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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 16:27
DAHL Roald, linvit---.jpg
L’Invité, 1965,
traduction de Maurice Rambaud,
Paris, Editions Gallimard, 1974,
collection Folio, 2006 (96 pages).


1° L’auteur :
    Roald Dahl, auteur-illustrateur de nationalité anglaise, est né en 1916 au Pays de Galles et mort en 1990. Sa carrière d’auteur débute pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il fait la connaissance de l’écrivain C.S. Forester qui le pousse à se lancer dans l’écriture. Un de ses tout premiers livres, Gremlins (1943), connaît un véritable succès, et est adapté au cinéma en 1984. Il assoit ensuite sa renommée d’auteur de fiction avec des nouvelles d’humour noir à suspense, destinées aux adultes, comme Kiss-Kiss (1960) ou La Grande Entourloupe (1976). C’est seulement en 1960 que Roald Dahl commence à publier de la littérature destinée aux enfants : il invente des histoires plus gaies, plus longues. Ses héros sont souvent des enfants malheureux qui prennent un jour leur revanche sur leurs tortionnaires. Par ces ouvrages, Dahl incite le lecteur à s’évader dans les délires de son imagination, pour lui faire oublier le monde réel. Ses premiers succès en jeunesse sont James et la grosse pêche (1961), puis Charlie et la Chocolaterie (1964) adapté au cinéma en 1971. D’autres best-sellers suivront comme Le Bon Gros Géant ou Matilda. Il est également l’auteur de quelques scénarios et d’une autobiographie où il évoque son enfance. Roald Dahl est donc un auteur aux multiples facettes (romancier ou conteur), très célèbre pour sa littérature jeunesse. Humour et insolite se mêlent dans son œuvre quant aux situations créées. Le lecteur s’évade ainsi du monde réel pour plonger au cœur de l’univers magique de l’auteur.

2° L’Histoire :
        L’Invité est une des quatre nouvelles du recueil écrit par Roald Dahl intitulé La Grande Entourloupe.
        L’histoire est la suivante : un jeune homme reçoit un beau jour une caisse envoyée par son oncle, un riche aventurier atypique, qu’il n’a pas revu depuis son enfance. Celle-ci est  remplie de livres (26 au total) qui s’avèrent être l’autobiographie complète de cet oncle prénommé Oswald. Au fur et à mesure de sa lecture, le jeune homme s’aperçoit  de l’importance d’un tel récit, rempli d’aventures en tous genres, de voyages extraordinaires, de situations inédites, et ce, toujours au contact d’une multitude de femmes. C’est particulièrement pour cette raison que l’oncle Oswald met en garde son neveu, dans une lettre-testament, contre une éventuelle publication de ses pérégrinations, qu’elles soient amoureuses ou aventureuses. De crainte de se mettre à dos ces femmes trahies et leurs maris cocus, l’héritier d’Oswald décide de publier la dernière aventure du récit qu’il juge « inoffensive » : l’épisode du Désert du Sinaï. L’histoire est datée du mois d’août 1946. L’oncle Oswald fuit d’Egypte vers Jérusalem en passant par le désert du Sinaï, pour échapper à la foudre d’un amant cocu. Lorsqu'il s’arrête pour prendre de l’essence, le pompiste local lui fait remarquer un problème mécanique. Oswald doit donc attendre l’arrivée d’une pièce nouvelle pour pouvoir repartir. Arrive alors un riche Syrien, qui lui propose de l’héberger pour la soirée, dans sa luxueuse demeure. Ravi, l’oncle Oswald découvre ce qui fait la fierté de cet homme : sa résidence, mais surtout, sa femme et sa fille. Oswald, comme à son habitude entreprend de séduire les deux femmes. Son entreprise réussit, mais, du fait de l’obscurité de la nuit, il ne parvient pas à connaître l’identité de celle qui a partagé ses ébats. La mère ou la fille ? C’est finalement son hôte, qui, le lendemain, fait la lumière sur cette confusion sans le savoir, révélant à Oswald une vérité complètement au-delà de tous ses principes et ses attentes.

3° L’analyse :
     Après avoir pris connaissance du texte, on note plusieurs caractéristiques intéressantes à analyser.
        Tout d’abord, on observe que ce récit est structuré selon les principes de la nouvelle toscane : on y retrouve un récit cadre (un jeune homme reçoit l’autobiographie de son oncle), une histoire brève (il nous raconte un épisode de la vie de son oncle) et une morale accompagnée d’une chute à la fin du récit. Puis, on remarque que la tonalité générale de celui-ci se situe dans le genre de l’humour noir, propre à Roald Dahl, avec beaucoup d’ironie. En effet, son personnage principal, Oswald Hendryks Cornélius, un être complètement atypique et insolite, reflète parfaitement le ton donné au récit. Dahl amplifie tellement les aspects incongrus de cet homme, qu’il en devient une véritable caricature. Ce qui caractérise particulièrement ce personnage est son côté séducteur invétéré à coté duquel les écrits de Casanova « feraient figure de Bulletin Paroissial ». La question de la relation entre Oswald et la gent féminine est présente tout au long du récit, qui aborde les sujets du sexe, de l’adultère, et ainsi, présente Oswald comme un homme sans morale. C’est précisément cet aspect qui aura toute son importance dans le dénouement final et qui causera sa perte.
    On constate aussi l’insistance de l’auteur sur son côté maniaque démesuré, sa phobie et sa parfaite connaissance du milieu microbien, d’où beaucoup d’humour : p.32 : « on aurait juré que les draps et la couverture avaient accueilli vingt-cinq Egyptiens crasseux pendant vingt-cinq nuits consécutives, aussi les arrachai-je de mes propres mains (qu’immédiatement après, je récurai avec du savon antiseptique) ». Son côté atypique se remarque aussi avec ses collections saugrenues d’araignées élevées en serres, ou de cannes ayant appartenu à des personnages illustres. Par la création de ce personnage complètement insolite et paradoxal (riche aventurier qui aime découvrir de nouvelles contrées tout en redoutant le contact avec la saleté et voulant garder son luxe), Dahl fait preuve de beaucoup d’ironie et d’humour (noir le plus souvent).

Conclusion :
Cette nouvelle, courte et facile à lire, illustre bien tout un pan de l’œuvre de Roald Dahl, que sont les récits destinés aux adultes, parfois méconnus alors que tout aussi décalés et épatants qu’un Charlie et la Chocolaterie ou Matilda. Son originalité et une chute complètement inattendue font de l’Invité, une nouvelle dans laquelle on se plonge avec curiosité, et d’où on en ressort surpris, mais conquis.

Hortense, 1A ED-LIB

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Published by pier - dans Nouvelle
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