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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 11:27
LA MAISON AUX ESPRITS – présentation

Auteur Isabel Allende
Traduit de l’espagnol par Claude et Carmen Durand
Editeur Fayard
Année 1984
Collection Livre de poche, n° 6143
Nombre de pages 541 pages

Citation d’Isabel Allende « Dans mes livres, j’ai voulu raconter la tragédie de ce continent torturé et l’espoir des hommes et des femmes qui luttent pour un monde meilleur. »

Lien Wikipedia pour la biographie d'Isabel ALLENDE ;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Allende

Dans un pays d'Amérique latine non précisé, mais inspiré du Chili, La Maison aux esprits nous entraîne sur trois générations à travers l’histoire de la famille Trueba. Commençant au début du XXe siècle, elle s'achève dans les années soixante-dix. Un personnage traverse ce roman, le patriarche Esteban qui, parti de rien, à la force de son implacable volonté, établit un empire.

L’action se déroule en alternance dans deux lieux très différents : les Trois Maria, le domaine héréditaire d’Esteban, ancré dans la terre et qui lui sert de refuge à plusieurs reprises, et la « grande maison du coin », maison un peu prétentieuse conçue à l’origine par Esteban pour abriter sa future descendance, mais qui se métamorphose au fil des temps par des ajouts de « protubérances, d’escaliers tortueux aboutissant à des endroits inhabités, des tours et des tourelles […], de portes donnant sur le vide, de corridors labyrinthiques » [p. 122] dès que Clara a besoin d’accueillir un hôte nouveau. Elle transforme cette maison en lieu de passage, que ce soit pour les humains ou les esprits. C’est un lieu de secrets, d’enchantements mais aussi d’affrontements idéologiques entre le patriarche et ses enfants ou petits-enfants au fur et à mesure que le contexte politique prend plus de place dans le récit.

Mais il s’agit surtout de l’histoire d’une dynastie de femmes, vivant dans un monde spirituel très riche. Le personnage central qui accompagne toute l’histoire est Clara, la femme d’Esteban Trueba.
Clara a 10 ans lorsque débute le récit. Elle ne paraît pas appartenir tout à fait à la réalité. Elle est décrite à plusieurs reprises comme « innocente » et « extralucide ». Elle est l’annonciatrice de ce qui va se produire et le témoin de ce qui arrive. C’est un personnage éthéré qui converse avec les esprits et ne prend pied dans la réalité qu’après un terrible tremblement de terre, à l’origine de la destruction des Trois Maria ainsi que d’épidémies et de famines.

Par la suite, c’est sa petite-fille Alba qui prendra le relais, lors de l’accès à la présidence des socialistes. Le sénateur Trueba et les hommes d’affaires conservateurs de son espèce, craignant d’être dépossédés de leurs pouvoirs et de leurs biens, sabotèrent le nouveau gouvernement en confisquant les produits de première nécessité. Alba portera donc secours à son peuple, à l’insu de son grand-père. Elle continuera de même à lutter après l’instauration de la dictature militaire.

L’histoire est portée par des dualités, des couples qui s’affrontent ou se complètent :
Tout d’abord le couple formé par Esteban Trueba et Clara del Valle, dans lequel on a l’impression que Clara n’est là que pour empêcher le pire de la nature de son mari, et le rendre plus humain car il l’aime passionnément. Elle-même semble totalement détachée vis-à-vis de lui, elle savait simplement qu’elle devait se marier avec lui.
Ils auront trois enfants. Leurs deux fils, faux jumeaux, ont des caractères opposés. L’un, Jaime, devient médecin et se dévoue corps et âme à soigner et secourir tous ceux qui croisent son chemin. L’autre, Nicolas, semble mener une vie vaine et futile, intéressé surtout par lui-même. Leur fille, Blanca, joue surtout un rôle grâce à sa liaison avec un militant socialiste issu des paysans des Trois Maria, Pedro III Garcia. Elle en sera amoureuse toute sa vie.
Blanca donnera naissance à Alba, dernière de la lignée, la seule à vraiment communiquer avec Esteban Trueba, et qui parviendra à le rendre plus humain. Elle-même tombera amoureuse d’un révolutionnaire de gauche, Miguel, qui tiendra un rôle important dans la résistance à la dictature.

Le contexte politique, totalement absent au début de l’histoire, l’envahit progressivement en obligeant ainsi les différents personnages à se positionner par rapport à lui. Seule Clara, dans son rôle d’observateur et de témoin, ne semble pas prendre parti. Alba va chercher à reprendre ce rôle de témoin, enregistrant dans sa tête puis sur des cahiers les tortures vues et subies sous le régime des militaires. Mais elle doit, pour parvenir à un recul suffisant, faire appel à l’entraînement pour « vaincre la douleur et autres faiblesses de la chair » que lui a fait subir son oncle Nicolas à son retour d’Inde, quand elle était petite fille. Cela seul lui permet de s’abstraire de son emprisonnement et de ne pas en ressortir brisée mais plus forte.

F. P., AS Bib-Méd.

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