Lundi 20 octobre 2008













"Gibier d'élevage" ,
nouvelle d'Ôé Kenzaburô,
 tirée du recueil
Dites-nous comment survivre à notre folie

(Paris, Gallimard, trad. de Marc Mécréant), 
prix Akutagawa lors de sa publication en 1958.














Comprendre l'écriture d'Ôé exige de connaître les événements terribles qui marquèrent la vie de l'auteur ; tant il est vrai que l'homme et son œuvre sont une succession de traumatismes qui se suivent, s'engendrent et se détruisent les uns les autres ; sa vie nourrissant une fiction qui puisse la penser. Nous pourrions résumer cet enchaînement comme suit :

-- L'enfance : né en 1935 dans l'île de Shikoku, Ôé a six ans quand la Seconde Guerre commence, et dix quand elle s'achève. En quelques années le monde d'avant a été balayé.   

-- Étudiant, il part étudier à Tôkyô ; déraciné hors de sa province natale, il découvre la littérature française et l'existentialisme, et subit de plein fouet le désespoir de l'après guerre ; il incarne alors le mal-être de la jeunesse : ce sont les premiers textes, très violents, à la sexualité anormale. C'est de cette époque que date Gibier d'élevage.   

-- 1963 : naissance d'un fils handicapé mental. Son œuvre lui semble vide, désespérante. Sur l'invitation d'un journal, il se rend à Hiroshima, y découvre l'espoir parmi les victimes, et revenu chez lui, se consacre à son fils qui deviendra omniprésent dans ses écrits. Il obtient le Nobel et son fils devient compositeur. Puisque Kenzaburô ne cherchait qu'à lui donner une voix et que son fils en a désormais une, il cesse d'écrire.   



Toutes ces ruptures construisent et nourrissent les thématiques de ses livres : la périphérie et la marge (géographiques, culturelles, anatomiques),  la désillusion du monde enchantée de l'enfance (la perte de divinité de l'Empereur, l'américanisation des mœurs), la violence, le désespoir, le fils anormal, Hiroshima.

L'histoire de Gibier d'élevage montre un certain nombre de ces thèmes : Durant la Seconde Guerre, un avion américain s'écrase en pleine campagne japonaise. Les villageois capturent le pilote, un Noir américain qui fascine les enfants qui ne vont guère tarder à l'adopter – non pas comme on adopte un étranger ou un ami, mais comme on adopte un animal exotique, une curiosité, une bizarrerie fascinante, une bête à élever. Tout l'art de l'auteur sera d'explorer les ressorts, les motivations et les conséquences de la situation jusqu'au dénouement final. Il réussit le tour de force de nous montrer le pilote comme une chose, comme la chose déshumanisée qu'il devient, grâce à un dispositif narratif très précis :

1/ par le lieu et l'époque : il s'agit d'un village de montagne isolé, typique, on n'y voit que les enfants, livrés à eux-mêmes, auxquels les adultes, qui (hormis le père) sont relégués dans un flou indistinct, laissent le soin du prisonnier.

2/ Le narrateur est l'un de ces enfants et c'est son point de vue que nous suivons. Ne comprenant pas l'anglais, étant chétif, n'ayant jamais vu d'étranger, c'est son regard qui nous livre le prisonnier : immense, anormal, attirant et repoussant, étrange, muet, fantastique, monstrueux.

On a par là un récit terriblement réaliste mais également presque fantastique, par le regard ébahit de l'enfant? Préciser cela nous permettra de définir plus précisément l'œuvre.


Réalisme du récit, donc, non seulement par choix esthétique, mais également par nécessité intrinsèque : il s'agit de décrire tels qu'ils sont les rapports entre le Japon, la guerre, et l'étranger (à tous les sens du terme). Ôé place donc les faits dans un petit village typique, renfermé sur lui-même, invente un événement probable (la capture d'un Américain), examine la psychologie d'enfants japonais des années 40. Le style correspond à ce parti pris : descriptif, fouillé, très occidental :

« Nous étions, mon frère et moi, en train de fouiller avec des bouts de bois dans la terre molle, qui empestait la graisse et la cendre, du crématorium de la vallée -- un crématorium de fortune et des plus sommaire : simple fosse presque à fleur de terre dans une clairière dégagée au milieu d'une épaisse végétation d'arbrisseaux. Déjà la brume du crépuscule, aussi froide que les eaux souterraines qui sourdent dans les bois, emplissait le fond de la vallée ; mais sur la maison que nous habitions, sur le petit village groupé autour de la route empierrée, à flanc de coteau, descendait doucement une lumière couleur de raisin pourpre. » (p. 25 de l'édition Folio).

