver l’Eldorado. Au lieu de trouver de l’or, c’est dans le charbon qu’ils ont abîmé leurs poumons.

Aurélie Filippetti raconte la vie de ses aïeux et dresse un portrait de la France du Nord pendant près d’un siècle. Elle relate les rafles au fond des mines effectuées par les Allemands mais bien aidés par les Français. L’auteure nous explique le quotidien de ces immigrés qui en plus d’être « ritals » étaient « rouges ». On découvre au fil des pages différentes personnes très engagées politiquement, qui rêvent de liberté, de partage… en somme d’un monde meilleur.  Tout est possible : le droit de vote aux femmes, mai 68 jusqu’à…la découverte des goulags. Désillusion, honte et par-dessus tout culpabilité, Aurélie Filippetti nous décrit alors un homme sur un lit d’hôpital, abattu et totalement désenchanté.

Avec un style bien personnel, des phrases courtes, pas toujours construites, une chronologie chamboulée, Aurélie Filippetti rend un merveilleux hommage à tous ces mineurs, souvent restés anonymes, et par-dessus tout à son grand père qui fit partie d’une des rafles. On s’attendrit de paroles naïves de l’écrivaine enfant qui s’étonne qu’il existe des gens de droite, elle qui a baigné depuis toujours dans un univers prolétaire militant. On s’insurge des incursions des nazis au fond des galeries et de leur barbarie. Et malgré ce portrait de près d’un siècle de cette France du Nord cosmopolite, on s’interroge toujours sur les raisons qui ont fait qu’elle a voté en majorité pour le Front National lors des élections présidentielles de 2002. Aurélie Filippetti conclut d’ailleurs son livre par cet événement, sous une forme originale, écrite tantôt en caractères romains tantôt en italique comme pour rendre plus difficile la lecture et témoigner de la complexité des événements et de l’Histoire.

Un livre qui permet de faire perdurer la mémoire de la classe ouvrière du XXème siècle.



Marlène, 2ème année Ed-Lib


par Culture publié dans : fiches de lecture AS et 2A
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Samedi 8 novembre 2008







Robert ALEXIS,
La Robe

José Corti, Paris, 2006































Biographie

Robert Alexis reste très discret à propos de lui-même; il habite à Lyon et a été l’élève du philosophe François Dagognet. La Robe est son premier roman, mais il a depuis écrit La Véranda, en 2007, puis Flowerbone et Les Figures en 2008.


« Il me semblait naître pour la deuxième fois, accueillant un monde enfin rendu à sa vérité. (…) Je m’enivrais des odeurs qui gouvernaient mon corps, celles des poudres et du parfum, des tissus dont les matières m’étaient jusqu’à ce jour interdites. »




Autoportrait



Notre héros est un jeune noble engagé dans l’armée à l’aube de la Première Guerre mondiale. L’univers masculin, trivial et brutal de la caserne le dérange et l’ennuie. Ce dégoût pour cette atmosphère paillarde est bientôt trompé lorsqu’un de ses subalternes lui présente une belle italienne du nom de Rosetta. La jeune femme, à la fois mystérieuse et peu farouche, devient sa maîtresse, et l’entraîne dans un monde envoûtant où toutes les inhibitions et toutes les pudeurs s’envolent dans un tourbillon de luxure et de perversion…


Il fait également la connaissance de Hermann, le père de Rosetta, mi-médecin, mi-gourou, un homme au charisme incroyable, avec qui il tissera une relation ambiguë, oscillant entre désir et manipulation. Mais bientôt, une autre rencontre fera basculer son destin: une robe aperçue dans une vitrine, la Robe, symbole de sa duplicité sexuelle, de ses turbulences intérieures, un tissu rouge merveilleux, objet fantasmatique qui le fascine et le torture à la fois…


Ce qui frappe dans ce court roman, c’est d’abord la maîtrise de l’écriture pour évoquer ce sujet sensible qu’est celui de l’identité sexuelle. Le style vif et élégant de Robert Alexis dévoile l’ambiguïté des désirs avec une irrésistible retenue. Autour de ce texte flotte une atmosphère trouble, fascinante, voire dérangeante; le malaise du héros s’insinue dans chaque paragraphe et plonge le lecteur dans un parcours initiatique où les thèmes du désir, de la sexualité, de la perversion, de la manipulation et de la folie s’entremêlent langoureusement.
   
Ceux qui, comme moi, ont aimé Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler apprécieront sans doute ce petit bijou d’écriture, trame d’un sujet bien contemporain. Il est très difficile de se détacher de ce récit qui fascine autant qu’il dérange… Attention, livre hypnotisant !

