Lundi 14 janvier 2008

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OGAWA Yôkô,
La Grossesse,
traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud, 1997.







Sa biographie :

        Ogawa Yôko est née en 1962 à Okayama. C'est une écrivaine japonaise qui a écrit de nombreux romans courts, des nouvelles et des essais.

    A 13 ans elle a lu le Journal d'Anne Franck ; avec ce livre, dit-elle, « j'ai rencontré les mots et la cruauté de l'Holocauste ou d'Hirochima » (Lire, septembre 2OOO). Remarquée dès son premier roman, pour lequel elle obtient le prix KAIEN, sa renommée ne cesse de grandir et en 1991, elle remporte le prestigieux prix Akutagawa pour la Grossesse.

    Elle a étudié à l'Université de Waseda à Tokyo. Elle est influencée par les écrivains japonais classiques comme Junichiro Tanazaki mais également par son écrivain favori, Haruki Murakami, et aussi par des auteurs américains tels que F. Scott Fitzgerald, Truman Capote et Raymond Carver. Pendant ses études en littérature anglaise/américaine à l'Université de Tokyo, son professeur Motoyuki Shibata (qui a fait la première taduction d'Ogawa en anglais et traducteur japonais de Paul Auster) lui fait connaître ce dernier, dont le roman Moon Palace a eu une grande influence sur Ogawa Yôko.

    Ses oeuvres traduites en français par Rose-Marie Makino-Fayolle :

Une parfaite chambre de malade, 1989

La Piscine, 1990

Les Abeilles, 1991

La Grossesse, 1991

Amours en marge, 1991

Le Réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, 1991

L'Annulaire, 1994

La Petite Pièce hexagonale, 1994

Hôtel Iris, 1996

Parfum de glace, 1996

Tristes revanches, 1998

Le Musée du silence, 2000

La Bénédiction inattendue, 2000

Les Paupières, 2001

La Formule préféré du professeur, 2003


Sources www.shunkin.net/auteurs/?author=49

    Il s'agit d'un journal de bord ; Ogawa raconte d'une façon méticuleuse, mais zn même temps simple, sans description démesuré, l'évolution de la grossesse.

    Cet écrit est à la première personne. Aucun prénom n'est attribué aux personnages. La narratrice est une jeune femme moderne, de notre époque mais le lieu d'action n'est pas situé (le Pays?), les scènes se déroulent essentiellement dans la maison familiale. La narratrice a une soeur aînée, elles vivent dans la maison familiale ; sa soeur est mariée à un prothésiste dentaire. Un autre personnage intervient également, c'est le psychiatre de cette dernière.

    L'histoire se concentre principalement sur les deux personnages principaux que sont les soeurs.

    Le livre commence par la recherche de la courbe de température de la soeur aînée ; elle servira à établir avec exactitude la date de conception de la grossesse. Mais pourtant, suite à ce rendez-vous qui officialise la grossesse, aucune euphorie n'est exprimée par le couple ou la soeur.

Page 13 : « Elle est rentrée vers midi. Je m'apprêtais à partir travailler et je me suis retrouvé avec elle dans l'entrée.

  • Alors?

  • Deux mois. Exactement six semaines.

  • Quelle précision !

  • Grâce à mes graphiques.

Et elle s'est dirigée vers le fond de la maison en enlevant son manteau. Elle ne m'a pas paru particulièrement émue. Il ne m'est rien resté de particulier de cet échange, aussi banal qu'un autre du genre :

  • Qu'est-ce qu'il y a pour dîner?

  • De la bouillabaisse.

  • Ah oui?

  • Les calamars et les palourdes n'étaient pas chers.

C'est pour cette raison que j'ai oublié de la féliciter. »

    Par la suite, on va suivre l'évolution de la grossesse grâce au carnet de bord minutieusement tenu par la cadette. Comme par exemple : 3 janvier (samedi) 6 semaines + 5 jours.

    Elle raconte comment, du jour au lendemain, la future mère a des nausées et comment ses proches vont vivre ses difficultés ; le mari par signe de solidarité ne se nourrira plus, la cadette se posera des questions sur l'environnement de sa soeur. La future mère suit une thérapie depuis 10 ans et elle consulte régulièrement son psychiatre surtout quand elle traverse sa phase de déprime liée à ses nausées.