MAIS, dans le même temps, un grand nombre d'éléments sont à la limite de l'invraisemblance, voire totalement fantastiques. Comme le souligne la préface, les paysages ne sont pas ceux du Japon, le cadre est inventé. Au lieu de rizières, des champs, au lieu de cochons, des chiens sauvages des montagnes ; au lieu des odeurs de fumier, la senteur des vieilles feuilles de mûriers. D'autre part les adultes ne sont que de vagues formes inactives, hormis le Père du narrateur mais qui de ce fait apparaît comme une figure symbolique : le Père haï/aimé du complexe d'Œdipe, le père comme principe de réalité, comme instance de la morale plus que comme personnage réel. Enfin, le prisonnier, ce fameux prisonnier qui exalte les enfants, dégage une odeur anormale, possède une taille et un appétit hors-norme.

L'explication de cette contradiction tient à la nature de l'esthétique d'Ôé, ainsi qu'à sa personnalité. En effet, l'un des seuls livres lus par Ôé dans sa jeunesse était Les aventures d'Huckleberry Finn de Mark Twain. Ce livre d'une Amérique fantastique et aventureuse, sauvage constitua la matrice de l'imaginaire de l'enfant et devint pour lui un Eden mythique. D'ailleurs Huckleberry Finn lui-même est un livre mythique, qui compose un cliché de l'univers magique de l'enfance : les aventures, les Indiens, le contact avec la nature, la fugue hors de la tutelle parentale…

Ôé s'est servi de cette œuvre doublement mythique (doublement : pour lui et en soi) pour créer sa propre mythologie, car il y a toujours chez lui la nostalgie d'un âge d'or révolu. Cet âge d'or, cet ailleurs mythique, cet autrefois meilleur, c'est l'île de Shikoku dont il s'est exilé à Tôkyô, c'est le Japon d'avant la défaite, lorsque l'Empereur était autre chose qu'un homme, le monde de l'enfance qui n'éprouve pas le désespoir. Comme toutes les désespérés il aspire au monde d'avant. D'où les éléments magiques, la présence du mythe qui accuse par contraste la laideur de l'époque présente. C'est l'âge d'une enfance livrée à elle-même, encadrée d'adultes transparents ou fantastiques (le Père, Gratte-Papier, le fonctionnaire à la jambe de bois) ; peuplée de personnages étranges : Bec de lièvre, le « dur » aux désirs de faune, le prisonnier fantastique. Prenons pour exemple cette scène de baignade où les enfants emmènent leur captif se laver : alors que Bec de lièvre lutine ses camarades, les enfants s'extasient devant le sexe énorme de l'Américain. Bec de lièvre court alors chercher une chèvre que le Noir tentera aussitôt de besogner sous les yeux ébahis des enfants.

Cet « Eden » a donc quelque chose de pourri : les obscénités de Bec-de-lièvre, la chèvre violée, la soumission des enfants obligés par le narrateur à s'occuper du pot de chambre nauséabond de l'Américain, la dureté du Père, la crasse, la faim. On se trouve en présence d'une sorte de parodie de Mark Twain, d'une subversion  de ce père du roman américain, qui marqua aussi bien Faulkner (par l'usage du parler argotique du Sud) que la littérature populaire de Dan Simmons (Nuit d'été). Remarquons également que les enfants ne sont pas individualisés en dehors du narrateur, de son frère et de Bec-de-lièvre. Ils forment une meute, une masse aux désirs collectifs, aux action de groupe. S'il s'agit d'Eden, c'est un Eden amoral, non pas immoral, ce qui serait supposer aller contre la bienséance, mais a-moral, sans morale, comme les bêtes.

