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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 22:15

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Introduction :


Le lost race tale (roman de monde perdu) est un genre littéraire qui a rassemblé de nombreux auteurs fameux entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, avec des thèmes qui lui sont propres : la survivance de civilisations anciennes, d'hommes ou d'une faune préhistoriques, le monde souterrain et la terre creuse, l'Atlantide et les autres continents perdus. Le mélange de ces thèmes peut donner une source d’inspiration intarissable.


Le roman de monde perdu est emblématique des valeurs de son temps : il montrera tour à tour l’homme " civilisé " et conquérant, l’homme blanc destructeur de mondes qu’il n’a pas pris le temps de connaître, et enfin, dans l’entre-deux-guerres, la situation se retournera et les mondes perdus prendront, dans les romans, leur revanche sur l’occidental.


À l’origine du roman de monde perdu, on trouve le roman d’aventure, que l’on pense né en Angleterre pour quatre raisons : les premiers auteurs sont historiquement anglais (Marryat, Ballantyne, Kingston ou Kingsley), nous trouvons aussi des raisons quantitatives et qualitatives (Stevenson, Conrad, Rider Haggard, Conan Doyle), et enfin c’est en Angleterre qu’apparaissent les premières évolutions (espionnage, SF…).


L’exemple-type du roman d’aventure est L’île au trésor, de Stevenson, qui constitue en quelque sorte l’âge d’or du roman d’aventure.


La caractéristique du roman d’aventure est le dépaysement, qu’il soit temporel (aventures historiques), spatial (aventures géographiques), social (aventures policières ou mystères urbains), et enfin, le dépaysement le plus radical : le glissement vers le fantastique, avec l’intrusion dans un monde " réel " de logiques vraisemblables uniquement en fiction.


Il y a donc un lien entre le roman d’aventure et les romans fantastique ou de science-fiction, en raison de sa relation ambiguë avec le réel : un cadre réaliste puis l’intrusion d’un élément surnaturel pour le fantastique, ou le basculement du réel dans le danger et l’extraordinaire pour l’aventure, et dans ce dernier cas, un élément fantastique est le moyen le plus simple pour parvenir à ce basculement. De nombreuses œuvres d’aventure d’auteurs très différents sont liées au fantastique ou à la science-fiction, comme Le Monde Perdu de Conan Doyle, Les Mines du roi Salomon de Rider Haggard, la série des Tarzan de Rice Burroughs, certains récits de Verne… Beaucoup ont utilisé un élément fantastique comme ressort de leur récit. Ce jeu avec les codes des genres aventure, fantastique et science-fiction a ouvert la voie aux grands genres mixtes du XXe siècle.

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Comme l’explique Lauric Guillaud, étrangement, les romans de monde perdu sont longtemps passés inaperçus alors qu’il y a plus de 2000 ouvrages en langue anglaise, et quelques centaines en français, en italien et en russe. Pour certains c’était un épiphénomène de la colonisation (thème souvent repris, veine des romans de voyage…)


Les romans de monde perdu sont issus des " voyages extraordinaires ou imaginaires ", des mythologies (Avalon, le Royaume du prêtre Jean…)


Note : La figure du Prêtre Jean

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Au milieu du XIIe siècle, des rumeurs venues d'Orient font état d'un mystérieux royaume chrétien, celui du Prêtre Jean, que l'on ne savait vraiment situer, au-delà de la Perse et de l'Arménie, aux confins du monde, en Afrique ou en Inde, tant les données géopolitiques étaient confuses. Ces rumeurs prennent des proportions énormes, lorsque commencent à circuler différentes versions d'une lettre, adressée par le Prêtre Jean à différents monarques d'Europe, ou encore au pape, selon les versions. Cette fausse lettre, qui est probablement une gigantesque mystification, sera lue et propagée avec passion jusqu'à l'époque des Grandes Découvertes.

À l'époque des croisades, le mythe du prêtre Jean prend de l'ampleur. Le prêtre Jean pourrait devenir un soutien potentiel de l'Europe contre les musulmans. Au cours des dernières croisades, certains écrivains considèrent son existence comme certaine. Marco Polo et Jean de Joinville sont tous les deux convaincus que le royaume du prêtre Jean a existé, mais qu'il a été vaincu récemment par les peuples environnants. Des romans ont pour objet ce mythe, comme Le collier du Prêtre Jean de John Buchan. Plus récemment, la recherche du royaume de prêtre Jean est la base de l'intrigue du roman Baudolino, d'Umberto Eco (voir ce lien : http://www.tribunes.com/tribune/alliage/45/Eco_45.htm).


