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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 17:21
voixdeleau2.jpg
Kiyoko Murata,
La voix de l’eau (1977) suivi de Le parc en haut de la montagne (1982),
Titres originaux :
Suichu no koe suivi de Sancho koen,
Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle,
Actes Sud, 2005,

1. Quelques éléments biographiques

    voixde-leau1.jpgMurata Kiyoko, née en 1945 à Yahata, au nord de l’île de Kyushu, est surtout connue pour être l’auteur de Nabe No Naka, adapté en film par Kurosawa Akira sous le titre de « Rhapsodie en août », mais il n’est pas encore paru en France.
La voix de l’eau est le titre d’un petit ouvrage de 92 pages qui contient en fait 2 récits :
- La voix de l’eau qui reçut le Prix du Festival des arts de Kyushu en 1975
- Le parc en haut de la montagne.
   
Point commun : la disparition d’un enfant. Le premier récit est situé après la nouvelle de la mort qui est annoncée dès le début. Le second récit témoigne de l’angoisse des parents pendant les recherches de leur enfant disparu.

2. Résumé

    L’histoire commence directement par l’annonce de la mort accidentelle d’une petite fille de 4 ans. Deux mois plus tard, la mère, Shoko, est contactée par une association, l’Union nationale pour la protection des enfants, qui informe les parents des dangers présents partout pour les enfants, mais qui guette également les enfants au quotidien : risque de chute depuis une fenêtre, risque de se faire écraser… Shoko va faire preuve d’un militantisme zélé qui ira au-delà de la simple distribution de tracts…

3. Les personnages

    Au tout début, tout le monde est anonyme : on nous cite « une petite fille », le « père », la « mère », des « lycéens », des « policiers », des « badauds »… mais jamais on ne nous dit de prénoms. Les personnes existent quand le deuil de la mort de la fille commence, quand la mère commence à ranger ses affaires.

- Shoko Yoshikawa : la mère. Elle souffre beaucoup de la mort de sa fille et a beaucoup de mal à s’en remettre. En s’engageant dans une association qui lutte contre les accidents domestiques ou autres qui ont des enfants pour victimes, elle pense d’abord que cela lui fera passer le temps, qu’elle verra un monde nouveau que celui dans lequel elle s’est enfermée. Avec le temps, elle sera plus audacieuse, sa confiance en elle va revenir. En réalité, elle va devenir complètement excessive dans ses actions, simplement parce que sa fille est encore trop présente à son esprit. Elle finira par être renvoyée de son association.

- Keizo : le mari et donc le père de l’enfant. Il est présent au début de l’histoire, il va d’ailleurs « pousser » Shoko à entrer dans l’association. Il n’existe plus ensuite, puis réapparaît à la fin de l’histoire. C’est comme si l’association avait remplacé son mari.

- Mariko : il s’agit de la petite fille disparue. Son prénom est cité au moment où sa mère surveille des garçons qui mettent leur vie en danger sur des vélos. Ce souvenir montre une douleur toujours présente.

- le président de l’association : ancien directeur d’école primaire. Il créé l’association après avoir perdu ses deux petits enfants en même temps dans un accident de la circulation. Les femmes membres (une quarantaine) de l’association le considèrent avec grand respect et le voient comme un homme assez chic et pourtant Shoko trouve qu’il dégage une désagréable sensation d’oppression. Il est décrit comme « un vieil homme aux cheveux blancs » mais il a apparemment un fort charisme qui touche tout le monde lors de ses discours.

- Keiko Kojima : une femme très menue, membre du comité, que l’on peut considérer comme le bras droit du président. C’est elle qui a l’idée de distribuer des tracts dans tous les appartements des cités pour prévenir des dangers quotidiens. Elle va travailler en duo avec Shoko au début pour lui montrer le travail de l’association et pour lui faire prendre confiance. A la fin de la formation de Shoko, elle lui décernera un diplôme qui la mettra au rang de « membre éclairé » de l’association.