Véracité et magie, (magie pourtant désillusionnée par la triste réalité du cœur humain), constituent les genres contraires que brasse la nouvelle. On ne peut comprendre comment concilier ces deux aspects qu'en la replaçant dans le contexte de la littérature japonaise et de l'œuvre totale d'Ôé Kenzaburô. Car le mélange réalisme/mythologie est au fond le même que le rapport fiction/autobiographie qui travaille toute l'œuvre d'Ôé et la littérature japonaise en général. En effet, à l'époque où il écrit, domine le Shishôsetsu (littéralement roman-je, roman du moi) ; c'est-à-dire une sorte d'autofiction documentaire où le témoignage prime sur la forme.  Il faut savoir qu'au Japon « réalisme » signifie en littérature « réalisme psychologique », autobiographie et non « naturalisme » au sens de Zola. Ôé est contraint par son projet à intégrer ce genre puisqu'il cherche à dire le mal-être de la génération d'après-guerre, et le sien, – mais sans chercher à faire un simple témoignage racoleur, essayant bien plutôt d'en explorer le sens. L'écriture d'Ôé se trouve alors prise dans une contradiction entre réalisme psychologique et exigence littéraire. Contradiction qu'il résout en mélangeant son histoire personnelle (enfance provinciale, la guerre) et sa personnalité (Huckleberry Finn), avant de « mythologiser » cette donnée initiale, de la déformer et de pourrir le mythe pour retrouver le désespoir et la nausée de l'après-guerre. Le réel et le mythe s'entrelacent, se combinent et se renversent pour créer une dialectique qui transforme la vie en art et fasse passer la vérité dans la fiction ; dialectique qui travaille toute l'œuvre du romancier, et lui donne ce caractère si particulier, à la fois extrêmement personnel et radicalement universel.


Ce dispositif d'écriture (réalisme, mythe, déformation, réalisme supérieur) se manifeste particulièrement au travers de la figure du prisonnier. Étrange, non-humain, incompréhensible, il set une sorte de monstre ; non au sens « horrifique »  du terme, mais au sens d'« anormal ».

Cela se voit par le regard que porte sur lui le narrateur :

-- influence magique de son contact, même visuel : excitation, peur, attirance, fièvre ;

-- traits physiques retenus : taille, dents, appétit, odeurs, sécrétions corporelles (par exemple, la fascination devant ses excréments) ;

-- capacités magiques : il répare les objets, son chants envoûte.

On se trouve donc en présence d'une personne réelle (Ôé a vu les bases américaines) mais « mythifiée » par l'enfant avant de reprendre son visage ennemi à la fin. Il s'agit d'un monstre, mais vu comme monstre à cause du regard du narrateur. Ce point est fondamental. En effet, Ôé se définit lui-même comme un écrivain de la périphérie, de la marge, car pour lui c'est de la périphérie qu'on peut parler du centre, de la normalité, de l'homme commun. Il met donc en scène non l'homme normal mais celui qui, hors norme, permet de définir par contraste cette norme. Le but n'est pas vraiment de connaître le monstre (et au fond Gibier en dit très peu sur le prisonnier) mais de montrer la réaction face au monstre. Les œuvres d'après la naissance du fils handicapé d'Ôé – Une affaire personnelle, Agwîî, Dites-nous comment survivre à notre folie – montrent la relation d'un père à son fils anormal. Le monstre, étymologiquement, montre. Il est un signe : il montre notre propre psychologie. Il est le centre du récit – même si dans les faits il est en marge, et l'homme normal au centre. Cette inversion du réel dans la narration qui rend compte de ce réel est symptomatique de l'écriture du romancier nippon. C'est sa dialectique et sa dynamique.


Dans Gibier, cette inversion met en scène ce que Deleuze appelait un devenir-animal (par exemple dans Mille Plateaux, Paris, Minuit, 1980). Pour Deleuze, un devenir c'est la négation de l'essentialisme. L'essence définit un être par des composantes fixes, stables et organisées. Ainsi l'homme définit comme « animal rationnel » est vu comme une espèce précise (homme) dans le genre « animal »,  au sein duquel il se distingue par une différence spécifique (la raison), qui le singularise et le distingue. La philosophie du devenir, à l'inverse, considère les êtres comme un ensemble flou de composantes très diverses que l'on peut perdre ou échanger. Ainsi le cas de l'orchidée qui imite une guêpe pour attirer celle-ci, lui coller du pollen sur l'abdomen afin de lui faire fertiliser les orchidées femelles : la guêpe devient une partie de l'organe reproducteur de la plante, sans elle-même devenir une plante : c'est un devenir-orchidée par contamination d'un caractère particulier de cette fleur. Dans une vision essentialiste, l'homme est le centre de tout (parce que c'est sa raison qui construit les définitions des essences). La littérature a justement pour sens de faire voler en éclat un tel anthropocentrisme. Dans Gibier, l'humanité du prisonnier est dissoute en ses sécrétions, sa viande, sa chair ; son visage décomposé en ses yeux rougis, ses grandes dents blanches. Face à lui, les enfants ont un comportement de meute, non de groupe humain. C'est une autre logique, d'éclatement de la personnalité, et non d'organisation hiérarchisée. L'Américain a un devenir-gibier, il devient une bête. Mais réciproquement le narrateur est fasciné et contaminé par lui. Ôé réussit à nous montrer ces cas très étrange où des hommes échappent à la définition normale de leur groupe pour se confondre avec la marge, l'animal, l'autre, l'étranger.


