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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 22:42
George-Olivier Chateaureynaud
Le Jardin dans l’île
Zulma, 2005,
167 pages.

      Biographie

Georges-Olivier Châteaureynaud est né à Paris en 1947. C’est donc un auteur contemporain (il a publié en octobre 2007
De l'autre côté d'Alice aux éditions Le Grand Miroir ) qui écrit des nouvelles et des romans.
Il a exercé de 1966 à 1982 de nombreux petits métiers comme brocanteur. Il a donc une expérience qui lui a permis de rencontrer un grand nombre de personnes et d’apprendre à bien savoir cerner les gens.
Il a reçu le Prix Renaudot pour La Faculté des Songes, en 1982, il fait d’ailleurs partie du jury depuis 1996. Il est aussi juré de nombreux autres prix littéraires dont le prix Prométhée de la nouvelle accordé par l’atelier Imaginaire tous les ans. De plus Georges-Olivier Châteaureynaud a assuré un temps la Présidence de la Société des Gens de Lettres pour laquelle il a négocié le dossier du prêt payant en bibliothèque entre autres.
Son écriture est riche, il évolue dans différents registres littéraires, fantastique, réaliste voire historique. Il a bâti sa réputation d’auteur de référence sur la nouvelle dont il apprécie la forme, il veut la mettre en valeur car estime qu’elle est mal considérée en France.

Le recueil

Le Jardin dans l’île est un recueil de dix nouvelles, paru chez Zulma. Elles ont toutes été rédigées entre 1987 et 1988 en Lozère. C’est donc un recueil réalisé par l’auteur et non des nouvelles éparpillées rassemblées par l’éditeur. Elles sont relativement courtes, en moyenne une quinzaine de pages, sauf la dernière, « Zinzolins et Nacarats », qui fait quarante-six pages.   
Elles laissent au lecteur une bonne part d’interprétation, il doit faire marcher son imagination tout au long des pages pour suivre le fil des différentes histoires. Châteaureynaud flirte avec les frontières de l’irréel mais aucune de ces nouvelles ne décrit concrètement un fait qu’on ne pourrait pas définir comme réaliste. On retrouve dans toutes les nouvelles un ou plusieurs protagonistes hors du commun, parfois c’est le personnage principal lui-même qui s’illustre par sa singularité. Ainsi on retrouve un personnage qui n’arrive pas à trouver de logement décent et semble touché par un malheur qui l’empêche de vivre normalement, un homme qui pense s’être réincarné en lui-même après sa mort, un courtier qui trouve tous les objets extraordinaires qu’on lui demande sans quitter son domicile,… Les nouvelles renferment des histoires plus abracadabrantes, plus mystérieuses les unes que les autres, mais le tout dans un cadre réel qui relie le lecteur au monde qui l’entoure.
 Le lecteur s’imagine ainsi une partie de l’histoire, Châteaureynaud joue avec la capacité d’interprétation de ce dernier en laissant en suspens des situations assez incongrues. La solitude et la tristesse prédominent à travers les personnages qui affrontent souvent les malheurs de la vie : accident, guerre civile, mort... C’est un recueil intéressant qui nécessite à mon sens une réelle analyse du lecteur.

Présentation d’une nouvelle : « L’inhabitable »

« Les questions de logement me passionnent. Peut-on parler de névrose immobilière ? J’ai passé la majeure partie de mon enfance en des lieux exigus (ma mère nous sous-louait la cave, à mon père et à moi), et j’en ai conservé une propension à la claustrophobie non moins invalidante que les tendances agoraphobiques consécutives à de fréquents séjours chez mes grands-parents paternels, un couple d’aérostiers fanatiques. » Ainsi commence la nouvelle, le ton est d’entrée donné sur la propension du narrateur à loger malgré lui dans des lieux oppressants. Il raconte cependant cela avec une sorte de fatalisme humoristique qui dédramatise les situations difficiles qu’il a eu à affronter. On apprend qu’il a habité dans un appartement qui prenait feu à tout moment de la journée dans divers endroits, une chambre hantée par les fantômes de ses anciens locataires yougoslaves,… Un jour se présente à lui le logement de ses rêves : un pavillon dans la banlieue, idéalement situé. Il le loue sans même l’avoir visité, comblé de joie. Il s’y rend, fait le tour de la propriété et se rend compte, avec étonnement, que le logement est en réalité constitué d’un seul bloc de marbre, sorte d’œuvre d’art géante. L’étonnement cède alors la place à l’effarement quand notre malheureux protagoniste réalise que sa maisonnette est tout simplement inhabitable : chaises impossibles à déplacer, lit et canapé en marbre, etc. L’endroit est certes magnifique mais impropre à toute forme d’habitation. Notre homme part donc à la conquête d’une paillote…



 
Jean-Baptiste, 2ème année Ed./Lib.

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Published by pier - dans Nouvelle
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