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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 08:46
CollectifTOKYO-ELECTRIQUE.jpg
Tokyo électrique
Nouvelles traduites du japonais
par Corinne Quentin,
Première édition : Autrement, 2000,
Picquier Poche, 2006
271 pages.

Présentation
    Tokyo électrique a été édité en 2000 puis en 2006 pour le format poche par Picquier poche. Philippe Picquier est d’ailleurs connu pour être une maison d’édition publiant essentiellement  des ouvrages d’auteurs asiatiques ou en rapport avec l’Asie (Chine, Viet-nam, Inde, Pakistan…).

       Ce recueil a été traduit par Corinne Quentin et réunit 5 auteurs  japonais :
o Muramatsu Tomomi, Yumeko.
o Morita  Ryûji, Les  Fruits de Shinjuku.
o Hayashi Mariko, Amants pour un an.
o Shiina Makoto, La Tente jaune sur le toit.
o Fujino Chiya, Une ménagère au poste de police.

        On trouve aussi une postface de  la traductrice qui  nous donne la bibliographie de chaque auteur et où l’on apprend que ce recueil a été écrit à l’origine pour être édité en France mais qu’il a ensuite intéressé des éditeurs japonais et a donc été publié dans les deux pays.

Biographies
        Muramatsu Tomomi est né à Tokyo en 1940. Deux de ses écrits notamment ont connu le succès : Watashi wa puroresu no mikata desu (Moi, j’aime le catch), publié en 1980 et Jidaiya no nyôbô (La Femme du brocanteur) qui obtient le prix Naoki en 1982 et sera adapté à l’écran et au théâtre comme nombre de ses romans.
        Muramatsu Tomomi décrit ses personnages dans un environnement qui les façonne, auquel ils se conforment  ou dont ils essaient de se déprendre…
Dans Yumeko les personnages semblent très attachés au lieu de l’action, le quartier de Fukugawa :
 « -Mais la clientèle de Yoshiwara avait plus de classe, non ?
 -Seulement aux yeux de ceux qui considéraient que Yoshihara était plus distingué. En fait il y avait beaucoup de samouraïs dans la clientèle de Yoshihara, tandis que Fukugawa accueillait surtout des marchands ou des  artisans. Ceux qui pensent que les commerçants sont des clients de classe inférieure, à mon avis, n’ont pas droit aux plaisirs qu’offre Fukugawa… »
Il y a surtout beaucoup de dialogues et c’est autour d’eux que se construit le récit.


    Morita Ryûji est né à Tokyo en 1954. En 1958, il est sélectionné pour le prix Waseda du jeune auteur pour Yoru  yorimo nagai yume (Un rêve plus long que la nuit).
Il publie en 1990 son premier roman, Sûrito chirudoren (Enfants de la rue) avec lequel il obtient le prix Noma du jeune auteur.
        Dans cette nouvelle l’action se déroule dans le quartier de Shinjuku et ses personnages sont confrontés à une situation qui les dépasse.
        Son style est incisif et parfois photographique à l’image du passe-temps du personnage principal : Ryôta.
« J’ai sorti  mon appareil photo, installé le téléobjectif et regardé dans le viseur. Je suis resté un moment paralysé, stupéfait. C’était encore une petite fille. Le maquillage excessif ne faisait que souligner son expression enfantine. Elle avait de longs cheveux frisés et des traits bien dessinés sur une peau mate. Elle n’était pas japonaise. Elle pleurait. »
L’auteur dit lui-même « écrire à partir d’images qui s’impriment dans son esprit ».

        Hayashi Mariko est née dans la préfecture de Yamanashi en 1954.
En 1982, elle publie son premier essai, Runrun o katte ouchi ni kaerô (On achète du bien-être et on rentre). En1984, son premier roman, Hoshikage no Stera (Stella sous les étoiles), est sélectionné pour le prix Naoki et elle décide alors de se consacrer à l’écriture.
        Dans ses romans faussement naïfs, l’auteur met en scène les rêves et les désillusions de jeunes femmes et leur difficile rencontre avec les hommes.
« Eriko se tordait de douleur. Ses amours n’avaient pas toujours été des succès. Sinon, aujourd’hui, elle serait déjà mariée. Elle avait connu des moments difficiles où elle ne comprenait pas ce que le garçon avait dans le cœur, ou bien lors de séparations il lui était arrivé de se sentir perdue, d’être triste ou d’éprouver un sentiment d’injustice. Mais c’était bien la première fois que son chagrin était si douloureux. »
 La nouvelle présentée dans ce recueil a été adaptée au cinéma par Ichikawa Jun.