Il s'agit donc d'une nouvelle à la facture à la fois tout à fait classique et dans le même temps radicalement subvertie. Classicisme réaliste, mais aussi influence étrangère de classiques en leur genre (Mark Twain, Rabelais). Classicisme subverti et violenté où se devine toute l'ambiguïté d'une œuvre faite de tensions et de retournements, où chaque terme est renversé en son contraire au sein d'un tissu narratif serré, dense et fourni dans lequel l'imagination, la précision, la véracité et l'innovation se tiennent par la main dans une dialectique complexe et raffinée.



Jean-Baptiste, Année Spéciale Edition-Librairie


Voir aussi les fiches sur
Agwii, le monstre des nuages
et Dites-nous comment survivre à notre folie.

Sur les suicides d'Okinawa, voir
site Aujourd'hui le Japon.


par Jean-Baptiste publié dans : fiches de lecture AS et 2A
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Dimanche 19 octobre 2008



Le lien biographique entre Tiphaine Samoyault et Louise Bourgeois est le point de départ du récit. Toutes deux sont issues d’une famille de tapissiers. Elles empruntent un chemin similaire dans leur travail, à la recherche de l’empreinte du temps… Les points communs se créent, se croisent, se retrouvent, nous échappent. Cet attachement latent fait la force de ce livre qui, de sa petite main, dessine un récit intimiste.

Tiphaine Samoyault construit son texte patiemment comme une araignée tisse sa toile…


S’il faut « vingt-sept nuances de jaune [pour une seule fleur] », il ne faut pas moins de vingt-six lettres pour donner vie à sa pensée et lui apporter de la cohérence.
La couleur est exigeante et expressive.
Le mot est rigoureux et éloquent.


La couleur et le mot demandent une application certaine. Ils correspondent à une réalité que nous ne pouvons approcher qu’en les utilisant justement. Le bon mot explicite son idée, la couleur adéquate ouvre au monde sensible. Ainsi une analogie entre l’art de la tapisserie et de l’écriture émerge malgré un cloisonnement arbitraire.

La tapisserie (création et réfection) prend forme grâce à une accumulation habile.
Le texte quant à lui est le résultat d’un enchaînement de termes tantôt remaniés, tantôt intervertis. Ces ouvrages incarnent la notion de temps : le temps passé à concevoir, à œuvrer, à se questionner. Ils subissent les décennies passées.
La tapisserie se fane, se fragilise ; la littérature jaunit, tombe dans l’oubli.
En résulte un objet qui porte en lui l’implication
de son auteur et la marque des années passées…
La tapisserie est le texte.
La trame est la ligne.
Le point est la lettre.
Le nœud est la reprise.
La couleur est le sens donné…


Pauline, année spéciale Edition-Librairie


par Pauline publié dans : EVENEMENTS
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Dimanche 19 octobre 2008
Jeudi 16 octobre 2008
Ouverture du Festival « Ritournelles », à Bordeaux
Soirée inaugurale à la Librairie MOLLAT, avec les écrivains
Tiphaine SAMOYAULT et Hubert LUCOT






















« La littérature sous l’influence de l’art contemporain »
Rencontre et lectures avec les deux auteurs invités, en présence de Catherine Flohic, des Editions ARGOL.

Cette soirée, organisée par l’Association « Permanences de la littérature », sous la direction de Monsieur Didier ARNAUDIE et de Mme Marie-Laure PICOT, directrice du Festival « Ritournelles », s’inscrit dans un cycle de conférences et de manifestations littéraires et artistiques qui se déroule du 16 au 24 octobre 2008, dans différents lieux bordelais.


