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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 18:34
 
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Stefan ZWEIG
Vingt-quatre heures de la vie d’une femme
.
Traduit de l’allemand par Olivier BOURNAC et Alzir HELLA
Première publication en 1934
175 pages





L’auteur :

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            Stefan SWEIG est né à Vienne le 28 novembre 1881. Après avoir reçu de nombreux prix littéraires, il part se reposer au Brésil.
    En effet ZWEIG est juif et il est épuisé par la montée des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se donnera la mort au Brésil le 22 février 1942 et sa femme en fera de même ne pouvant supporter de survivre sans lui.
Il laissera une bouleversante lettre d’adieu à ses amis, empreinte de sa profonde tristesse, où l’on peut ressentir, mot près mot, son besoin d’en finir avec la vie.
Il est l’auteur, entre autres, de Amok, La Confusion des sentiments et Le Joueur d’échecs.
http://www.senat.fr/evenement/stefan_sweig.html
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L’œuvre :



          Le narrateur évoque dans quelles circonstances Madame Henriette, l’une des
clientes, s’est enfuie avec un jeune homme qui n’avait pourtant passé là qu’une journée. Tout juste la jeune femme a-t-elle laissé une lettre à son mari pour expliquer son acte. Un scandale éclate dans la pension et tout le monde est sous le choc de cette nouvelle. Il n’y a guère que le narrateur pour tenter de comprendre le comportement de cette jeune femme.
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        Mrs C…, une vieille dame anglaise, reste en retrait de la conversation, elle est pourtant un des personnages centraux de la nouvelle.
        Elle, va se confier au narrateur et lui raconter les vingt-quatre heures les plus mouvementées de sa vie. En effet les Vingt-quatre heures de la vie d’une femme sont celles de la vieille dame.
          Vingt-quatre ans plus tôt, Mrs C… a alors 42 ans et porte toujours le deuil de son mari décédé dix ans plus tôt. Elle erre dans un casino de Monte-Carlo, en souvenir de son mari elle se livre à un rituel et observe les mains des joueurs du casino. Après avoir parcouru du regard maintes tables, son regard se fixe sur des mains extraordinaires, par leur beauté mais aussi leur expression. Ces mains appartiennent à un jeune homme, il tremble, il est fiévreux et passionné par le jeu ; il agit de façon convulsive et mécanique et semble ne pas se rendre compte de tout ce qui se passe autour de lui. Seul le jeu importe à ses yeux. Mrs C… va l’observer et elle va le voir perdre jusqu’à son moindre sou. Puis le malheureux sort du casino visiblement décontenancé et Mrs C… le suit ; elle obéit à son instinct et va décider de sauver cet homme de sa détresse. Des sentiments commencent à naître en elle et il va lui confier avoir de gros problèmes d’addiction au jeu. L’homme est originaire de Nice et Mrs C… va lui prêter de l’argent pour qu’il rentre chez lui, loin de la tentation du casino de Monte-Carlo. Mais son addiction au jeu est trop forte et alors que Mrs C… croyait avoir perdu le jeune homme pour toujours, elle le retrouve par hasard au casino et il la reconnaît à peine tant il est maladivement passionné.

Analyse :

          La chute de la nouvelle est inattendue et bouleversante, cette femme aurait pu donner sa vie pour un étranger et il la trahit sans scrupules rongé jusqu’au plus profond de lui–même par la maladie.
    On pourrait interpréter cela de façon moralisatrice.
    Cette nouvelle traite des relations humaines, de la passion et de l’amour. Le lecteur se sent en immersion totale dans la vie de Mrs C… ; il est presque indiscret de se glisser ainsi au milieu de ses sentiments et de ses pensées mais c’est aussi ce qui fait l’originalité de ce récit.
    Cet ouvrage est une nouvelle écrite du point de vue interne. Le lecteur suit le récit du point de vue d’un seul personnage (on peut penser qu’il s’agit de l’auteur lui-même),il est donc rédigé à la première personne du singulier.
De nombreuses figures de styles sont employées par l’auteur pour détailler les situations. En effet la précision avec laquelle Zweig détaille les scènes est impressionnante, le lecteur a le net sentiment d’être figurant et de vivre la situation avec les personnages. Les descriptions époustouflantes de l’auteur font que ce livre se lit rapidement tant le récit est prenant. Cette écriture particulièrement poétique a la faculté de faire rêver le lecteur et de lui donner envie de lire encore et encore afin d’en savoir plus.

Conclusion :

    Cette nouvelle est avant tout le récit d’une passion, de la passion amoureuse et de la passion du jeu. Zweig pensait qu’on ne pouvait pas vivre sans passion et il nous le démontre fort bien dans cet ouvrage. On retrouve cette passion pour le jeu dans Le joueur d’échecs. Cette passion est quasi obsessionnelle pour l’auteur doté d’une sensibilité à fleur de peau. L'écrivain russe Maxime Gorki (1868-1936) écrivit qu'il "n'avait jamais rien lu de plus profond"  .

Charlotte, 1ère année Ed.-Lib.

   

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Published by pier - dans Nouvelle
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