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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 18:46
MISHIMA Yukio,
Dojoji et autres nouvelles,
nouvelles extraites du recueil
La Mort en été (Folio n° 1948, 1966)
trad. de l'anglais par Dominique Aury,
Gallimard, 1983.

         Yukio Mishima est né à Tokyo en 1925. Il publie sa première œuvre à l’âge de 24 ans, Confession d’un masque. C’est une autobiographie qui fait scandale et qui lui apporte la célébrité. De 1949 à 1970 il publie une quarantaine de romans, essais, récits de voyage et de nombreuses nouvelles. En novembre 1970, il se donne la mort, il venait alors d’achever La mer de la fertilité.

         Dans Dojoji, on trouve quatre nouvelles qui sont en fait extraites du recueil La mort en été. Il s’agit de « Dojoji », « Les sept ponts », « Patriotisme » et « La perle ».
        A travers ces quatre nouvelles, l’auteur nous fait découvrir les différentes facettes mythiques et légendaires du Japon. Les personnages sont typiquement japonais.
         En effet dans « Dojoji » on retrouve un antiquaire japonais ainsi qu’une danseuse, dans « Les sept ponts », on entre dans l’univers fascinant des geishas, dans « Patriotisme », il s’agit d'un samouraï japonais loyal envers sa patrie et d’une femme qui reste fidèle à son mari en toutes circonstances. Enfin dans « La perle », on assiste à la cérémonie du thé japonaise.

         Les histoires sont très différentes d’une nouvelle à l’autre et n’ont rien en commun. L’auteur utilise un ton différent dans les quatre nouvelles. Cependant les personnages ont une histoire dramatique au moins dans les trois premières nouvelles. En effet dans la dernière nouvelle le ton utilisé est plutôt ironique. L’histoire est centrée sur la perte d’une perle lors d’une cérémonie du thé à l’occasion de l’anniversaire d’une femme. Les quatre femmes invitées rendent cette perte de la perle très dramatique et sont bouleversées. Chacune s’accuse l’une après l’autre et on ne sait qui est réellement à l’origine de la perte. Au fil de la lecture on se rend compte que ce sont des personnages très troublés et qui se soucient beaucoup du regard extérieur. L’histoire de la perle va également entraîner des changements de comportements, elle va réconcilier et fâcher les personnages.
        C’est une nouvelle qui se détache donc légèrement des trois autres par son histoire qui paraît beaucoup moins dramatique pour le lecteur mais aussi par le ton et le vocabulaire.
      « Patriotisme » semble être la nouvelle la plus tragique. Le vocabulaire et l’histoire sont très noirs. Le lecteur assiste au suicide d’un couple qui est décrit dans les moindres détails. Il s’agit d’un officier qui annonce à sa femme son futur suicide car c’est pour lui la seule solution pour rester fidèle à son pays et à ses amis en même temps. Sa femme décide de le suivre dans la mort. Il y a alors une longue description de ce qu’ils font une fois leur décision prise, on peut voir là une sorte de préparation au suicide : ils prennent un bain, boivent du saké… Puis on assiste à leur dernière étreinte décrite avec beaucoup de détails. Enfin vient le suicide de l’homme, le vocabulaire utilisé est très sombre et choque. La nouvelle s’achève sur la mort de la femme.

     Il s’agit donc d’histoires très particulières avec des drames invraisemblables surtout en ce qui concerne les trois premières nouvelles où l’on a plus l’impression d’être face à des légendes japonaises. Par exemple dans la première nouvelle, un homme serait resté caché dans l’armoire de sa maîtresse par amour pour elle pendant un moment et aurait finalement été tué par son mari jaloux alors qu’il entendait du bruit dans l’armoire. Dans « Les sept ponts », il s’agit plutôt de superstitions et de croyances : quatre geishas se lancent dans une traversée de sept ponts, ce qui leur permettrait de réaliser leur plus grand souhait.
     Grâce aux descriptions très précises de l’auteur, le lecteur peut deviner le caractère et les sentiments de chaque personnage.
     La plupart du temps il y a une chute à la fin de chaque nouvelle, sauf dans « Patriotisme » où l’on connaît d’avance le sort de réservé aux deux personnages. Dans « Dojoji » et « La perle » on assiste à un changement radical dans l’attitude des personnages et dans « Les sept ponts », la chute est très marquée et la situation est plutôt ironique.

 Il s’agit donc d’un recueil très particulier, l’écriture est typiquement japonaise et déstabilise souvent le lecteur par le vocabulaire et les descriptions très sombres. Les histoires sont très intéressantes et nous font véritablement découvrir la culture et les légendes japonaises.

Marie, 1ère année Ed-Lib.
 

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Published by pier - dans Nouvelle
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