Pour sa 9eme édition, ce festival nous convie à la rencontre d’une écriture contemporaine innovante, dont l’intérêt repose sur la lecture croisée du travail de différents auteurs et d’artistes plasticiens ou musiciens.


Pour ce premier soir, c’est à la Librairie Mollat que s’est tenue la première conférence avec Tiphaine SAMOYAULT et Hubert LUCOT, deux écrivains travaillant avec les Editions Argol.

En invitant ces deux personnalités à nous présenter  leurs dernières œuvres respectives, à savoir La main négative - pour Tiphaine SAMOYAULT - et Le noir et le bleu, - pour Hubert LUCOT - , cette rencontre nous propose de questionner la dimension fondamentale du rapport au temps, que leur écriture entretient avec une démarche artistique.

Ce sont, en l’occurrence, les pratiques de deux plasticiens de l’époque contemporaine, Louise BOURGEOIS et Paul CEZANNE, qui sont mises en valeur dans cette conférence. La première, pour la proximité que Tiphaine SAMOYAULT ressent entre sa propre démarche, et l’œuvre de la plasticienne, dont les sculptures ne sont pas sans lui évoquer l’idée d’une « mémoire de l’art de la tapisserie ».

    CEZANNE, enfin, car Hubert LUCOT éprouve depuis son plus jeune âge, une véritable fascination pour ce peintre du début du XXeme siècle. L’auteur souligne alors le  rapport à l’espace et à la matière, qui imprègne les œuvres de son « maître» et dans lequel il trouve un écho à sa propre pratique de l’écriture qui procède de façon fragmentaire, au « touche à touche ».

    Aussi, cette rencontre avec deux auteurs dont la démarche procède de l’introspection, vient-elle illustrer de manière tout à fait  pertinente l’intérêt de la double lecture d’une œuvre littéraire et d’une œuvre plastique contemporaines.


Marlène TREUTHARD
 année spéciale Edition-Librairie


par marlène publié dans : EVENEMENTS
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Samedi 18 octobre 2008


Non, ce n’est pas un pseudonyme, c’est son vrai nom. Est-ce ce patronyme bizarre qui lui donna le goût des mots ? Toujours est-il qu’Orion Scohy est un drole de personnage.

Il écrit des romans. Mais peut-on encore appeler cela un roman, cette espèce de fouillis qui pétille de partout, avec un sommaire au milieu du livre, des astérisques au milieu des mots ? Dans Volume, son premier roman, le récit est fragmenté, sans continuité…mais toujours humoristique. On y trouve ainsi un pigeon maléfique, une secrétaire unijambiste, un super héros mexicain qui a perdu sa cape rose…Le récit prend différentes formes. Que ce soit un script de cinéma, une pièce de théâtre, l’humour et parfois l’absurde sont au rendez-vous.




Et son deuxième roman, Norma Ramon, est du même acabit. L’histoire d’un homm
e qui connaît bien des déboires avec des sauts dans le temps incongrus.


Les deux livres d’Orion Scohy travaillent sur une décomposition du roman, mais sont toujours joyeux et humoristiques.





Orion Scohy a gagné
le Prix Jeune Mousquetaire du Premier Roman

Marion T., Bib 2A


Orion Scohy et Fred Léal sont au Concept-Store Richard Ardillier, samedi 10 octobre, à 19h. Entrée libre. Voir programme de RITOURNELLES.
par Marion publié dans : EVENEMENTS
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Mercredi 15 octobre 2008
Jeudi 16 octobre 2008
Librairie Mollat,
15 rue Vital-Carles
BORDEAUX
Entrée libre


Rencontre et lectures
avec Hubert LUCOT et Tiphaine SAMOYAULT

Découverte des
éditions ARGOL

Pour plus de détails et quelques liens utiles, voir le programme complet.




Et n'oublions pas le soutien à OSCAR HIBOU !
par pier publié dans : EVENEMENTS
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Mercredi 15 octobre 2008
9ème édition de
RITOURNELLES
du 16 au 24 octobre 2008
à Bordeaux


Le festival RITOURNELLES
organisé par l’association Permanences de la littérature
marie poésie, écriture et art contemporain.