    Puis, un jour, ses nausées vont disparaître ; après 14 semaines de jeûne forcé la soeur enceinte va être prise de crises de boulimie et cela va s'acccentuer avec l'arrrivée des pamplemousses ramenés par la narratrice de son travail. Cette dernière va concocter pour sa soeur des marmelades de pamplemousses qui vont vite devenir une passion qui pourrait s'avérer destructrice. De ce fait, la soeur enceinte va grossir de façon dangereuse.

Analyse :

    Il est difficile de déterminer le ressenti de la mère face à sa grossesse, elle semble envahie par diverses émotions sans pour autant pouvoir les exprimer. Sa prise démesurée de nourriture révèle peut-être un mal-être face aux angoisses que peut susciter une grossesse et elle n'a alors pas conscience du mal fait à son corps, et à la santé de son futur enfant.

    C'est d'ailleurs ce qui l'amènera à s'interroger sur le fait que sa soeur grossisse tellement (13kg) car elle passe son temps à se « gaver » de marmelades de pamplemousses. La narratrice a entendu parlé des effets négatifs du PWH qui est un produit antimoisissure fortement cancérigène : il détruit les chromosomes humains. Mais elle n'en parlera jamais à sa soeur pour la dissuader de consommer autant de pamplemousses. Pourquoi?

Hypothèses : trop contente de voir enfin sa soeur se sentir mieux, elle n'ose pas en parler ? Elle pense que sa soeur a le désir inconscient de ne pas vouloir de cet enfant ?

    La narratrice se pose des questions sur la santé de l'enfant et de ses chromosomes à cause du PWH dans les pamplemousses.

    Finalemement, un dialogue entre les soeurs va permettre à la maman de prendre conscience de ses angoisses et de sa future maternité.


 

    Les personnages ne montrent pas d'émotion, ni au moment de l'officialisation de la grossesse, ni tout au long de celle-ci. La relation des soeurs semble simple mais pourtant la narratrice ne comprend pas le couple que forment sa soeur et son beau-frère (page 16). Pourtant les héroïnes semblent proches certainement du fait qu'elles sont seules au monde suite au décès de leurs parents. Quand la soeur se fiance, la narratrice rencontrera son beau-frère dans le cabinet dentaire où il excerce la profession de prothésiste dentaire. Ogawa raconte cette rencontre d'une façon désinvolte et drôle.

 
 

    Ogawa a un style franc et direct ; parfois les détails sont décrits de façon froide; par exemple lorsqu'elle décrit la clinique M où est suivie la grossesse de la soeur : « c'est vieux et démodé mais c'est propre et net ».

 

Cette nouvelle est sans début ni fin. Elle privilégie le réalisme au quotidien.

 
 

    On constate le nombre limité de personnages. Dans cette nouvelle, on se demande si la mère veut vraiment de cet enfant, cette crise de boulimie n'est-elle pas le signe d'un désir de ne pas devenir mère ? Ou cette crise est-elle meurtrière ?

Sandrine, Bib 1A.

 


 
 

 

 

par pier publié dans : fiches de lecture 1A
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Jeudi 10 janvier 2008
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Francis Scott FITZEGARLD
Henry MILLER
Jerome CHARYN
New York Stories
Nouvelles new-yorkaises
Traduit de l’américain par Suzanne Mayoux, Henry Fluchère et Anne Rabinovitch
Préface de Gérard-Georges Lemaire
Paris, Ed. Gallimard, Folio bilingue, 2007, 167p.





    Une page anglaise, une page française, tel est le principe du Folio Bilingue que l’on retrouve dans ce recueil de nouvelles de trois auteurs américains. Trois auteurs, trois époques, trois visions de New York… Fitzgerald, c’est le New York des années 1920, le New York riche, festif mais culturellement dépassé par l’Europe. Miller dépeint un Brooklyn intemporel, au-delà du temps. La nouvelle de Charyn, dont l’action se déroule entre Broadway et le Bronx, se passe durant la Seconde Guerre mondiale. Cependant on retrouve dans ces nouvelles les thèmes récurrents du désir de s’échapper, de fuir, de voyager… Elles incarnent le passage à l’âge adulte, la maturité, la nostalgie. Partout on trouvera des parallélismes entre beauté et laideur.

