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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 22:17
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Franz KAFKA

La colonie pénitentiaire et autres récits,
Gallimard,  1948,
rééd. Folio.

Biographie de Franz KAFKA.

    Franz KAFKA naît à Prague en 1883 (à l’époque de la domination austro-hongroise), dans une famille juive de la petite bourgeoisie : son père est commerçant. C’est un enfant solitaire marqué par une relation difficile avec son père comme en témoigne notamment la Lettre au père (1919).
        En 1901, il entame sans conviction des études de droit. Il y rencontre celui qui restera l’un de ses plus proches amis : Max BROD.
        A partir de 1907, il travaille dans une compagnie d’assurance mais il s’agit seulement d’un moyen de gagner sa vie. En effet, il considère ce travail bureaucratique comme abrutissant.
        Tout comme l’enfant qu’il était, c’est un homme très solitaire. Il ne connaît que peu de relations avec les femmes et celles-ci restent difficiles. Il n’a que peu d’amis dont Max BROD.
        La littérature est sa seule passion même si c’est un écrivain torturé qui souffre quand il n’écrit pas mais souffre également  lorsqu’il écrit car rien de ce qu’il produit ne lui apporte de satisfaction.
        Il meurt en 1924 de la tuberculose dans un sanatorium près de Vienne. Il souffrait probablement aussi de dépression et de phobie sociale, même si cela n’a jamais été diagnostiqué à l’époque.
        Il ne publie que peu d’œuvres de son vivant et restera méconnu jusqu’à ce que Max BROD, chargé par KAFKA de détruire ses œuvres après sa mort, préfère les publier, conscient de leurs qualités littéraires. Après une période d’oubli lors de la domination nazie, il est redécouvert et considéré depuis comme l’un des auteurs majeurs d’avant-garde du XX° siècle.
        Toute son œuvre est marquée par un sentiment de solitude, d’angoisse et de culpabilité, ses héros sont souvent écrasés par une « autorité supérieure », machine judiciaire ou administrative, figure du père, qu’ils tentent en vain de comprendre et de combattre.

Composition du recueil.

Recueil paru en 1948 aux éditions Gallimard, collection Folio.
Ce recueil est composé de 3 parties :
La colonie pénitentiaire (1919) ;
Un champion de jeûne (recueil déjà publié indépendamment en 1924) :
Premier chagrin (1921),
Une petite femme (1923),
Un champion de jeûne (1922),
Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris (1924) ;
et 2 nouvelles inachevées : Le terrier (1923), La taupe géante (sd).

Présentation des nouvelles :

        Premier chagrin nous raconte l’histoire d’un trapéziste obsédé par la perfection de son art qui décide de passer le reste de sa vie seul sur son trapèze afin de s’exercer et d’atteindre la perfection.
        Une petite femme nous narre la relation impossible entre un homme et une femme. Cette dernière éprouve une haine viscérale pour cet homme qui ne peut rien y faire. Il en souffre mais finit par décider que ce n’est pas sa faute et que cela ne doit pas l’empêcher de vivre.
        Un champion de jeûne s’appuie sur un phénomène de foire imaginaire : des hommes qui cessent de manger afin de distraire le public. Mais ce phénomène finit par tomber en désuétude. Un de ces champions se fait embaucher par un cirque et finit par tomber dans l’oubli. Comme le trapéziste, il est lui aussi obsédé par la perfection de ce qu’il fait.
        Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris ; dans cette nouvelle, le narrateur est une souris. Joséphine incarne l’espoir de son peuple, mais le narrateur ne peut s’empêcher de se demander en quoi ce chant se démarque des autres puisque de toute façon, plus personne ne se souviendra d’elle après sa mort.
        Le terrier est un récit inachevé dans lequel le narrateur, un animal de la forêt qui vit dans un terrier, est obsédé par la sécurité de son habitation et finit par sombrer dans une folie paranoïaque.
        La taupe géante est également un récit inachevé. Il nous raconte l’histoire d’un instituteur qui découvre une taupe géante mais personne ne le prend au sérieux. Un jeune homme cherche à l’aider mais le professeur pense que ce dernier cherche à lui voler sa découverte.

La colonie pénitentiaire

        Un voyageur anonyme se rend sur une île pénitentiaire. Invité à assister à une exécution, il découvre non seulement qu’elle est totalement arbitraire - un homme est condamné sans jugement  pour « manque de respect à un supérieur » - mais il découvre également la machine qui va le tuer. Cette machine grave dans la chair du condamné la sentence jusqu'à ce que mort s’ensuive.
        Vu que le nouveau commandant de l’île n’aime pas cette machine et aimerait s’en débarrasser, l’officier qui s’en occupe demande à au voyageur de convaincre le commandant du bien-fondé de cette machine. En effet l’officier considère que cette machine est la perfection de ce que l’esprit de l’homme pouvait concevoir en terme de machine à tuer.
        On peut considérer cette nouvelle, écrite en 1914, comme une vision prophétique des systèmes totalitaires qui ravageront le XXe siècle en URSS, en Allemagne ou ailleurs.On peut aussi y voir  la figure kafkaïenne
récurrente de l’ « autorité supérieure » qui écrase nombre de ses héros. Mais on peut encore y voir une certaine figure de l’écrit qui serait assujetti à l’autorité, comme cette machine qui n’écrit que ce qu’on lui ordonne d’écrire.
    Il est également intéressant de noter que ce principe de graver la loi dans le corps est présent dans la religion juive, et que Kafka s’en est surement inspiré dans cette nouvelle, y intégrant une dimension personnelle de son rapport à la religion de sa famille et notamment à la figure du père.

Sources
Articles concernant Kafka sur Wikipédia et Encarta.

ACMT, 1ère année Bib.

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Published by pier - dans Nouvelle
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