Cette 9ème édition se propose de « mettre en avant de nombreux textes dits « narratifs» de l’actualité récente qui présentent une étrangeté aussi bien dans leur forme que dans leur contenu et une très forteattraction. Ce sont des livres de plus en plus présents sur les tables des libraires. Avec eux, nos repères de lecture sont malmenés et sans aucun doute cette littérature nous oblige-t-elle à lire différemment. Mais ces textes, surtout, nous entraînent ailleurs. Un ailleurs pour ce qui est de la littérature, mais un « ici même » eu égard à ce que nous sommes et au monde dans lequel nous évoluons. Un ailleurs dont on devine aussi les influences multiples, qu’il faut prendre en compte et chercher du côté des arts contemporains et multimédias.

Ces textes contemporains, romans, livres de poésie ou proses inclassables, sont peut-être les premiers d’un genre nouveau. Ils ont aussi pour beaucoup la particularité d’évoquer de manière confondante et frontale notre société sociale et économique. » (édito du Dossier de presse).



PROGRAMME

Jeudi 16 octobre - 18h00 La littérature sous l’influence de l’art contemporain
Tiphaine Samoyault et Hubert Lucot
Soirée inaugurale - Lectures et rencontre
Librairie Mollat

Entrée libre





















Autour et en présence des éditions ARGOL. Cet événement est l’occasion de mettre en avant trois collections : 
« Entre-deux », qui se veut un carrefour de la littérature contemporaine de création et qui permet la rencontre d’un écrivain avec une oeuvre ou un artiste,
































« La chambre d’écritures »  , qui lie littérature et photographie,



et  « Interférences », qui unit un écrivain à un artiste contemporain, autour d’une fiction récit, de dialogues, imaginaires ou réels, nés d’un écho.




Vendredi 17 octobre - 18h30  3 X M, BIOGRES
LECTURE PUBLIQUE ET VERNISSAGE
D’UNE EXPOSITION INÉDITE
Liliane Giraudon et Christophe Chemin
Bibliothèque Mériadeck
Entrée libre
Exposition du 6 au 31 octobre
Montaigne, Mauriac, Montesquieu, revisités par un écrivain et un artiste contemporains. Une exposition qui réunira, entre autres, les textes et dessins de Liliane Giraudon et les dessins de Christophe Chemin autour des oeuvres et biographies de ces trois auteurs.

L’écrivain, Liliane Giraudon, et l’artiste, Christophe Chemin, ont publié en 2007 un ouvrage commun aux éditions Inventaire-Invention, Mes bien-aimé(e)s. En associant textes et dessins, Mes bien-aimé(e)s présente les « portraits » ou « Biogres » des ,auteurs « bien aimé(e)s » de l’écrivain ( Artaud, Brecht, Dickinson, Pouchkine, Sappho, Tsvetaïeva, Beckett…) associés aux portraits qu’en a fait l’artiste.


Samedi 18 octobre - 19h00  « Ce livre n’est pas un roman bien qu’il raconte une histoire »
Installations et lectures
Fred Léal et Orion Scohy
Concept-Store Michel Ardillier
Entrée libre
« Ce livre n’est pas un roman bien qu’il raconte une histoire… » Ce sont les premiers mots du journaliste Pierre Desgraupes à l’ORTF en 1965 s’adressant à l’auteur des Choses. Carte blanche à deux auteurs à l’esprit caustique et au sens de l’humour parfois déroutant. Fred Léal et Orion Scohy vont investir à leur manière la célèbre boutique bordelaise sous différentes formes. Installations autour de leurs écrits, projections vidéos d’Orion Scohy, lecture d’un texte inédit de Fred Léal sur la galerie bordelaise.

Mardi 21 octobre. 21h00  Projection du film «Un homme qui dort» de Georges Perec et de Bernard Queysanne, précédée d’une performance de Fanny de Chaillé, d’après le texte Le Voyage d’hiver de Perec.
Centre Jean Vigo
Entrée payante (tarif cinéma, 4,60 euros)




















Mercredi 22 octobre - 19h00 Les Grands Soirs aux petits matins
Rencontre autour d’une collection de textes poétiques et de nouvelles écritures en compagnie de Jérôme Mauche
Joseph Mouton et Marco Boubille.
Galerie Regala
Entrée libre

Dirigée par l’écrivain Jérôme Mauche, "Les grands soirs est" une des collections des éditions Les petits matins, créées en 2005. Les petits matins publient des nouvelles, des romans, des essais et de nouvelles écritures qui racontent la société et ses transformations. Autre particularité de ces éditions, la charte graphique totalement iconoclaste.

