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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 18:38
Chitra Banerjee DIVAKARUNI maitressedesepices-copie-1.jpg
La Maîtresse des Épices, 1997,
traduction de Marie-Odile Probst,
Picquier, 1999,
2002 pour l'édition de poche,
349 pages.


Biographie :

    Chitra Banerjee Divakaruni est indo-américaine. Elle est née en 1956 à Calcutta, capitale de l’Etat indien du Bengale-occidental. Elle a étudié dans les universités de Calcutta et de Californie.
    Elle est professeur de littérature. Elle a reçu de nombreux prix littéraires comme le Memorial Award et le Writing Award.

Bibliographie :

Elle a écrit des romans, de la poésie et des nouvelles dont :
-La liane du désir
-Les erreurs inconnues de nos vies
-Mariage arrangé
-La maîtresse des épices
-Ma soeur, mon amour
 Ses livres sont édités chez 10/18, Plon et Picquier

L’histoire :

        Tilo, le personnage principal est une maîtressse des épices. Mais pour devenir maîtresse il lui a fallu être initiée. Ainsi, c’est sur une île paisible et secrète d’Inde que Tilo va recevoir un enseignement. C’est la Première mère, mère de toutes les maîtresses d’épices qui lui transmettra son savoir ainsi que le don de faire chanter les épices et de guérir les personnes dans le besoin.
        Ainsi lorsque Tilo finit son apprentissage sur l’île, elle est téléportée dans une épicerie du quartier d’immigrés d’Oakland en Californie. C’est sous un corps d’emprunt, celui d’une vieille femme, que Tilo apparaît dans cette nouvelle vie. C’est une sorte de mission où elle vient en aide à ceux qui comme elle ont quitté la terre-mère : l’Inde pour un nouveau monde : l’Amérique. Elle agit en faveur de ceux qui viennent à elle, elle les assiste sur le chemin de leurs vrais désirs, s’emploie à redresser secrètement et humblement l’équilibre de leurs humeurs, maux de corps et de l’âme et les protège des forces du mal qui les dépassent.
        Il est impossible de donner un âge à Tilo ; certes elle apparaît aux autres personnages comme une vieille femme, mais le lecteur quant à lui voit à travers ses yeux de jeune fille où brille l’amour, l’excitation de la découverte de sa nouvelle vie en Amérique. C’est son côté un peu rebelle qui lui donnera envie d’outrepasser ses fonctions de maîtresse des épices et d’enfreindre les règles qui lui sont imposées par la Première mère.
        Ainsi il est interdit à une maitresse des épices de sortir de sa boutique, elle ne doit en aucun cas se regarder dans un miroir, elle doit rester chaste, elle ne doit pas toucher la peau, le corps de l’autre pour ne pas mélanger les énergies ni prendre le risque de se laisser contaminer par l’émotion et surtout ne pas tomber dans la suprême confusion amoureuse car dépenser sa précieuse énergie dans des ébats érotiques lui ferait oublier ses devoirs de servante.
        Pourtant, Tilo va transgresser les interdits un à un mettant en danger le pouvoir qu’elle a sur les épices. Car son pouvoir sur les épices diminue à chaque règle transgressée.
         Lorsqu’un client entre dans l’épicerie, Tilo le laisse vagabonder dans les rayons, puis s’approche discrètement. Sans le toucher ni lui parler elle comprend le  pourquoi de sa venue, découvre sa faiblesse, ses maux et tâche de découvrir l’épice–racine capable de guérir et de restaurer l’équilibre du corps et de l’âme. Une épice spécifique convient à chacun et à chaque situation.
        Les clients qui entrent dans sa boutique, entrent également dans sa vie et c’est avec dévotion qu’elle tentera de résoudre les problèmes de chacun.
        Chaque chapitre porte le nom d’une épice ayant une vertu spécifique.
        Tilo par son écoute met ses clients en confiance, les dirige dans une petite salle à part de son épicerie où hommes et femmes un à un  pourront librement s’exprimer et dévoiler leurs secrets et leurs craintes. C’est dans ce cadre que Tilo écoutera Lalitâ épouse violée par son mari et tentera par la magie des épices et des incantations de calmer la violence de ce mari et d’adoucir la vie de cette femme indienne prisonnière des traditions, qui n’ose pleurer sa douleur et faire appliquer ses droits. Ainsi Lalitâ viendra plusieurs fois pousser la porte de la boutique de Tilo, elle suivra les conseils de la vieille femme et s’enfuira de chez elle pour trouver refuge dans un centre pour femmes battues ; c’est là-bas qu’elle commencera doucement sa nouvelle vie.
       Un jour un homme entre dans l’épicerie de Tilo, il lui parle et elle comprend que ce dernier voit au-delà des apparences ; ce n’est pas une vieille femme qu’il voit mais celle qu’elle est sous ce corps d’emprunt ; elle ressent pour la première fois une faillle en elle, cet homme ne lui est en aucun cas indifférent. Elle tente à plusieurs reprises de refouler ses sentiments, puis cède petit à petit à la tentation. Elle se doit d’accomplir sa mission de maîtresse des épices et pourtant elle enfreint une règle de plus en acceptant son invitation.
        Tilo a enfreint trop de règles et c’est pourquoi elle ne mérite plus d’être maîtresse des épices, elle doit quitter l’Amérique et retourner auprès de la première mère qui lui annoncera sa punition. Sachant cela, Tilo comprend qu’elle ne pourra plus revoir l’Américain et décide d’enfreindre la dernière et la plus sacrée des règles.
Tilo se dirige vers une étagère de son épicerie où trône la makaradwaj, reine des épices. La makaradwaj est la plus puissante des épices de la transformation.
Tilo fait appel à cette épice pour transformer son apparence et apparaître sous la forme d’une déesse, au sens où sa beauté sera sans comparaison possible. C’est sous ce jour nouveau que Tilo souhaite se montrer à L’Américain pour leur dernière nuit et son dernier jour pour elle sur cette terre.

      La maîtresse des épices est certes un roman qui s’inscrit pleinement dans le réalisme magique, mais il s’agit également d’une immersion totale dans le quotidien des immigrés indiens en Amérique. Ainsi, tout au long du roman le lecteur est bercé par les coutumes et traditions de ces immigrés. Cette imprégnation de la culture indienne est accentuée par la présence de mots de langues indiennes diverses tels que le bengali, l’urdû…qui sont expliqués dans un répertoire en fin d’ouvrage.
        Le lecteur est plongé dans la vie quotidienne de ces immigrés indiens qui doivent faire face à la complexité que représente le choc des cultures. Ce dernier est d’autant plus visible à travers l’histoire de Geeta, une jeune indienne qui désire épouser un Mexicain alors que ses parents s’opposent à ce mariage contraire à leur tradition.

        Pour conclure, c’est un roman que j’ai apprécié car le réalisme magique y est subtilement amené à travers le personnage de Tilo, cette maîtresse des épices à la fois un peu sorcière, un peu gourou mais finalement pleinement humaine. Cette humanité transparaît lorsque Tilo grâce à son pouvoir sur les épices, vient en aide aux plus faibles. C’est un roman qui nous ouvre sur le monde indien et sur la magie qui l’entoure au quotidien.

Marion, 2ème année Ed.-Lib.

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