Francis Scott Fitzgerald
Rags Martin-Jones and the Prince of Wales
Rags Martin-Jones et le prince de Galles


    Dès sa première apparition, l’héroïne, Rags Martin Jones est décrite par Fitzgerald comme étant « quelque chose qui aurait pu être un somptueux tas de renards argentés », elle est « mi-fille, mi-fleur » sa bouche est une « petite rose insolente ».  A son image son porte-monnaie est « tout plein de beauté, d’argent et de jeunesse ».  Mais la beauté et l’argent de Rags ne suffisent pas à la contenter. A travers ce personnage l’auteur emploie un ton cynique car son héroïne n’est qu’une milliardaire blasée à la beauté exceptionnelle. Capricieuse et bornée, elle fait souffrir l’homme qui l’aime et qui fera tout pour la surprendre…


Henry Miller
The Fourteenth Ward
Le 14ème District


    Au départ ancrée dans la réalité, cette nouvelle décrit un Brooklyn où les personnes sont naturelles ; emplies de réalité, elles ont leurs faiblesses. Cette nouvelle est à la fois le récit d’un souvenir et une réflexion poétique sur ce district. Miller y dépeint à petites touches, à la manière d’un impressionniste, la saleté, la laideur, la violence, l’amour et les faiblesses humaines, le port, les bateaux et les rêves d’évasions. Le récit renvoie au passage de l’enfance à la vie adulte. Il parle de l’ivresse, des femmes ; tous les sens y sont stimulés et valorisés.
    A la manière de Baudelaire dans ses Petits Poèmes en prose (Le Spleen de Paris), il transforme ce qui n’est a priori rien de beau, des choses banales, anti-poétiques. Il parvient à en tirer la Beauté en les décrivant de manière poétique. Un passage s’éternise sur les « grosses lèvres lippues et le mince de filet de salive qui se tendait comme un élastique à mesure qu’il prononçait le mot ». « Il » c’est en l’occurrence le « Juif » à qui appartiennent ces « lèvres épaisses » dont sort « le mot » : Dostoïevski. Mot qu’il entend pour la première fois, mot qui « vibra et s’étendit, mince pellicule iridescente de salive où vient se jouer tout l’or du crépuscule ».
     Longue description de la vie à Brooklyn et du district en lui-même, ce récit de Miller est un hymne aux choses simples de la vie, aux souvenirs, à la littérature et assurément à Brooklyn.

Jerome Charyn
Sing, Shaindele, Sing
Chante, Shaindele, chante


    Cette nouvelle de Charyn, renvoie à la thématique récurrente de la culpabilité judaïque et au rapport difficile et conflictuel entre un père et son enfant. Il règne dans ce texte un débat important sur la poitrine grandissante de l’héroïne, Shaindele. A partir du moment où elle cesse de dissimuler ses seins, sa vie change. Shaindele devient une femme, fume, flirte, provoque du désir chez les hommes. Ce n’est pas que sa vie qui change, c’est celle de son père et des personnes qui l’entourent dans ce passage à la vie adulte…

Elisa, 1ère année Ed-Lib.
par pier publié dans : fiches de lecture 1A
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Lundi 7 janvier 2008
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Hubert LAMPO

Retour en Atlantide (Terugkeer naar Atlantis)
Traduit du néerlandais et postfacé par Xavier HANOTTE
Belfond, 1997 pour la traduction française
192 pages



Biographie
    Hubert Lampo est né à Anvers en 1920 et serait mort à Essen en 2006. Journaliste, enseignant, critique littéraire et essayiste, il a commencé sa carrière littéraire en 1943 avec un court roman Don Juan et la dernière nymphe. Il a écrit une trentaine de romans, recueils et essais, dont le plus connu est La Venue de Joachim Stiller publié en 1960. Docteur honoris causa de l'université de Grenoble, il est considéré comme un des maîtres du réalisme magique flamand.

Résumé et thèmes récurrents
    Le narrateur, Christian Dewandelaer, mène une vie tranquille dans une banlieue ouvrière d'Anvers. Il se définit comme un « médecin des pauvres » et s'occupe de sa mère. Tout est bousculé par la mort de celle-ci. Il apprend que son père, qu'il croyait mort depuis son enfance, a en fait mystérieusement disparu. Il rencontre l'inspecteur qui s'était chargé de l'enquête et qui n'a pu trouver aucune explication plausible. Celui-ci lui raconte d'autres histoires de disparitions mystérieuses, jamais élucidées, ce qui donne une dimension fantastique au récit. Christian trouve ensuite dans le grenier plusieurs livres sur l'Atlantide ayant appartenu à son père. Jonas, un ami de son père, lui apprend que celui-ci était fasciné par l'Atlantide.

