Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 18:05
jardindanslile.jpg

Georges-Olivier CHATEAUREYNAUD

Le Jardin dans l’île

Zulma dilecta, 2004

167 pages

    Georges-Olivier Châteaureynaud, né à Paris en 1947, est nouvelliste et romancier. Lauréat du Prix Renaudot pour La Faculté des Songes, en 1982, il fait partie de ce jury depuis 1996. Georges-Olivier Châteaureynaud a aussi assuré un temps la Présidence de la Société des Gens de Lettres.

    Au travers de ses œuvres, Châteaureynaud mêle dans un style riche le réalisme au fantastique moderne et au domaine du rêve. Ainsi, l’auteur s’inscrit dans le courant connu sous le nom de réalisme magique. Il est par ailleurs traduit dans de nombreux pays.

    Citations de Georges Olivier CHATEAUREYNAUD :

« J’adore inventer des histoires, créer des personnages et les plonger dans des aventures bizarres » (paru sur le site internet d’Encres vives) ;

« J’avoue vivre pour une large part sur un mode imaginaire ».

 Bibliographie de l’auteur :

Les Messagers

Grasset, 1974

La Belle charbonnière (nouvelles)

Grasset, 1976

Mathieu Chain

Grasset, 1978

La Faculté des songes

Prix Renaudot 1982

Grasset, 1982

Le Congrès de fantomologie

Grasset, 1985

Le Kiosque et le tilleul (nouvelles)

Julliard, 1993

La Fortune

Castor Astral, 1994

Le Château de verre

Julliard, 1994

Les Ormeaux

Éditions du Rocher, 1996

Le Goût de l'ombre (nouvelles)

Actes Sud, 1997

Les Messagers

Actes Sud, 1997

Le Héros blessé aux bras (nouvelles)

Actes Sud, 1999

Le Démon à la crécelle

Grasset, 1999

La Conquête du Pérou (récit)

Grasset, 1999

Civils de plomb

Éditions du Rocher, 1996

Le Jardin dans l'île (nouvelles)

Zulma 2004

Les Amants sous verre

Le Verger, 2002

Au fond du paradis

Grasset, 2003

L'Ange et les démons

Grasset, 2004

 Les différentes nouvelles du recueil :

 * "La nuit des voltigeurs"

* "Histoire du pâle petit jeune homme"

* "Château Naguère"

* "Le courtier Delaunay"

 * "Le jardin dans l’île"

* "L’inhabitable"

* "Figure humaine"

* "L’enclos"

* "L’importun"

* "Zinzolins et nacarats"

 Analyse :

     Le jardin dans l’île est un recueil où les différentes nouvelles mêlent le réel et le fantastique. Le ton est donné dès « La nuit des voltigeurs », où deux époques alternent : le XIXème et le XXème siècle, avec tout ce que cela implique (habits différents, moyens de locomotion…). Comme souvent dans les nouvelles, il y une intrusion du surnaturel, du fantastique, dans une situation ancrée dans la réalité. Dans cette même nouvelle, un homme voit sa vie bouleversée par une femme, dont il tombe amoureux. Pour qu’ils puissent se voir, celle-ci l’oblige à porter un foulard sur ses yeux. Mais un jour, ce dernier décide de l’enlever, et ce qu’il découvre n’a rien de naturel, puisqu’il se trouve projeté au siècle précédent.

    Les personnages principaux sont des hommes, a priori normaux, avec un métier banal, (chauffeur personnel dans « Château Naguère » ; antiquaire dans « Le courtier Delaunay »).  Ce sont par ailleurs des personnages souvent tourmentés : un protagoniste défiguré (« Figure humaine »), que sa femme a quitté ; un homme persécuté par un être étrange (« L’importun ») ; et un jeune homme timide qui n’a plus de parents, qui cherchent du réconfort et, semble-t-il, de l’affection auprès d’un couple de retraités (« l’Enclos »). Parfois, au cours du recueil, ces hommes se retrouvent face à des femmes, qui leur font perdre la tête et agir de façon stupide. C’est le cas dès la première nouvelle (« La nuit des voltigeurs ») où Antonina agit de façon étrange, pour protéger son secret. Elle est donc un élément à part entière du surnaturel, présent dans l’univers de Chateaureynaud. Plus loin, c’est une artiste peintre qui fera perdre la tête à un homme dans la nouvelle « Le jardin dans l’île ». Enfin, dans « Figure humaine », c’est carrément un groupe de femmes qui va envoûter un homme. Leur rencontre restera cependant très mystérieuse, avec une situation finale étrange, puisque ces demoiselles disparaissent.

    Toutes ces histoires se déroulent au XXème siècle, presque, semble-t-il, au moment où l’auteur écrit ces nouvelles. Cependant, une nouvelle détonne dans ce recueil. Il s’agit de la dernière, intitulée « Zinzolins et nacarats ». Effectivement, celle-ci se déroule dans un monde imaginaire, ce qui colle parfaitement à l’univers de CHATEAUREYNAUD. Cependant, il n’y a pas d’élément déclencheur comme on peut en trouver dans le reste du recueil. Il s’agit simplement de décrire une société dominée par un empereur tyrannique, appelé Anton. Une punition horrible sera infligée à certains protagonistes (à savoir, rester enfermés à vie dans une forteresse, dominée par des geôliers tout puissants), mais il n’y a pas d’irruption du fantastique dans le réel. Cette dernière nouvelle du recueil est toutefois agréable et rompt avec une monotonie que certains pourraient trouver.

    De plus, élément récurrent, les issues sont tragiques, voire, dans certains cas, fatales. C’est le cas dans « La nuit des voltigeurs », « Histoire du pâle petit jeune homme » et « Zinzolins et nacarats ». Pour d’autres, il peut s’agir d’un simple chagrin, comme dans « Le jardin dans l’île » ou « Figure humaine ». Les personnages ne meurent pas, mais sont affectés par l’événement qui a changé leur vie. Par ailleurs, on peut considérer qu’une seule histoire se termine bien, celle intitulée « L’enclos », puisque, même si ce n’est pas dit explicitement, la fin suggérée paraît heureuse. En effet, l’homme qui recherche de l’affection auprès d’un couple de retraités, va nouer des liens forts (peut être ceux qu’il désire, à savoir, des rapports parents/enfant) avec eux. Pour le reste des nouvelles, « Le courtier Delaunay », « L’inhabitable »,  « Château Naguère »,  « L’importun », l’auteur a fait en sorte que le lecteur reste perplexe, se pose des questions, quant à l’issue proposée.

 

     Résumé d’une nouvelle du recueil :

"Château Naguère"

Un chauffeur se met au service de madame Hermina Violente-Casarès, une femme mondaine venue de New-York. Cette dernière voudrait se rendre du côté de Bordeaux et refuse de prendre l’autoroute, préférant les petits chemins. En réalité, elle est à la recherche d’un vieux château (château Naguère), dans le Médoc, près de Bégadan. Une fois le château trouvé, ils retournent tous deux à Pauillac. Là, elle mande son chauffeur auprès d’un négociant en vin à Bordeaux, sur les Chartrons. Quelques jours plus tard, Mme Violente-Casarès désire goûter le vin.   Bien entendu, il s’agit de bouteilles du Château Naguère. Ce vin porte une histoire, liée à madame Hermina Violente-Casarès.

Mon avis :

J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil. En effet, toutes les nouvelles sont inattendues et agréables à lire. Chateaureynaud nous transporte dans son univers avec  une grande facilité.

Margaux, Ed. Lib 1ère année

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pier - dans Nouvelle
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives