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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 21:02

Jorn RIEL,
Un gros bobard et autres racontars, 1986,
traduit du danois par
Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet,
éd. Gaïa, 1999
rééd. collection 10/18, n°3368






Lien : les éditions Gaïa

   JORNRIEL.jpg "Les Racontars arctiques", écrits par Jorn Riel lors de son voyage au Groenland pendant seize ans, nous font voyager dans le grand nord, le froid, le dur labeur des chasseurs mais aussi des histoires, ou plutôt des racontars... Un bon feu qui crépite, quelques réserves de bière et d'eau-de-vie nous emmènent dans des histoires authentiques remplies d'humour et de situations cocasses, où la morale s'approprie la fin et où les personnages entre deux gorgées racontent leurs expériences d'un air de vérité absolue.
 
I. L'unité
Dans ce livre, Riel, sous la forme de nouvelles que l'on pourrait renommer anecdotes, nous livre les trésors de la vie de ces chasseurs exilés de la population, vivant dans le froid et dont le passe-temps préféré (après la boisson) est de se raconter des histoires dites vécues. Chacun aux yeux des autres souhaite se démarquer par une aventure unique. Ce thème récurrent fait la prix des personnages et crée un attachement envers eux. Le lieutenant Hansen, militaire et sûr de lui, Bjorken, le philosophe rusé de la banquise et Lasselille, jeune ingénu peuplent entre autres ces racontars.
L'unité de lieu - l'action est souvent confinée dans les chalets -  crée une atmosphère unique en son genre et peut amener à la nostalgie de l'enfance lorsqu'un personne chère racontait un conte ou une histoire... Il s'agit pourtant d'adultes, les récits ont donc des thèmes bien différents, mais l'ambiance y est bon enfant.
    De même la tonalité employée par l'auteur est conforme à l'atmosphère : un humour fin et franchement drôle dans les périples évoqués par ces hommes bourrus.
    Chacune des nouvelles commence par une petite phrase d'accroche : "...ou la morale est sauve, mais de justesse" ; "...ou l'alter-ego de Valfred" ; "...ou olsen illustre le vieil adage 'chasse le naturel, il revient au galop'"... ces formules brèves viennent se placer après le titre comme un complément de celui-ci.
Le recueil est dans l'ensemble du même ton ce qui rend l'affection pour les personnages plus forte.
 
II. 'Le gigolo'
    'Le gigolo' est la première nouvelle du recueil. L'une des définitions que l'on peut trouver du gigolo est : "Jeune homme élégant, à l'allure douteuse, aux moyens d'existence suspects" ce qui illustre assez bien cette histoire...
    Tout commence lors de l'anniversaire du lieutenant Hansen qui fête ses 40 ans. Dehors la tempête fait rage, il y a assez de provisions d'alcool et l'heure des racontars arrive... "Comme d'ordinaire lors des longues tempêtes en Arctique, on passe le temps en discutailles".
    Après avoir épuisé le répertoire classique, les anciens racontent aux plus jeunes des histoires enfouies. Bjorken, sait ménager ses effets et se lance dans celle du gigolo. Le jeune homme en question arrive au Groenland selon des dires qui évoquent la présence de jeunes et jolies femmes. Malheureusement pour lui, il se retrouve dans une partie du pays dont la seule population est celle des chasseurs et des chiens de traîneaux... Déception très grande pour lui qui se voit contraint de suivre les autres hommes. Cependant la déprime le prend, il est en manque, il faut bien dire ce qui est : "Et comme son besoin était plus grand que ceux du commun des mortels, vous comprenez son désespoir quand, le matin, il se réveillait dans une cabane froide, la cuisinière éteinte, la barrique d'eau gelée à coeur, des glaçons dans la moustache et avec des bijoux de famille tellement petits qu'il lui fallait chercher plusieurs fois avant de pouvoir pisser."
    L'ensemble de la communauté se prend d'affection pour les malheurs du jeune homme qui à défaut envisageait de devenir zoophile... Au fur et à mesure, le désespoir grandit chez lui et le narrateur, Bjorken, qui le prend en pitié, l'emmène dans les régions plus peuplées afin qu'il se libère des contraintes liées à la solitude dans le grand nord.
    Cependant, à la saison à laquelle ils partent, la neige commence à fondre. Périlleusement mais courageusement, la troupe continue d'avancer... "Là, nous nous sommes trouvés devant une large passe d'eau libre d'une côte à l'autre, et comme les montagnes tout autour étaient trop hautes pour que nous les franchissions, nous avons été bloqués. Nous voilà au beau milieu d'un large fjord, avec cent mètres d'eau devant nous et un homme fou et malade sur le traîneau."...
 
Finalement, "la morale est sauve mais de justesse" !!
 
Conclusion : ce livre m'a plu énormément, et je le conseille à ceux qui aiment la lecture de détente, les histoires et passer de bons moments avec des amis !!
 
Marine, 1ère année bib-med

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Published by pier - dans Nouvelle
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