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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 21:49
Gabriel Garcia Marquez
De l'amour et autres démons,
édition originale 1995,
Grasset et Fasquelle,
rééd. Le livre de poche, 187 pages.

    Le livre s’ouvre sur un prologue écrit par l’auteur, dans lequel il relate son expérience en tant que jeune journaliste, le 26 octobre 1999. Son rédacteur l’aurait envoyé couvrir un sujet : on vide la crypte d’un ancien couvent. Sur place, c’est un corps à la chevelure de 22 mètres de long qui est retrouvé.
    C’est à partir de ce fait, réel ou non, que commence De l’Amour et autre démons. L’histoire se passe au XVIIIe siècle.

    Dans ce livre, l’Amour est présent immédiatement, puisqu’il est tout d’abord mentionné dans le titre. En lisant plus attentivement, on peut observer deux types d’amour.
    L’Amour forcé, en premier lieu, illustré par les parents de Sierva Maria. Ils se sont mariés car Bernarda était enceinte mais ne se sont jamais occupés de leur fille. Il n’y a pas d’amour familial (lors de la naissance de la petite fille, le père est certain que « ce sera une pute », p.57), la fillette est élevée par les esclaves africains de ses parents. Sa mère est malade, elle a des histoires avec des esclaves qu’elle finit par payer pour qu’ils se soumettent à ses grâces, le marquis passe ses journées sur la terrasse ou dans sa chambre, il ignore tout ce qu’il se passe chez lui. Quand sa femme est dite mourante, il souhaite même que tout se passe plus vite et regrette qu’elle ne meure pas dès le lendemain. Ce n’est que vers la fin qu’on apprend la vérité et que malgré tout, ils ont de l’amour pour leur fille.
    L’Amour interdit ensuite, illustré par la relation coupable entre Sierva Maria et Cayetano Delaura. Il est régi par l’Eglise. Soupçonnée de possession démoniaque suite aux traitements subis contre la fièvre et la rage, Sierva Maria est envoyée au couvent de Santa Maria pour être exorcisée sous conseil de l’évêque à son père. C’est là qu’elle rencontre Delaura qui doit procéder à la cérémonie. Si lui tombe amoureux d'elle immédiatement, elle, le rejette (il est utile de préciser ici qu’elle subissait de mauvais traitements) mais à mesure qu’il panse ses plaies, elle finit par l’accepter. Mais leur amour est interdit, lui est un prêtre (bibliothécaire du diocèse), elle-même à 12 ans…
Lui, transgresse les règles pour la faire vivre au mieux (il apporte de la nourriture alors que c’est interdit) puis finit par être démis de ses fonctions. Ils s’aiment en cachette, font preuve d’une grande passion, mais la tragédie finira par les séparer, en la personne de l’Eglise et de ses multiples exorcismes.

    L’Eglise, elle, est très présente tout au long du livre, elle en est presque l’élément central. C’est par elle que tout arrive.
    Tout d’abord par le mariage des parents de Sierva Maria. Enceinte, elle veut « laver la honte », honte définie par l’Eglise.
    C’est l’Eglise également qui prend en charge l’histoire de Sierva Maria et par la personne de l’évêque lui retire toute forme de liberté en la faisant entrer au couvent (« c’est dans la dernière cellule de ce recoin voué à l’oubli que l’on enferma Sierva Maria, quatre-vingt-treize jours après que le chien l’eut mordue et sans qu’elle présentât le moindre symptôme de rage », p.83).
    Elle a de multiples facettes, et ne présente un bon visage que par la présence d’un prêtre noir qui aide Sierva Maria, mais qui sera retrouvé mort mystérieusement, on peut peut-être supposer que cela implique la mort de l’Eglise dite « innocente » au profit d’une Eglise presque Inquisitrice.

    Le Réalisme magique est présent dans le livre mais ne se manifeste que rarement.
La première apparition se caractérise par la forme du chien qui mord la petite, un chien blanc avec une lune sur le front. Une autre apparition, moins perceptible, est la maladie de Bernarda, qui apparemment nécessite toute formes de remèdes malheureusement inefficaces : la maladie pourrait être une punition de son acte.
    Il faudra ensuite attendre jusqu’à l’introduction de Delaura (au bout d’une centaine de pages), qui rêve de Sierva Maria avant même de l’avoir vu et la voit apparaître sous ses yeux plusieurs fois. Dans ce rêve, la petite fille mange une grappe de raisin, qui se renouvelle à chaque fois qu’un grain est arraché : le dernier grain de raisin signifie la mort. Ce rêve trouvera un écho à la fin du livre, mais également un peu après, puisque la petite fille aura fait le même rêve.
    Le réalisme magique apparaît dans l’éclipse qui « reste dans l’œil » de Delaura, et pour finir dans la crise de Sierva Maria en la présence du prêtre : « les cheveux de Sierva Maria se dressèrent d’eux-mêmes comme les serpents de Méduse, et de sa bouche s’écoulèrent une bave verte et une bordée d’injures en langues idolâtres », p.150.
    Le tout dernier élément serait la base même de cette histoire, car on ne sait si elle est fondée sur un fait réel ou non, ce qui entretient un certain mystère.

    Pour ma part, je n’ai pas beaucoup aimé ce livre, je l’ai trouvé trop « fouillis », le style d’écriture et le mélange des histoires de plusieurs personnages ne m’ont pas poussée à aller plus loin, malgré tout. L’histoire d’amour est présente, mais tout met peut-être un peu trop de temps avant de commencer, avant que l’auteur en vienne au fait, ce que je trouve quand même regrettable.

Sophie, BIB 2e année.

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