   
Valérie, 1ère année édition- librairie

par Valérie publié dans : fiches de lecture 1A
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Samedi 8 novembre 2008


Michael G. CONEY,
Péninsule
,

Les moutons électriques
coll. La Bibliothèque voltaïque





































Une société démocratique née des cendres des Etats Unis ravagés par un cataclysme écologique décide de réformer son système pénitenciaire. Economiquement affaiblie, la peine de mort abolie depuis longtemps, elle peine à entretenir les détenus dans des conditions humainement acceptables. Trois nouveaux principes sont alors émis. D’une part les condamnés se voient offrir la possibilité de réduire leur peine en souscrivant volontairement un contrat dans le lequel ils s’engagent à devenir l’esclave d’une personne libre durant la moitié du temps qu’ils auraient dû passer en prison, après quoi ils retrouveront leur statut d’hommes libres. Ce contrat implique également que si le propriétaire du serf se trouvait dans la nécessité de subir une greffe, ce dernier a l’obligation de lui fournir la « pièce de rechange ». Les condamnés à perpétuité n’ont cependant pas cette possibilité, ils deviennent automatiquement donneurs dans une banque d’organes gratuite jusqu’à ce qu’ils n’aient plus rien à offrir de leurs corps. Enfin, les détenus qui ne sont pas condamnés pour des crimes et qui ne souhaitent pas souscrire un contrat de servage peuvent être loués par des entreprises au pénitencier comme main d’œuvre.

On découvre le fonctionnement de ce régime à travers le regard de Joe Sagar, citoyen lambda se sentant peu concerné par ces questions, estimant qu’il est juste que les criminels ne deviennent pas des oisifs vivant sur le dos de la société. Et on découvre lentement, en même temps que ce personnage, avec horreur et dégoût les dessous et dérives du système, les abus, les trafics et les profits qu’une minorité tire de l’asservissement des corps et des hommes.

Michael G. Coney, écrivain canadien décédé depuis 2005 nous livre ici un court roman d’anticipation complété par quatre nouvelles se déroulant dans le même décor. L’ensemble dépeint dans un style simple mais efficace la prise de conscience d’un homme ordinaire, rappelant que les questions de justice, de droit, de liberté et de morale sont étroitement liées.

Manon, 2ème année Édition-Librairie

par Manon publié dans : fiches de lecture AS et 2A
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Samedi 8 novembre 2008

GUDULE ou Anne Duguël,
Le club des petites filles mortes

Editions Bragelonne, février 2008

 

 


























Gudule (ou Anne Duguël pour les adultes) est principalement connue pour ses œuvres destinées à la jeunesse. Néanmoins, elle a aussi été l’auteur de remarquables romans fantastiques pour adultes dans les années 90. Difficile de pouvoir se les procurer aujourd’hui,
alors Bragelonne les réédite en deux tomes. Le premier, Le club de petites filles mortes est un recueil de huit de ses romans, plus ou moins célèbres.

L’auteur nous plonge dans la vie fantastique de plusieurs enfants. Ils avancent tous dans un univers lugubre et cruel où règne la souffrance. Chaque mot est un coup de poing et la plupart du temps, la fin des personnages principaux oscille entre la folie et la mort.

Mais alors, quel plaisir à lire un livre aussi glauque, me direz-vous ?

Il est vrai qu'au premier abord, ces histoires sont affreuses…

 Pourtant, le style alerte de l’auteur nous tient en haleine et c’est presque avec mélancolie que nous refermons ce livre. Les personnages sont si proches de nous que dans chaque mot employé, nous ressentons ce qu’ils vivent. Les fins nous arrachent le cœur. Ce n’est pas juste nous écrions-nous ! Mais peut-on parler de justice lorsque des enfants sont traumatisés à vie par des adultes et qu’ils en perdent toute joie de vivre ?

Grâce à un humour à faire grincer des dents, Gudule arrive à nous faire aimer le monstre, le méchant de l’histoire et à désirer qu’il s’en sorte. La poésie et l’émotion s’y confondent pour traiter dans la plupart des romans du même objet : des enfants mûris bien avant l’âge, jetés dans le monde impitoyable des adultes qu’ils adorent tout en les haïssant. Pour s’en isoler ou s’en venger, selon les cas, ils ne peuvent que plonger dans l’horreur  de leurs actes innocents et candides…

Bien sûr, c’est un recueil d’histoires fantastiques. Mais l’horreur y est subtilement mêlée et Gudule y fait aussi une approche psychologique de l’enfance brisée.

C’est donc dans une réalité qui n’est pas la nôtre qu’évoluent ces personnages mal-aimés. Pourtant, ce qu’ils y vivent et ce qu’ils y ressentent ressemble à s’y méprendre au quotidien de certains jeunes d’aujourd’hui.


Aude, 1ère année Édition-Librairie
par Aude publié dans : fiches de lecture 1A
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