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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 20:30
vitamines.jpg
Raymond CARVER,
Les Vitamines du bonheur (Cathedral),  1983,
recueil de 12 nouvelles,
trad. de l'américain par
Simone Hilling,
Librairie Générale Française (LGF),
Coll. Le Livre de Poche,  2004
222 pages


        Biographie :

        Raymond Carver est né en 1938 dans l’Oregon aux Etats-Unis. Il grandit dans l’Etat de Washington dans un milieu modeste : son père est ouvrier dans une scierie et sa mère est à la fois vendeuse et serveuse.
        A 20 ans, il est marié et père de deux enfants. Il enchaîne plusieurs petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille.
        Il déménage ensuite en Californie où, parallèlement à ses études universitaires, il suit des cours d’écriture avec le romancier John Gardner qui aura sur lui une influence décisive.
        En 1967, il publie son premier ouvrage : Near klamath,  un recueil de poèmes.
Dans les années 70 et 80, son talent d’écrivain est reconnu avec notamment Tais-toi, je t’en prie! (1976) et Parlez- moi d’amour (1981). Il enseigne la littérature à l’université.
        Raymond Carver devient alcoolique mais il parvient à arrêter grâce aux Alcooliques Anonymes.
        En 1982, il divorce et se remarie en 1988 avec Tess Gallagher, une poétesse. Deux mois plus tard, à l’âge de 50 ans, il décède d’un cancer du poumon. Il venait d’entrer à l’Académie Américaine des Arts et Lettres.
 ( Source : Wikipédia )

        « Ses nouvelles ressemblent à sa vie »

Le milieu modeste et les petits boulots :

        Toutes les nouvelles de ce recueil présentent des personnages qui mènent des vies modestes et très ordinaires : une femme fait du porte à porte pour vendre des vitamines et elle déprime (Les Vitamines du bonheur), un professeur de dessin élève seul ses deux enfants (Fièvre) ou encore un fermier et une serveuse tentent de subvenir aux besoins de leurs deux enfants (La Bride).
        Le chômage et ses conséquences sont aussi présentes : un homme licencié reste toute la journée assis dans son canapé, ce qui exaspère sa femme : « Mais que son mari, jeune et en pleine santé, se couche sur le canapé et n’en bouge plus, sauf pour aller aux toilettes, allumer la télé le matin et l’éteindre le soir, c’était autre chose, ça lui faisait honte […] »(Conservation.).
        Presque tous les personnages s’inquiètent pour leur avenir et en particulier pour celui de leurs enfants ; ils mettent tout en œuvre pour ne pas tomber dans la pauvreté.
        Comme ses personnages, Raymond Carver est issu d’un milieu modeste. Dès l’âge de 18 ans, le couple Carver a dû enchaîner les « petits boulots » pour faire vivre sa famille : Raymond a été portier, vendeur et gardien de nuit à l’hôpital ; Maryann, sa femme, a travaillé comme serveuse et secrétaire. De plus, tous les deux ont su trouver le temps et le courage de continuer leurs études tout en élevant leurs deux enfants.

L’amour et la famille :

        Toutes les nouvelles de ce recueil mettent en scène des couples. Il s’agit en majorité de couples qui doutent, qui sont séparés ou qui se retrouvent. Carver insiste particulièrement sur leurs relations et sur leurs sentiments. Sentiments qui s’effritent avec le temps : « D’ailleurs, on se parle de moins en moins. On se contente de regarder la télé » (Plumes).
        Les enfants sont aussi présents. La famille est très importante pour certains personnages. Dans la nouvelle Fièvre, un père célibataire cherche la meilleure des baby-sitters pour ses enfants ; sa femme vient de partir avec un autre et il se raccroche à eux pour ne pas craquer. Pour d’autres, les relations sont plus compliquées. Dans Le Compartiment, un homme est sur le point de revoir son fils qu’il n’a pas vu depuis huit ans.
        D’autres ont envie de fonder une famille. C’est le cas dans la première nouvelle, Plumes : Fran et son mari ne veulent pas d’enfants mais le dîner chez Bud et Olla va être l’événement  déclencheur. 
        Enfin, certains couples sont séparés à cause de l’alcool.

L’alcool :

        L’alcool est partout dans le recueil, même s’il ne s’agit pas à chaque fois d’alcoolisme.
       Attention et Là d’où je t’appelle sont les deux nouvelles du recueil qui traitent de l’alcoolisme.
        Dans la première, un homme a quitté le foyer conjugal à cause de son problème avec l’alcool. Sa femme lui rend visite. « Il se mit à penser aux choses qu’il avait à lui dire. Il voulait lui dire qu’il se limitait au champagne (…). Mais en un rien de temps, il s’était aperçu qu’il en buvait trois ou quatre bouteilles par jour. Il savait qu’il faudrait faire quelque chose, et bientôt. » Il passe toute la journée dans son appartement à ne rien faire, seulement à boire. Sa femme est obligée de le materner : il a besoin d’elle pour retirer de son oreille, le bouchon de cérumen qui le gêne.
La nouvelle intitulée Là d’où je t’appelle, se passe dans une maison de désintoxication. Deux patients discutent de leur passé et surtout de leur alcoolisme qui a détruit leur mariage. L’un des deux raconte notamment comment l’alcool l’a progressivement amené à être violent : « Ils se tapaient dessus devant les gosses. Ça devenait dingue. Mais il continuait à boire. Il n’arrivait pas à s’arrêter. Et rien ne pouvait le faire arrêter. ».    
                                                                                                                                                             
   Comme on l’a vu dans sa biographie, Raymond Carver a été alcoolique. Il déclara même que « l‘alcool est devenu un tel problème dans sa vie qu’il déclara forfait et passa le plus clair de son temps à boire ». (comme les personnages de ses nouvelles).

        Le style Carver :

        Ses nouvelles :

        Les nouvelles du recueil racontent des moments de vie. Le lecteur entre dans le quotidien et l’intimité des personnages. Il en garde une impression instantanée : c’est comme si on entrait chez des inconnus , que l’on se mettait dans un coin pour les observer et que l’on ressortait. Les nouvelles de Carver n’ont pas de début, pas de fin et donc pas de chute. Ce sont juste des tranches de vie. 

        Son écriture :

        Raymond Carver écrit simplement : ses phrases sont courtes mais elles disent l’essentiel. Il accorde aussi beaucoup d’importance aux dialogues. La lecture est donc très fluide. On a l’impression qu’il écrit comme il parle mais il le fait avec subtilité et parfois avec humour : « On est au milieu de l’hiver, tout le monde est malade, tout le monde meurt, et les gens ne pensent même pas qu’ils ont besoin de vitamines. J’en suis malade moi-même. » (Les Vitamines du bonheur).

Cécile, 1ère année BIB.

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Published by pier - dans Nouvelle
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