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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 22:09
Xavier Hanottelieuxcommuns-copie-1.jpg
Les lieux communs
Belfond, 2002,
216 p.


Présentation de l’auteur :   
    Xavier Hanotte est un auteur d’origine belge. Il est né en 1960 dans la province de Hainaut. Il a vécu 25 ans à La Hulpe dans le Brabant wallon, et il vit actuellement à Bruxelles où il exerce le métier d’analyste en informatique.
    L’écriture n’est pas son activité principale, mais sa production littéraire est tout de même importante : il est le traducteur en français des œuvres néerlandaises d’Hubert Lampo ; il a également écrit plusieurs romans dont la plupart ont reçu un prix littéraire.

Présentation de l’œuvre :
    Le roman s’intitule Les lieux communs. Il est paru en 2002, et a reçu le prix de la littérature française Charles Plisnier.
    L’histoire de ce roman est celle de deux personnages  qui se trouvent chacun dans un bus, en direction de Bellewaerde : tout d’abord Serge, un petit garçon de huit ans, qui accompagne sa tante Bérénice, organisatrice d’une journée entre collègues dans un parc d’attractions ; et parallèlement, Pierre, un soldat qui part au front, lors de la Première Guerre mondiale.
    Le roman est construit de manière originale, passant d’un personnage à l’autre, d’une temporalité à l’autre, un chapitre sur deux. Au fur et à mesure de la lecture, on s’aperçoit que les deux histoires ne sont pas simplement parallèles ni reliées par l’unique point commun de la destination du bus. Des correspondances de plus en plus fortes, des parallèles de plus en plus nombreux apparaissent, et les deux histoires et les deux temporalités finissent par se rejoindre.
        Les deux personnages se trouvent dans des situations similaires. Ce que vit l’un annonce, complète parfois ce que vit l’autre, à tel point que la fin de certains chapitres est le début presque mot pour mot du chapitre suivant. On peut citer par exemple la dernière phrase du chapitre 20 (p.143), qui parle de Pierre. On lit « Il fait noir ». La première phrase du chapitre 21 (p.145) concerne Serge : « Il fait tout noir ». Cette complémentarité des situations des personnages est également visible à la fin du chapitre 14 et au début du chapitre 15. A la fin du chapitre 14 (p.111-112), un obus arrive sur les soldats. Au début du chapitre 15 (p.113), le récit concerne le petit Serge, qui est dans une attraction, mais le récit pourrait se lire comme la suite de ce que vit Pierre.

    Le procédé d’alternance entre les deux personnages et la reprise de situations similaires permettent de faire ressortir, en les mettant en parallèle, l’atrocité, la violence de la guerre et la fragilité du divertissement. Le passage du chapitre 18 (p.130) au chapitre 19 (p.133) illustre cette idée : le soldat Pierre attend l’ennemi, il est prêt à tirer, la tension du personnage est très sensible ; et le début du chapitre suivant évoque le petit garçon qui s’apprête à tirer à la carabine dans le parc d’attractions.
    Toutes ces correspondances, ces rappels confèrent au récit un aspect mystérieux. A la lecture, on sent qu’il y a des liens entre les deux histoires, mais il est difficile d’arriver à penser que les deux situations communiquent vraiment. La fin du roman ne permet plus de douter.

    Deux grands thèmes semblent traverser le roman : d’abord la guerre, qui déborde sur l’histoire du petit garçon. Le thème de la souffrance amoureuse est également présent : Pierre a quitté la Belgique pour oublier sa fiancée qui l’a quitté. En revenant se battre dans ce pays, ses souvenirs sont ravivés. Et de la même façon, Bérénice, la tante de Serge, a quitté son fiancé peu de temps avant leur mariage.

    Ce roman est marquant par sa construction particulière, à travers laquelle l’auteur conserve un équilibre entre gravité et innocence.

N. B : l’édition de référence est celle de Libra Diffusio, 2005.

Esther, AS Bib.

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