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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 22:48
voixdeleau.jpg
MURATA
Kiyoko,
La voix de l’eau (1977)
suivi de Le parc en haut de la montagne (1982),
Titres originaux :
Suichu no koe suivi de Sancho koen,
Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle,
Actes Sud, 2005

    voixde-leau1.jpg
    Kiyoko Murata est née en 1945 au nord de l’île japonaise de Kyushu, dans la ville de Yahata. C’est en 1975 qu’elle décide de se consacrer uniquement à la littérature après avoir reçu le prix du festival des arts pour La voix de l’eau.
    Elle est encore peu connue du lectorat français car c’est son premier ouvrage traduit, cependant un autre ouvrage est prévu à la parution : Nabe no naka. Ce dernier a dailleurs été adapté au cinéma par le célèbre réalisateur Akira Kurosawa sous le titre de Hachi-gatsu no kyôshikyoku (Rhapsodie en août).

    La voix de l’eau est un ouvrage contenant deux récits :
"La voix de l’eau" et "Le parc en haut de la montagne". Ces deux récits tournent autour d’un sujet commun : la disparition d’un enfant, mais chacun le traite d’une façon totalement différente.
    La voix de l’eau débute après la disparition d’une fillette."Un dimanche de beau temps pendant la saison des pluies, une petite fille de quatre ans s'est noyée dans un lac de retenue en pleine montagne, à trois kilomètres environ du grand ensemble où elle vivait." La mort accidentelle de Mariko est donc le début de cette courte histoire. Deux mois plus tard les parents sont contactés par « l’union nationale pour la protection des enfants » qui cherche à faire de la prévention sur les dangers de la vie quotidienne qui menacent les enfants. Cette  association recrute des bénévoles dans les familles touchées par ce drame. Le père refuse d’y adhérer mais Shoko, la mère, s’y abandonne totalement. Elle cherche par son militantisme à repousser sa douleur, à cesser de se sentir coupable de la perte de son enfant mais également à trouver un sens à sa vie dans l’aide qu’elle souhaite apporter aux gens malgré leur volonté. Cependant son attitude commence à faire peur dans le quartier au point qu'elle est appelée sorcière par les enfants qu’elle souhaite protéger. Trois enfants mènent le groupe qui la harcèle car elle a cherché à les empêcher de faire du vélo d’une façon trop dangereuse. Suite à son attitude, la femme est abandonnée par l’association : « je suis désolé, mais au 31 Août, vous serez rayée de la liste de membres de notre association ». C’est ce même 31 Août que les trois garçons sont renversés par un voiture et décèdent. C’est à la suite de cet accident que Shoko semblera vouloir se reprendre en main.
    Le réalisme magique dans ce récit est très peu présent ; quelques images ou quelques descriptions sont parfois presque irréelles, de plus l’association et ses membres semblent parfois n’exister que dans l’imaginaire de Shoko. Cependant c’est dans la dernière phrase que réside toute la magie de ce texte.

    "Le parc en haut de la montagne" débute sur le quotidien d’une station de montagne en été, puis la narration se recentre sur une petite fille de quatre ans qui fait un caprice. Sa mère, perdant patience, décide de marcher devant elle afin de lui montrer qu’elle en a assez et également pour que l’enfant se calme. Quelques instants plus tard, l’enfant est introuvable, elle semble s’être totalement volatilisée : "La femme, après le départ de son mari, resta plantée là, les yeux rivés sur le sol. Il n'y avait pourtant pas de traces à cet endroit. Si sa petite fille avait été brûlée par le soleil, sans doute y serait-il resté au moins une tache". Dans ce récit, la mère et le père cherchent leur fille, des recherches sont menées, mais le texte ne tourne pas seulement autour de leur histoire, de nombreux autres personnages sont présents et l’auteur met autant de soin à raconter leur journée. Dans ce récit la nature est très présente, presque oppressante, au point que le narrateur semble la rendre responsable de cette inexplicable disparition.

Ces deux histoires possèdent des signes extrêmment discrets de réalisme magique, mais elles se rapprochent également du watakushi-shôsetsu, style définissant des courtes histoires retransmettant les expériences marquantes de la vie de l’auteur comme par exemple dans une affaire personnelle de Oé Kenzaburô. Enfin la façon très asiatique de mettre beaucoup de pudeur dans l’expression des sentiments permet d’exprimer la douleur avec une plus grande force.

Anne, Ed.-Lib. 2ème année

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