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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 21:51
vingt-quatre-heures.jpg
Stefan ZWEIG,

 Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, 1927.
Traduction par Olivier BOURNAC et Alzir HELLA
Edition  Le Livre de Poche
19ème édition, 2007
ISBN 9782253060222
127 pages


I- Stephan ZWEIG : (1881, Vienne -1942, Pétropolis)
        Fils d’un riche industriel israélite.
        A 23 ans, il est reçu docteur en philosophie, et obtient la même année le prix de poésie Bauernfeld (un des plus prestigieux prix en Autriche) pour une des meilleures traductions de Verlaine.
        zweig.jpgIl écrit de la poésie, du théâtre et des nouvelles.
        C’est un très grand voyageur, et il a parcouru de nombreux pays en Europe (France, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, ...), Asie (Inde, Indochine), Afrique, et Amérique (Etats-Unis, Brésil).
        Il est ami de l’écrivain français Romain Rolland, et du psychanalyste Sigmund Freud (à qui il fait lire tous ses manuscrits avant de les publier).
        Lorsqu’il s’installe
au Royaume-Uni en 1934, pour faire la biographie de Marie Stuart (reine d’Ecosse, puis reine de France), il ne pensait pas y rester. Cependant, vu les événements qui se produisent en Allemagne avec Hitler, il reste. Car, une année auparavant, ses livres ont brûlés en Allemagne parce qu'il était juif. En 1940, il devient citoyen britannique et se remarie (il a divorcé deux ans auparavant), avec sa secrétaire Lotte Altmann ; ils quittent le Royaume-Uni et s’installent au Brésil en 1941.
        Le 23 février 1942, Stephan Zweig s’empoisonne, sa femme le suit dans sa mort. La veille il a rédigé une lettre expliquant son geste.

A voir :
- Le site réalisé par Alexandre Almosni www.stefanzweig.org/ C’est un site très complet sur l’auteur, il est même possible de choisir la langue pour visiter le site.
- Le site www.alalettre.com (chercher dans auteurs étrangers) est un bon complément pour la biographie. On y trouve aussi la bibliographie de Zweig ainsi que quelques résumés de ses œuvres.

II- L’œuvre : présentation et analyse
        Un petit résumé : L’histoire se déroule dans une pension aux abords de la Méditerranée. Un scandale éclate dans ce paisible lieu, une femme (Mme Henriette) a quitté son mari et ses deux filles pour suivre un jeune homme, qu’elle connaît seulement depuis 48 heures. Suite à cela une dispute éclate lors du dîner, où le narrateur prend la défense de cette femme. « Par trois fois déjà, l’un des deux messieurs s’était dressé violemment, le visage cramoisi, et sa femme avait eu beaucoup de peine à l’apaiser – bref, une douzaine de minutes encore, et notre discussion aurait fini par des coups... » Seule Mrs C., une Anglaise d’âge respectable (67 ans ?), respectée de tous, n’a pas pris la parole. Sa prise de parole, ramène le silence. Par la suite, cette dame va rencontrer le narrateur pour se confier : « [...] et c’est pourquoi je fais aujourd’hui cette tentative de m’absoudre moi-même en vous prenant pour confident. » Elle apprécie chez lui la capacité de comprendre et de ne porter aucun jugement sur autrui. Elle va lui confier vingt-quatre heures de sa vie, où elle a essayé de sauver du suicide
un jeune homme qui venait de se ruiner au jeu au casino où elle l’a aperçu. Ces vingt-quatre heures vont bouleverser Mrs C.. Une relation ambiguë va naître entre les deux protagonistes.

        Analyse : Cette nouvelle est construite par un récit encadré. Le premier étant un récit de départ (début et fin de la nouvelle) qui se déroule à la pension de la Riviera, puis le second relatant les vingt-quatre heures de Mrs C. Ces vingt-quatre heures bouleverseront Mrs C. ; elle est veuve et cette rencontre, au casino, de ce jeune homme polonais. Nous ne saurons pas son nom, comme si l’auteur voulait respecter l’anonymat des deux protagonistes. On remarque aussi que la première partie du récit est séparée de la deuxième dans la construction du livre. On a l’impression de changer de chapitre. Il y a aussi ce même changement dans le récit quand Mrs C. passe à un autre moment des vingt-quatre heures.
        Tout au long du récit se développent deux passions, tout d’abord celle du jeu puis celle de l’amour. Des ambiguïtés naissent entre les deux personnages, tantôt Mrs C. est la mère (quand elle sauve le jeune homme de la noyade), tantôt l’amante/une femme/l’amie (lors de la promenade en « voiture »). Ses sentiments sont confus, et elle est elle-même perdue. En ce qui concerne la passion du jeu, le jeune homme est près de se donner la mort après avoir tout perdu au casino. Mrs C. veut l’aider et lui donne de l’argent pour rentrer dans sa famille, mais ce dernier ne pourra pas se retenir d’aller au casino jouer cet argent, malgré sa promesse. Cette ambiguïté dans les sentiments est le reflet de l’écriture de Stephan Zweig, qui traite ce sujet dans d’autres écrits.
        On peut également effectuer un parallèle avec la psychanalyse de Freud qui se développe à la même époque, puisque ici le narrateur joue le rôle du psychanalyste en écoutant les confessions de Mrs C. Elle se sent libérée d’un poids après l’avoir avouée au narrateur : « Cela m’a fait du bien d’avoir pu vous raconter cela. Je suis maintenant soulagée et presque joyeuse... ». En effet, Zweig et Freud sont des amis proches.
        Il n’y a pas vraiment de chute à la fin de cette nouvelle. Elle n’est pas vraiment courte, et peut se confondre avec un roman. Cependant, ce qui la distingue du roman, est le respect des trois unités (action, temps, impression).

        Petit plus : Cette nouvelle a été adaptée au cinéma en 2003, avec comme personnages principaux Agnès JAOUI et Michel SERRAULT.


III- Bibliographie :
        ZWEIG, Stefan. Vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Ed. : Le Livre de Poche, 2007 (19ème édition). + Introduction de Alzir HELLA (biographie)
        ALMOSNI, Alexandre. www.stefanzweig.org/
       http://www.alalettre.com/international/zweig-intro.htm
        http://parfumdelivres.niceboard.com/portal.htm

Claire 1A BIB

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Published by pier - dans Nouvelle
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