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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 21:20
MURAKAMI Harukikafka-sur-le-rivage-copie-1.jpg
Kafka sur le rivage, 2003
Traduction de Corinne Atlan,
Belfond, 2006,
réédition 10/18
637 pages




Biographie de l’auteur :

    Murakami
Haruki est né en 1949 à Kôbe au Japon. Il a étudié la tragédie grecque et voulait travailler dans l’industrie du cinéma en tant que scénariste. Mais renonça à cette ambition lorsqu’il s’aperçut qu’il n’avait rien à écrire. Il fut responsable, pendant 8 ans, d’un bar de jazz à Tokyo qu’il nomma le Peter Cat. Murakami est un passionné de chats et ceux-ci ont toujours une place importante dans ses romans.   Puis il part vivre aux USA et enseigne la littérature japonaise à Princeton. Il repart vivre à Kobe en 1995 après le tremblement de terre.
Murakami continue d’écrire et publie plusieurs romans (8 entre 1979 et 1995). Il est également traducteur d’écrivains anglo-saxons comme Scott Fitzgerald, Jonh Irving, Raymond Couver.
    Le style d’écriture de Murakami mêle
le fantastique au quotidien  sans que jamais la frontière entre les deux univers soit visible ; ses textes sont « […] ancrés dans une quotidienneté qui subtilement sort des rails de la normalité. » Murakami utilise beaucoup le procédé du « lien » avec lequel il entremêle les histoires des différents personnages de ses romans de même que les événements qui s’y déroulent.  Il aime analyser l’âme humaine, l’intimité des personnages de façon à ce que le lecteur s’identifie à eux. Murakami a reçu le titre de docteur Honoris Causa de l’Université de Liège le 18 Septembre 2004.

    Dès le début le roman s’axe sur deux histoires bien distinctes.
 
    La première et principale : celle de Kafka Tamura, qui quitte le foyer familial le jour de ses 15 ans suite à une prédiction faite par son père.

    La seconde : celle de Nakata vieil homme illettré qui a la capacité de parler aux chats.

    Cet ouvrage est rythmé par la prédiction oedipienne énoncée par le père de Kafka Tamura : un jour, tu tueras ton père de tes propres mains, et tu coucheras avec ta mère et ta sœur. Kafka Tamura vit seulement avec son père, sa mère s’est enfuie avec sa sœur quand il avait quatre ans. Il quitte donc le foyer familial pour que cette prédiction ne se réalise pas. Accompagné du Garçon nommé Corbeau que l’on peut penser être sa conscience il va traverser tout le Japon afin de s’éloigner le plus possible de son père. Il fera diverses rencontres, finira son voyage dans une bibliothèque privée, fera des rencontres bien singulières comme celle d'une jeune fille qui pourrait être sa sœur ou la fantôme de la directrice de la bibliothèque pour qui il travaille et qui pourrait être sa mère  et au final comprendra que quoi qu’il fasse et où qu’il soit il ne peut échapper à cette prédiction. Murakami emploie de nombreuses métaphores pour évoquer cette prédiction. Il laisse deviner au lecteur de nombreuses choses.

    « Citons simplement l’interprétation de Robert Ranke Graves, auteur des Mythes grecs (1958), qui y voit le reflet d’une ancienne tradition selon laquelle le vieux roi d’une cité était tué puis remplacé par un homme plus jeune »
    On peut identifier dans ce cas-là Œdipe à Kafka car il pourrait souhaiter se débarrasser de son père qu’il hait afin de pouvoir découvrir sa véritable identité et prendre la place qu’il lui revient dans sa famille.

     « Freud, de son côté, place l’histoire d’Œdipe au cœur de la psychanalyse, en créant le concept du « complexe d’Œdipe », qui désigne le désir amoureux ou sexuel qu’un enfant conçoit pour le parent du sexe opposé, et son hostilité pour le parent du même sexe que lui. » C’est exactement le cas de Kafka qui déteste ce père qui lui a gâché la vie en lui faisant cette terrible prédiction et qui souhaiterait aimer et recevoir l’amour de cette mère et de cette sœur qu’il ne connaît pas.

    En ce qui concerne Nakata, il va se retrouver embarqué dans cette histoire bien malgré lui et accepter de mener la mission qui lui est confiée. Tout a commencé alors qu’il exécutait son travail : retrouver un chat perdu. Il va ainsi rencontrer un tueur de chat, qui veut fabriquer des flûtes avec leurs âmes, il fera pleuvoir des maquereaux et des sangsues et devra partir pour retrouver la pierre de l’entrée cachée quelque part dans le Japon tout en ne sachant pas vraiment ce qu’il doit faire. Grâce à ce mélange de magie et de réel, Murakami parvient à faire ressortir le côté exceptionnel de personnages qui n’ont rien de particulier.
    Nakata qui est simple d’esprit est chargé de cette « quête » qui est très importante et qu'il mettra toute son ardeur à réaliser.
    Oshino, un jeune routier qui ne s’intéresse qu’à l’alcool et aux filles, restera aux côtés de Nakata pour l’aider à accomplir sa mission, se surprendra à apprécier la musique classique ou les livres retraçant la vie de Mozart et aura un grand rôle à jouer dans l’issue de cette quête.

    Au final même si elle n’est citée que très peu de fois c’est la prédiction qui est le noyau du roman et qui guide les personnages dans leurs aventures. Le fantastique est mêlé subtilement au réalisme si bien qu’on ne sait jamais ce qui relève du magique et ce qui ne l’est pas. C’est qui fait la force et le charme de ce roman.

Marion, A.S. Ed.-Lib.

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