- Nobue Miyajima : elle accompagne Shoko dans la mission qui leur a été attribuée pour l’été, « ramener dans le bon chemin les enfants s’amusant à vélo dans les rues des quartiers où la circulation était importante ». Pendant ce temps, une trentaine de membres surveillent les stations balnéaires.

- Les 3 garçons : font des pyramides sur leur vélo. Manipulateurs, ils disent toujours qu’ils sont d’accord et qu’ils comprennent les remontrances de Shoko mais recommencent leur jeu dans la minute qui suit. « Ils étaient d’une race qui tutoyait la mort ». A force de narguer Shoko, elle devient folle et se met à leur donner des fessées, jusqu’à l’apparition d’énormes bleus.

    Les parents se plaignent de cet abus de pouvoir, mais pas ouvertement, et envoient également des lettres au président de l’association. Cependant, ils n’osent rien dire à Shoko, ils choisissent plutôt l’indifférence envers elle. Les enfants, au contraire, se mettent à la harceler moralement : elle trouve des lettres devant sa porte qui la comparent à un démon, à l’ennemi des enfants ; les enfants la suivent à chacune de ses sorties en poussant des cris, ils gravent le mot « démon » sur les murs… Cela pousse Shoko à ne plus sortir de chez elle pendant une semaine entière, d’autant plus que le nombre d’enfants la poursuivant augmente avec le temps.

    A la fin de l’été, Shoko est convoquée chez le président pour être virée pour cause de violence à l’égard des enfants. A travers ces enfants, elle voulait en fait retrouver sa fille, même si cela devait se faire dans la violence.

« […] Je ne peux plus donner la fessée à ma petite fille, et je ne peux pas me retourner vers les nombreux enfants de la cité. Je n’ai plus rien. »

Shoko rentre chez elle et la vie reprend son cours.

4. Les thèmes

- la disparition d’un enfant : thème central. Toute l’histoire commence avec ce drame.

- La douleur suite à la disparition : se note à travers le comportement excessif de Shoko et par la sobriété de l’écriture au début qui reflète l’incrédulité.

- La culpabilité : Shoko veut faire le bien autour d’elle malgré les gens. Elle veut à tout prix éviter de revivre le drame qu’elle a vécu en protégeant des enfants qui ne sont pas les siens et qu’elle traite pourtant comme tels, avec ses sanctions.

5. Les éléments magiques

Il n’y en a pas forcément. Tout se joue sur l’atmosphère que l’auteur veut dégager. 

- Par exemple lors du harcèlement des enfants, on a parfois l’impression que ce sont des êtres inaccessibles et mystérieux qui poursuivent Shoko.

- Lorsque Shoko rentre chez elle, on a également une impression bizarre. En effet, c’est comme si tout le temps où elle était dans l’association, le temps chez elle s’était arrêté. Elle rentre et il y a la saleté qui s’est accumulée certes, mais il y a toujours la vaisselle accumulée dans l’évier, comme si cela n’attendait qu’elle pour se faire. Mais on peut se demander où était le mari tout ce temps ?

- Le mari refait une brusque apparition en parlant d’un magnétophone qu’il a retrouvé alors que jamais on ne nous a parlé d’un magnétophone perdu.

- Le plus étrange se note dans les dernières lignes, à l’écoute d’une cassette. La voix de la petite fille a été enregistrée avant sa mort mais à son écoute, l’usure de la cassette donne l’impression que la fille nous parle. Les vibrations correspondent à une voix que l’on entend sous l’eau, comme si la jeune fille revivait à travers cette cassette audio.

6. Mon avis

Ce n’est pas une histoire qui va me marquer personnellement. Il n’y a pas beaucoup d’action et même si le début est bien écrit, on ressent bien la douleur à travers l’écriture de Kiyoko Murata, la fin est vraiment prévisible car inévitable, du fait que Shoko veuille faire le bien des gens malgré eux. Enfin, je trouve que la manière dont les enfants luttent contre Shoko pour qu’elle leur laisse faire leurs jeux périlleux n’est pas très bien rendue. Ce n’est pas désagréable à lire, d’autant plus que c’est un récit très court, mais je n’en garderai pas un souvenir mirobolant.

Stéphanie. 2A BIB-MED

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