        Shiina Makoto est né à Tokyo en 1944.
 Il crée en 1976 une revue de critique littéraire, Hon no zasshi (La revue des livres). D’abord tirée à cinq cents exemplaires, cette publication mensuelle atteint un tirage de cent cinquante mille exemplaires. En 1995, il obtient le prix Yoshikawa Eiji pour Inu no keifu (Généalogie du chien)  et le grand prix de science-fiction en 1990 pour Ado-bâdo. La même année il se lance dans le cinéma et plusieurs de ses films sont primés.
        Ses récits sont souvent à la première personne comme dans La tente jaune sur le toit  et même lorsqu’ils se déroulent dans la ville, ils évoquent un art de vivre enjoué et il y circule cet air frais que l’on respire lorsque l’on se promène sur un chemin de montagne avec un chien (symboles récurrents dans ses écrits).

        Fujino Chiya est née dans la région de Fukuoka (île de Kyûshû) en 1962.
En 1995, elle  obtient le prix Kaien du jeune auteur avec Gogo no jikan-wari (Emploi du temps de l’après midi) et, en 1998, le prix Noma pour Oshaberi Kaidan (Le conte du bavard)
        Ses mises en scène sont surprenantes, proches de l’absurde.
        D’une écriture sans doute influencée pars son choix de  « vivre une vie de femme » bien que née garçon, elle décrit des personnages et des lieux de manière ambiguë.
Ce qui se reflète bien dans Une ménagère au poste de police, ave cette question qui est la base de l’histoire - Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes dans les postes de police ? - et l’identité confuse de Yoshiko l’amie de Natsumi qui a une apparence masculine.
« -Bonjour, Mika ! Répondit Yoshiko d’une voix légèrement plus féminine que lorsqu’elle s’adressait à Natsumi.
Quand Natsumi  entendait cette voix dans la bouche de Yoshiko, avec ses cheveux courts découvrant les oreilles, son polo blanc sur un pantalon bien repassé (le vocabulaire manquait pour désigner ce pantalon argenté qu’elle portait), elle ressentait toujours un léger malaise. »
 

Analyse
        Même si ce recueil n’a rien d’"électrique",  le lien entre ces différentes nouvelles est en fait celui du lieu, Tokyo bien sûr, et celui du temps ; les événements se passant tous de nos jours et le but étant de nous montrer une vision globale de Tokyo à travers les yeux d’hommes et de femmes d’âges et de situations différents ainsi que des lieux  importants de la ville.
        La traductrice nous dit dans la postface : « Le présent recueil de nouvelles est l’essai de ce rapprochement : demander à des écrivains japonais d’écrire une fiction d’une quarantaine de pages, dans laquelle le Tokyo d’aujourd’hui, ou un quartier librement choisi, serait le maillon essentiel, dans l’espoir que s’y révéleront les sentiments des romanciers pour ce Tokyo où ils vivent, que s’y dessineront leur façon d’appréhender la cité. »
Le but est donc bien de nous montrer les différents aspects de la ville vue par ses habitants qu’ils y soient nés ou qu’ils soient venus y habiter.

        Si personnellement je n’ai pas trouvé ce recueil particulièrement passionnant au niveau des faits racontés et de l’intérêt des histoires, en revanche je pense qu’il peut être intéressant pour découvrir le mode de vie des Japonais et les lieux qu’ils fréquentent dans cette grande ville.
        Et il a l’avantage d’être la vision de ses habitants et non pas celle d’occidentaux.


Toutes les informations, extraits et biographies sont tirés de l’ouvrage Tokyo électrique, Picquier poche. 

Chloë, BIB 1ère année.









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