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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 21:03
Henry Miller,lirecabinets-copie-1.jpg
Lire aux cabinets
précédé d’Ils étaient vivants
et ils m’ont parlé

(2007)
Textes extrait de Les livres de ma vie
Traduit de l’anglais par Jean Rosenthal
112 pages sous couverture illustrée, 108 x 178 mm.
Collection Folio 2 euros, Gallimard
Parution le 10/05/2007

        « Il existe un aspect de la lecture qui vaut, je crois, qu’on s’y étende un peu, car il s’agit d’une habitude très répandue et dont à ma connaissance, on a dit bien peu de chose ? Je veux parler du fait de lire aux cabinets. »

        Cette œuvre n’est pas une nouvelle mais un essai amusant à lire de préférence ailleurs qu’aux cabinets.

Un auteur souvent incompris.

       miller.jpg Pour comprendre l’œuvre d’Henry Miller, il est utile d’avoir un bref aperçu de qui il était et de ce qu’il a fait. Henri Miller est un écrivain américain né le 26 décembre 1891 à New York et décédé le 7 juin 1980 en Californie. Son œuvre est crue, sensuelle et provocatrice ce qui a suscité quelques controverses aux Etats-Unis. Par ses œuvres, il tente de critiquer l’hypocrisie de la morale américaine et plus généralement la civilisation occidentale. L’obscénité qu’il manie est une arme dirigée contre le puritanisme sous toutes ses formes. Miller un conteur né et son écriture quelque peu scandaleuse a profondément marqué les auteurs de la beat génération. Il fait partie des écrivains qui sont responsables de la libération des mœurs ou « révolution sexuelle » dans les années soixante et soixante-dix aux Etats-Unis. Ce choix de Miller de lutter contre le puritanisme fit beaucoup pour libérer
la littérature américaine des tabous sexuels, d’un point de vue moral, social et légal. Sa littérature est puissante et socialement critique à l’exemple de Tropique du Cancer (1939) ou Printemps noir (1936) qui lui coûtera nombre de procès pour obscénité et pornographie. Ses oeuvres seront d’ailleurs censurées mais vendues sous le manteau, ce qui lui vaudra le titre d’auteur « underground » ou « avant-gardiste ».

Résumé

        Lire aux cabinets commence par l’interrogation de l’auteur sur cette pratique. Pour y répondre il nous entraîne d’une maison de campagne, à des souvenirs d’enfance en passant par ses premières amours et ses premières lectures. Il nous mène vers des réflexions philosophiques entrecoupées d’anecdotes amusantes.

Les toilettes ne sont pas un cabinet de lecture !

        Lire aux cabinets est un essai sur une question philosophique que se pose l’auteur. Le texte est décousu, tantôt sous forme narrative, tantôt sous forme de conversation à bâtons rompus. Le ton est délibérément sarcastique, ironique voire moqueur. Il critique les dérives de l’espèce humaine, ce court essai part d’une réflexion qui paraît absurde pour disserter sur des sujets de société plus sérieux. Il relève de la critique de société ou de l’essai humoristique.
        Pourquoi lire aux toilettes ? Henry Miller nous démontre que c’est une mauvaise façon d’utiliser le temps que nous avons, mieux vaut réfléchir à des choses plus essentielles. L’origine de cette pratique viendrait de la peur de se retrouver face à soi-même, l’impossibilité que l’on a de s’analyser dans les moments de pure intimité. Il invoque les mêmes raisons pour lesquelles certaines personnes regardent la télévision du matin au soir. Il pose également la question du temps qui passe, de l’usage qu’on en fait mais aussi de notre attitude face à la vie. Il définit deux individus
différents, celui qui vit le moment présent et celui qui fait deux choses à la fois. L’un se sentira plus libre alors que l’autre sera toujours frustré.

        C’est une lecture drôle et amusante mais à prendre avec un certain recul. Le texte prend tout son sens page après page. Certes, je n’adhère pas à la thèse mais ce qui est intéressant c’est qu’il remet en cause certaines pratiques de lecture. A bien y réfléchir, peut-on « bien » lire partout ?

F.S., 1ère année éd-lib.

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commentaires

loreleiii 10/09/2011 23:48


Rien ne sert mieux à un grand texte que de l'emmener avec soi au cabinet. Seuls les petits en souffre, seuls les petits se transforment en torche-cul ! (Henry Miller)


Leiloona 16/05/2009 00:17

Je viens de le terminer. Autant le premier essai m'a plu, autant le second m'a énervée.

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