Jeudi 23 octobre - 13h30 - 21h00  RÉVOLUTIONS LITTÉRAIRES ? Journée de réflexion autour des nouvelles écritures contemporaines
Rencontres, débats, lectures publiques, lectures-performances et lectures concerts, projections vidéos, diffusions sonores et librairie de circonstance
Mathieu Larnaudie, Arno Bertina, Thomas Clerc, Cécile Mainardi, Joseph Mouton, Didier Vergnaud, Pierre-Yves Macé...
Frac Aquitaine
Hangar G2 Bassin à flot n°1
Quai Armand Lalande

Entrée libre






















Écrivains avant tout, ils sont aussi éditeur, critique, commissaire d’exposition ou directeur de revue. Derrière les couvertures de leurs livres intempestifs et séducteurs, on devine une attitude éminemment politique, ingénument engagée, résolument critique. En présence et avec la complicité de plusieurs représentants de cette littérature émergente, nous tenterons de comprendre comment s’opèrent les déplacements dans leurs pratiques d’écritures, ce qu’ils attendent du lecteur, ce qui, dans notre époque bruyante, les influence, les remue.

Programme


1
3h30 - 17h45 LES RÉVOLUTIONS LITTÉRAIRES ?
Brève conférence de Joseph Mouton sur l’écrit contemporain. Une présentation des phénomènes.

PREMIER DÉBAT

Modérateur: Didier Vergnaud
En présence de Mathieu Larnaudie, Arno Bertina, Jérôme Mauche
Télescopages d’informations, mixages, détournements (influences des procédés utilisés par les médias dans la conception même de l’écriture contemporaine). Quelles procédures pour quelles finalités ?
Brèves lectures d’Arno Bertina et Jérôme Mauche
.
SECOND DÉBAT

Modérateur: Joseph Mouton
En présence de Mathieu Larnaudie, Cécile Mainardi, Thomas Clerc, Pierre-Yve Macé
Écriture et art contemporain / influences réciproques ? Nouveaux concepts pour une nouvelle créativité ?


18H00
Lecture de Cécile Mainardi

18H30 PERFORMANCE
Ten Years Déjà (La Compil’s) by Jean-Charles Massera
Durée : 45 minutes

Suivi de Quelque chose en nous de général (le discours),
Commande « Nouvelles Scènes –I Love Dijon », Dijon. 2001 (Spécial Remix for la Région Aquitaine 2008)


20H00 - LECTURE-CONCERT
Hong Kong Police Terroriste Organisation
Texte/voix et musique électronique Mathieu Larnaudie, Pierre-Yves Macé
« HKPTO s’inscrit dans le cours d’une collaboration entamée avec la création de “ Placebo Consortium 3 ” Marseille, 2004. Ce projet mêle principes de co-écriture et performance scénique. Le texte performé est extrait d’un livre en cours d’écriture ; de même, le dispositif musical est évolutif. Composite, le texte-source tourne sans fixation autour d’un certain nombre de motifs, voix ou silhouettes, questionnant des thématiques telles que l’infra-cognition, la communauté, les mythologies du terrorisme, les “ hommes de l’ombre ” – ceux qui détiennent le pouvoir effectif du capitalisme, financiers, confesseurs, héritiers ou experts. »


Vendredi 24 octobre - 18h30 Clôture du festival Ritournelles - Création croisée Poésie-Musique électro
Sortie publique
Résidence de création croisée poésie/musique
Vannina Maestri, poésie,
Jacques Sivan, poésie,
Cédric Pigot, musique industrielle,
Florent Nicolas, guitare.
Molière - Scènes d’Aquitaine en partenariat avec l’Office Artistique de la Région Aquitaine
Entrée libre, réservation obligatoire





















Liens :

Permanences de la littérature



Editions Les Petits Matins

Voir aussi le site Buzz... littéraire


I prefer not to (blog de Marco Boubille)


par pier publié dans : EVENEMENTS
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Dimanche 12 octobre 2008



Oscar Hibou, la dernière librairie indépendante de bande dessinée de Bordeaux est menacée. Après Bédélire dont nous n’avons pas su empêcher le naufrage, ce serait une catastrophe. Si nous ne voulons pas que la vente des livres soit l’apanage des épiciers de la culture, que les rues de Bordeaux ne nous proposent plus que des banques, des magasins de chaussures et des agences immobilères – quoique, par les temps qui courent, ces dernières.. -, il est temps d’agir.

