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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 22:03
zombies2.jpg
Bret
Easton Ellis,
Zombies, 1994
Titre original : The Informers
Traduit de l’américain par Bernard Willerval
Robert Laffont, 1996,
rééd. 10/18

 







Site officiel de Bret Easton Ellis

       Brève présentation de l’auteur : Né en 1964 à Los Angeles, Bret Easton se fait breteastonellis.jpgrapidement remarquer avec son premier roman Moins que zéro alors qu’il n’a que 21 ans. Il est notamment l’auteur des Lois de l’attraction, du scandaleux American Psycho, de Glamorama et plus récemment de Lunar Park. Chacun de ses romans nous transporte dans l’ Amérique des golden-boys, qu’il critique violemment par une écriture vive et cynique. Cette Amérique n’est donc pas épargnée dans Zombies son quatrième livre.
   
    13 nouvelles, 13 portraits d’une génération sans âme et qui se cherche. Bret Easton Ellis nous transporte comme à son habitude dans l’Amérique des années 80 qu’il dépeint ici sous son aspect le plus sinistre. Il décrit cet univers débordant de luxe et de frivolité, à travers des personnages jeunes, riches, tous beaux, blonds et bronzés dont l’existence se résume au sexe et à quelques lignes de coke. C’est avec humour et cynisme qu’Ellis nous dévoile cette galerie de personnages superficiels et inutiles, faisant l’amour, se droguant à outrance et ne sachant rien faire d’autre que cela.
    Chaque nouvelle est racontée par un narrateur différent, formant une sorte de cercle de personnages tous reliés entre eux par des liens familiaux ou simplement amicaux. Un personnage de second plan peut se retrouver en position de narrateur et de personnage central à n’importe quel moment dans le recueil : Le narrateur de la deuxième nouvelle ("Au point mort"), Tim, n’est autre que le fils du narrateur de la quatrième nouvelle ("Dans les Îles"), Bryan Métro, rock star fictive n’apparaît que dans des descriptions et se retrouve narrateur dans "A la découverte du Japon".
    Par son style cru et parfois vulgaire, Zombies constitue véritablement une critique virulente de cette société américaine dépravée et désertée de tout sentiment humain. Ils ne font rien, n’attendent rien de la vie, n’aiment rien ni personne. Ils ne vivent que de leurs abus et de leur manque de communication, qu‘ils soient père et fils ("Dans les îles") ou bien amants ("L’escalator qui monte"). 
    Dans cette chronique moderne, Ellis flirte avec le registre fantastique en faisant de ses personnages, automatisés et blasés des créatures d’outre-tombe, dépourvues de toute intériorité et réduites à l‘anonymat. En effet, le lecteur ignore complètement l’identité de chaque narrateur. Ni vivants, ni morts, ils deviennent à leur manière de véritables zombies, vendus au vide et pervertis par une société qui les enferme dans la superficialité.
    Zombies reflète véritablement le talent de Bret Easton Ellis qui parvient ici à nous entraîner dans un univers marqué par la perte voire l’absence totale de rapports humains. Il dresse le portrait de personnages perdus et qui s’autodétruisent. Ellis réussit à « écrire »  et à « décrire » le néant qui habite ses personnages qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes.
    Ce n’est pas tant l’aspect narratif du recueil qui tient en haleine le lecteur (à l’exception de "A la découverte du Japon" qui laisse planer un certain mystère sur le personnage de Bryan Métro) mais bel et bien cette plongée dans l’univers décadent de Bret Easton Ellis qui fait de Zombies un véritable procès contre l’opulence américaine.

Julie, 1ère année Ed.-Lib.


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Published by pier - dans Nouvelle
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