    A la fin du roman, lors d'une discussion Jonas répète à Christian des propos que lui a tenus le père. Ceux-ci illustrent bien le réalisme magique de l'oeuvre :
« Parfois l'idée m'obsède qu'il existe un autre monde que celui où nous vivons, un pays que nous aurions habité lors d'une vie antérieure... C'est quelque chose comme le ciel : ni au-dessus, ni en-dessous, ni sur terre, mais ailleurs encore, sans que la mort ait quoi que ce soit à voir là-dedans. C'est un pays proche, parce qu'en partie du moins nous le portons en nous ; mais c'est aussi un pays lointain, plus éloigné que la plus lointaine des étoiles du firmament, celles dont on peut lire qu'il faut des milliers de millions d'années avant que leur lumière nous parvienne. Tout gosse, Jonas, j'avais déjà deviné qu'un tel pays devait exister. Pour cette raison, continuer à croire en son existence peut sembler puéril. Mais c'est comme une nostalgie presque intraduisible en mots, une nostalgie dont on ne guérit jamais et qui, parfois, vire soudain à l'étrange certitude qu'existe bel et bien un chemin menant à l'Atlantide, un chemin qu'on peut découvrir, pour peu qu'on ait le courage de le chercher de toutes ses forces... » (p. 176-177).

    Tout au long du récit les temps sont mêlés. Le narrateur décrit sa vie quotidienne avec de multiples détails réalistes mais la maladie et la mort de sa mère ainsi que de nombreux souvenirs du passé viennent se mêler à la narration de sa vie actuelle. On passe sans cesse d'un temps à un autre. La confusion entre passé et présent est marquée par deux figures féminines, en dehors du personnage de la mère :
        Lors d'une soirée chez le procureur Hermann Andersen, Christian rencontre la femme de celui-ci. Il reconnaît alors une jeune fille qu'il avait rencontrée et repoussée lors d'une soirée de « bizutage » pendant ses études. Celle-ci va encore une fois tenter de le séduire et viendra lui demander de l'aide, étant enceinte d'un enfant qu'elle ne veut pas garder. Le narrateur va refuser et l'encourager à assumer sa grossesse, ce qu'elle fera.
    Quand il se remémore les souvenirs de son enfance, Christian évoque souvent Eveline, une jeune fille de douze ans qu'il a aimée et qui a brusquement déménagé avec sa mère, disparaissant ainsi sans explication. Christian va sauver et installer chez lui, après la mort de sa mère, une jeune femme amnésique qui a sans doute tenté de se noyer. Elle se rétablit mais ne se souvient de rien. Un soir, Jonas vient chez Christian pour lui parler de la convalescente. Il est certain qu'il s'agit d'Eveline, dont la mère était détestée des femmes de la cité à cause de son comportement avec les hommes. Jonas lui raconte l'histoire de la mère d'Eveline et lui apprend que son père l'a sauvée de la fureur des autres femmes. Quand elle a accouché d'Eveline, des rumeurs se sont répandues selon lesquelles le père de Jonas serait aussi celui d'Eveline. A la fin du récit de Jonas, la jeune femme amnésique, qui a tout entendu, se sauve...
Cette figure féminine représente beaucoup pour Christian : son amour d'enfance, la femme qu'il aurait pu aimer et, peut-être, sa demi-soeur.

    A la fin du roman, l'auteur ne nous livre aucune explication concrète. Le lecteur est toujours partagé en ce qui concerne la raison de la disparition du père, la personnalité de la jeune femme amnésique, l'histoire de narrateur. Celui-ci songe à tous ces temps qui se mélangent : la mort, la disparition mais aussi la vie à venir avec la naissance d'un enfant qui s'annonce, le personnage d'Eveline qui représente désormais « l'aimée inaccessible ». Le narrateur est encore dans l'attente d'un « appel » :
« Mais pourtant je savais qu'en moi, inévitablement, un jour l'appel retentirait, cet appel auquel mon père, il y a si longtemps et si peu de temps à la fois, avait répondu. Et j'irai, comme il est allé, car rien ne pourra me retenir. Même si, pour moi, l'heure n'est pas encore venue de savoir où mènera le chemin » (p. 178).

    Le réalisme magique de Hubert Lampo réside dans l'idée, à la fois déterminée et imprécise, d'un ailleurs mystérieusement accessible à partir de la vie quotidienne, peuplée de multiples détails réalistes.




Maud, AS Edition-librairie
par pier publié dans : fiches de lecture AS et 2A
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Samedi 5 janvier 2008

Des infos pour les  futurs candidats aux concours des bibliothèques.

Lien proposé par Benoît.


un forum proposé par Grégoire.

par pier
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