Vous pouvez adresser vos messages de soutien et signer la pétition :



Vous pouvez aussi participer au comité de soutien créé à l’initiative de bibliothécaires, auteurs et éditeurs locaux (quelques infos ici http://www.bandedessinee.info/Librairie-Oscar-Hibou-compte-rendu.html), relayer l’information et, naturellement, aller acheter des livres chez Oscar Hibou, 23 rue Huguerie 33000 Bordeaux.
par pier publié dans : EVENEMENTS
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Jeudi 9 octobre 2008
11 et 12 octobre à MALAGAR




Samedi 11 octobre

15h00 
Rencontre autour de l'ouvrage collectif, Balade en Gironde, Sur les pas des écrivains (Alexandrines) en présence de Anne-Marie COCULA, Michel SUFFRAN, Thierry BOEUF, Eric DES GARETS, Jacques BOURINET ....



16h30  Regards croisés: Martin PAGE invite Thomas B. REVERDY


















17h30 
Rencontre avec Éric DES GARETS autour de son ouvrage, (Petit dictionnaire) Mauriac (Le Festin).



18h30  Venez partager un cocktail en compagnie des auteurs et artistes invités de l’Escale du livre à Malagar !


Dimanche 12 octobre

15h00 
Les Contes de la Téranga, contes et musique d’Afrique, avec Souleymane MBODJ
Pour les 5-10 ans. Et leurs parents… !



15h00  Discussion avec Jean-Claude GUILLEBAUD, Le commencement d'un monde (Seuil).



16h30 Discussion avec Sylvie GERMAIN, L'inaperçu (Albin Michel)



17h15  Jean-Baptiste DEL AMO, Une éducation libertine (Gallimard)





Domaine de Malagar - 33490 Saint Maixant
Renseignements: 05 57 98 17 17 / 05 56 10 10 10

Plus de précisions sur le site de l'Escale.

Quelques liens intéressants :

La petite marchande de bombes (Martin Page)

Carte détaillée : site routefmauriac

éditions Le Festin



par pier publié dans : EVENEMENTS
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Jeudi 9 octobre 2008
Une page de promotion gratuite pour le numéro 2 de Culture Mag.
Rendons hommage à la constance de son auteur qui persiste et signe.
Une initiative à saluer... et des slogans publicitaires qui en laisseront plus d'un rêveur.



Pour vous en sortir face au raz de marée culturel de cette rentrée littéraire


Beaucoup plus complet que livres hebdo

Moins élitiste que le matricule des anges

plus percutant que lire

plus compréhensible que le magazine littéraire

et surtout

moins chiant que livres hebdo



culture mag





demandez sébastien (2e année édition-librairie)

Voir aussi le site :

http://culturemag.skyrock.com
par Sébastien
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Mercredi 8 octobre 2008
Et si l'Espagne venait à nous ?
 



Dans le cadre de Lettres du Monde "Les Espagnoles" et à l'occasion de la sortie en avant-première de Chromorama aux Editions de la Cerise, la Librairie Oscar Hibou vous invite à un Apéro-Dédicace sur le thème de l'Espagne !

Jeudi 16 octobre à partir de 19 heures
Librairie Oscar Hibou
23, rue Huguerie
BORDEAUX


Une discussion sera organisée autour du travail d'illustration de Sonia Pulido, Régis Lejonc et des Editions de la Cerise.
Les auteurs Guillaume Trouillard (Le cas Lilian Fenouilh, Colibri), Vincent Perriot (Entre Deux, Taïga Rouge) et Samuel Stento (Pourquoi pas ?) seront également présents.

Quelques liens :

Fenouilh, le blog de Guillaume Trouillard

Miguy Ville
, le blog de Vincent Perriot

Pourquoi pas ?, le blog de Samuel Stento

Et pour le soutien à Oscar Hibou,

c'est ICI

par pier publié dans : EVENEMENTS
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