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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 21:18
CollectifTOKYO-ELECTRIQUE.jpg
Tokyo électrique
Nouvelles traduites du japonais
par Corinne Quentin,
Première édition : Autrement, 2000,
Picquier Poche, 2006
271 pages.


   
Tokyo électrique est un recueil de cinq nouvelles, écrites par cinq auteurs différents. Chaque nouvelle nous transporte dans un quartier différent de Tokyo. Chaque auteur nous offre sa vision de cette si grande ville, tout cela dans son propre style.
    La première nouvelle, Yumeko, a été écrite par Maramatsu Tonami, né à Tokyo en 1940, il obtient le pris Naoki en 1982 pour
Jidiya no myôbô, adapté ensuite au cinéma, à la télévision, mais aussi au théâtre.
    Dans Yumeko, on assiste à une conversation entre cinq amis habitués d’un bar situé dans un quartier populaire de Tokyo : Fukagawa. Tous leurs échanges sont fondés autour d’une femme, Yumeko. C’est une femme très mystérieuse, elle disparaît de leur vie brusquement. Cela éveille chez les cinq amis beaucoup de curiosité sur son passé, mais va aussi provoquer chez eux une véritable remise en question.
    A travers cette nouvelle, on perçoit d’une part de l’humour, mais d’autre part une certaine nostalgie. De plus, on retrouve un vrai questionnement sur les relations humaines, ainsi qu’un regard très tendre, vraiment humain.

    La seconde nouvelle, Les fruits de Shinjuku, a été écrite par Ryûji Morita, auteur tokyoïte né en 1954. Il écrit d’abord des nouvelles dans une revue littéraire. Il obtient
en 1998 un prix  pour jeunes auteurs.
    Dans cette nouvelle, on retrouve une ambiance très sombre dès le début de l’histoire. Cette nouvelle nous emmène dans la vie de deux jeunes étudiants drogués et fauchés. L’un d’eux va se passionner pour une jeune prostituée philippine qui travaille dans l’immeuble voisin.
    Ce récit se situe dans un registre et une écriture crue qui amène un côté très réaliste à cette histoire.

    La troisième nouvelle, Amants pour un an, est de Mariko Hayashi, un auteur né a Tokyo en 1954. Cette nouvelle a été par la suite adaptée au cinéma.
    Durant cette histoire, on découvre une jeune femme, Eriko. Elle rencontre Yôchiro, un cadre bien placé socialement, qui va chambouler son quotidien. En avançant dans le récit, les rêves de cette femme vont se dévoiler à nous, et par la suite ses désillusions…
   
    La quatrième nouvelle, intitulée La tente jaune sur le toit, a été écrite par Makoto Shiina, Tokyoïte né en 1944. Il a obtenu une multitude de prix au Japon, et aujourd’hui s’illustre au cinéma comme réalisateur.
    Cette nouvelle raconte l’histoire d’un jeune salaryman qui se retrouve à la rue suite à un incendie dans son immeuble. Par manque de temps et de courage pour chercher un appartement, il décide de camper sur le toit de l’immeuble de sa société, au départ pour une nuit… mais son séjour se prolonge.
    On découvre à travers cette nouvelle la joie de vivre et un quotidien sans contraintes en contradiction avec cette facette de Tokyo stressée, sans véritable âme. Mais tout cela nous est conté avec une certaine légèreté et un ton poétique.

    Enfin, la dernière nouvelle, Une ménagère au poste de police, a été écrite par Chiya Fujino, né en 1962 à Tokyo, avec comme petite particularité d’être né homme mais de vivre aujourd’hui en tant que femme. Elle aussi obtiendra plusieurs prix en 1995 et 1998.
    Cette dernière nouvelle conte la vie d’une mère de famille, Natsumi, qui souffre du mal des transports au point de tout faire à pied ou à vélo. Poussée par l’interrogation de sa fille qui se demande pourquoi on ne trouve pas de femmes dans le postes de police, elle va occuper tout son temps libre à tenter de répondre à cette question en observant jour après jour les postes de son quartier.
    Cette nouvelle nous interroge sur la place sociale qu’occupent les femmes au Japon, sur l’identité sexuelle, tout cela sur un ton plein de légèreté.   

    Ce recueil est écrit avec beaucoup de charme, grâce à ces noms japonais très harmonieux et ses descriptions très imagées. De plus, le voyage à travers un Tokyo que l’on découvre à chaque page, avec chaque auteur, tout cela sans décoller de son livre, est vraiment agréable.
    Mais Tokyo électrique, contrairement à son titre et sa couverture n’est pas un recueil palpitant par son absence de rebondissements et de véritables fins.               Toutefois, il est vraiment agréable à lire, avec ses tranches de vies pleines de légèreté, de charme, de poésie pour certaines, de réalisme pour d’autres… ainsi que le voyage dans ce Tokyo à mille facettes, si bien décrit, qui nous offre une vraie balade pleine de découvertes.

Amandine, Ed-Lib. 1ère année





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Published by pier - dans Nouvelle
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