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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 21:02
annulaire-copie-2.jpg
OGAWA
Yoko 
L’Annulaire
Titre original : Kusuriyubi no hyohon, 1994.
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud, 1999
96 pages

L’Annulaire est le septième roman de Yoko Ogawa.

    La narratrice, une jeune femme dont on ne connaîtra jamais le nom, travaille dans une usine de boissons gazeuses jusqu’au jour où un accident survient : elle se fait amputer d’un morceau de doigt (d’annulaire) par une machine à soda. Obsédée par la question de savoir ce qu’est devenu ce morceau d’elle-même, elle quitte cet emploi et erre en ville pour en trouver un autre, où elle sera sûre de ne pas trouver de boissons gazeuses, qui lui rappelleraient ce souvenir douloureux.
    Elle arrive alors devant un immeuble délabré où se trouve une vieille affichette « Recherchons employée de bureau ». Sans grande conviction elle entre pour demander la place et est tout de suite embauchée par monsieur Deshimaru. Monsieur Deshimaru est taxidermiste, mais ce n’est pas un taxidermiste comme les autres. En effet, il naturalise des souvenirs, des objets, des douleurs, des« spécimens » comme il les appelle. Aucune publicité n’est faite autour de ce laboratoire, les clients viennent quand ils en ont besoin et trouvent d’eux-mêmes le chemin. « - Alors, à quoi servent ces spécimens ? – Il est difficile de leur trouver un but commun. Les raisons qui poussent à souhaiter un spécimen sont différentes pour chacun. Il s’agit d’un problème personnel. Cela n’a rien à voir avec la politique, la science, l’économie ou l’art. En préparant ces spécimens, nous apportons une réponse à ces problèmes personnels ». Le laboratoire est une sorte de musée des douleurs et des souvenirs, les clients peuvent revenir voir leur spécimen quand ils le souhaitent, mais, apaisés, ils reviennent rarement.
        La narratrice va trouver sa place dans ce laboratoire étrange, ancien pensionnat de jeunes filles ou vivent encore deux d’entres elles, et un lien fort va se créer entre elle et le taxidermiste. Ce lien va être symbolisé par une paire de chaussures qu’il va lui offrir. Celles-ci vont s’emparer de la jeune fille, malgré les avertissements d’un cireur de chaussures, venant faire naturaliser les os d’un moineau de Java : « Ca fait presque peur à voir. Il n’y a pas assez de décalage. Ne voyez-vous pas qu’il n’y a pratiquement pas d’intervalle entre votre pied et votre chaussure ? C’est la preuve qu’elles sont en train de prendre possession de vos pieds. […] Vous feriez mieux de ne pas les porter plus d’une fois par semaine. Sinon, Mademoiselle, vous risquez de perdre vos pieds ».
Ce lien intense, va donner à la jeune fille l’idée et l’envie de naturaliser son spécimen, son annulaire, et elle va se laisser aller dans toute l’étrangeté de ce laboratoire.

    De mon point de vue ce récit très court est très agréable à lire, l’auteur nous entraîne dans un univers qui devient rapidement le nôtre. Et, qui sait si, au détour d’une ruelle, chacun d’entre nous ne tombera  pas un jour sur cette étrange bâtisse ?

Maëla, 2ème Année Ed-Lib

 

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