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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 22:06
Xavier Hanotte
Derrière la colline,
éditions Belfond, 2000,
345p.

Biographie de Xavier Hanotte :

    Xavier Hanotte, né en Belgique le 31 octobre 1960 à Mont sur Marchienne dans le Hainaut vit aujourd’hui à Bruxelles. Philologue germaniste, il a traduit des œuvres néerlandaises. En littérature anglaise, il s’intéresse plus particulièrement au poète britannique Wilfred Owen (1893-1918) mort au champ d’honneur quelques jours avant l’armistice de 1918 et dont Xavier Hanotte a traduit un choix de poèmes au Castor Astral en 2001. Actuellement il s’occupe de la création à Ors dans le Nord d’une maison Wilfred Owen dédiée à la mémoire de ce poète-soldat.
    Depuis le début de sa carrière littéraire, de nombreux prix littéraires ont couronné ses œuvres. Bien documentées d’un point de vue historique, elles sont empreintes de réalisme magique. La poésie et le fantastique trouvent aussi leur place dans ses romans  ; l’aventure humaine est au cœur de ses derniers.

Résumé du livre :

    Derrière la colline n’est pas un roman historique même s’il a pour cadre la Grande guerre. Il n'est pas seulement non plus une formidable évocation du quotidien des tranchées ou de l'horreur de la bataille de la Somme où la vie, les angoisses des combattants sont évoquées avec beaucoup de réalisme mais il montre combien les rapports humains occupent une place importante.
    Au début de l’été 1948, dans un village de la Somme, un homme que tout le monde appelle « l’Angliche » pense à la visite qu’il fera le lendemain 1er juillet au cimetière. Il se souvient précisément de ce jour... L’on revient alors en arrière, au point de départ, à Londres en août 1914. Au monologue intérieur du survivant de la Grande Guerre succède alors un autre récit à la première personne, tenu par un certain Nigel Parsons.
    Le problème de l’identité des personnes est donc soulevé car le héros revient sur ses échecs : une déception amoureuse avec une jeune femme Béatrice, une question d’honneur de n’avoir pu être professeur comme il le souhaitait, et aussi le drame de la page blanche. Il nous raconte aussi sa rencontre avec William Salter un compatriote jardinier avec qui il s’engage dans l’armée. Il se retrouve ainsi avec d’autres soldats anglais sur le front de la Somme dans la région de Thiepval au Nord-Est d’Amiens.
    Dans ce livre, mêlant la description des batailles à des images presque irréelles, l’auteur personnifie les lieux du combat, le monstre comme l’appellent les soldats.

    Extraits :
« Le mémorial ressemblait à une tour, dont le halo lumineux berçait l’immensité sereine. Il n’y avait plus les tirs, les canons s’étaient tus… En s’approchant, le monstre prenait forme. Gigantesque. Sur ses murs, des colonnes entières, par dizaines de mille, de noms de soldats répartis par bataillons. »
« Cette fois l’averse de fer dura une centaine de secondes, puis cessa aussi subitement qu’elle avait commencé. Les dernières balles filèrent entre les chênes avec des vrombissements d’insectes. Le danger s’éloignait avec elles. A demi rassuré, on se releva, on remonta son barda, on rajusta son harnachement. »

Pourquoi j’ai aimé ce livre :
    Xavier Hanotte a écrit un roman absolument remarquable d’une très grande émotion avec un beau témoignage de l’amitié au-delà de la mort entre le poète Nigel Parsons et le jardinier William Salter. C’est une œuvre forte à la fois par son analyse psychologique mais aussi par la dimension presque fantastique qu’elle parvient à créer dans un réalisme magique. En effet, entre rêve et réalité, entre présent et fiction, l’auteur donne une dimension presque fantastique du destin. C’est pourquoi j’ai aimé ce livre car il nous fait entrer dans un univers peu connu, plein de vérités, de finesse d’écriture. C’est un roman sur l’amitié entre les hommes et sur le poids de l’histoire. Jusqu’à la fin il nous tient en haleine, sans que l’on puisse reposer le livre. Il nous donne envie de nous rendre sur les lieux de batailles où, pour celui qui s’est déjà rendu sur ces lieux, il semble régner une atmosphère étrange et pleine de recueillement.
    Extrait :«  Les véritables amitiés se passent fort bien de comptables et de mémorialistes aussi longtemps qu’elles vivent, elles ne réclament ni bilan, ni chronologie… L’amitié se tisse aussi de silence. »

C.H. A.S. Bib.-Méd.

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