Chronologie :


Voici une petite chronologie afin de bien avoir en tête le contexte politique et littéraire de l’époque.

XVIIIe siècle : Apparition du fantastique.

1830 : Les Français débarquent en Algérie.

1840 : La Nouvelle-Zélande devient britannique.

1842 : Hongkong devient britannique.

1853 : La Nouvelle-Calédonie devient française.

1859 : Les Français prennent Saigon.

1863 : Protectorat français au Cambodge.

1864 : Voyage au centre de la terre (Verne).

1885 : Les Mines du roi Salomon (Haggard).

1885 : l'Europe se partage le continent africain.

1887 : Allan Quatermain (Haggard).

1888 : L'Homme qui voulait être roi (Kipling).

1894 : Le Peuple du brouillard (Haggard).

1896 : Le Pays des aveugles (Wells).

1899 : L'empire colonial espagnol s'effondre.

1901 : Le village aérien (Verne).

1904 : Le Tibet devient vassal de la Grande-Bretagne.

1908 : Congo belge.

1911 : Un drapeau au pôle sud.

1912 : Le Monde perdu (Doyle).

1914-1918 : Première Guerre mondiale.

1918 : Cycle de Caspak (Burrough).

1922 : L’étonnant voyage de Hareton Ironcastle (Rosny aîné).

1926 : Mythe de Cthulu (Lovecraft) = retour du fantastique.

1930 : Essor de la SF.

1932 : Les habitants du mirage (Merritt).

1932 : Conan (Howard).

1933 : Les Horizons perdus (Hilton).

1939-1945 : Seconde Guerre mondiale.

1950 : Essor de la fantasy.


Les types de Lost-Race-Tales :


Pour Alain-Michel Boyer, les mondes perdus se définissent ainsi : "Quelque part sur le globe, en un lieu retiré, isolé du monde moderne et du reste de l'humanité, dans une enclave préservée de l'histoire, au bout d'un étroit défilé que barrent de hautes parois rocheuses, un groupe d'hommes et de femmes vit sa vie propre, dans l'ignorance la plus totale de ce qui est advenu ailleurs : cette communauté est un rameau détaché de civilisations occidentales disparues ou un isolat échappé à l'anéantissement et situé à un stade antérieur de l'évolution". (dans l'ouvrage collectif Les Mondes perdus paru aux Presses Universitaires de Bordeaux). Les mondes perdus sont ces récits où des Occidentaux découvrent par hasard ou sur la foi d'une carte, un pays fabuleux ayant connu une évolution différente de la nôtre, en général archaïque, voire primitive.


Selon Lauric Guillaud (Les mondes perdus, Omnibus), il existe quatre grands types de récits de mondes perdus :


- Les récits de terre creuse dans lesquels on imagine qu'il existerait un monde au centre de notre terre, séparé depuis toujours du nôtre, ou isolé depuis une catastrophe. Ce type d’œuvres serait inspiré des théories du capitaine Symmes, développées dans un ouvrage de 1826, Theories of Concentric Spheres, où il affirme que la terre est creuse, et qu'elle est ouverte aux pôles. On retrouve l’exploitation de cette théorie chez Poe, avec les Aventures d'Arthur Gordon Pym (au terme de son voyage, Pym se dirige vers un gouffre mystérieux, situé au pôle), mais aussi chez Jules Verne (Voyage au centre de la terre), Edgar Rice Burroughs (avec son cycle Pellucidar) ou encore Obroutchev (La Plutonie).

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Pellucidar de Burroughs

- Les récits de mondes préservés : on découvre des races oubliées ou disparues depuis longtemps. Les récits de ce type sont donc propices à l’utilisation de dinosaures ou aux fantasmes sur le chaînon manquant. On peut citer Le Monde perdu de Conan Doyle, où les héros, en suivant un scientifique déchu, découvrent sur un plateau isolé un écosystème préservé depuis des millions d’années, ou encore l’un des épisodes de Tarzan d'Edgar Rice Burroughs : Tarzan dans la préhistoire.

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- Les récits d'Atlantide et de continents perdus (Mu, la Lémurie, etc.) : on retrouve un espace géographique légendaire préservé, dont l'existence n’a jamais été attestée. On peut citer ici L'Atlantide de Pierre Benoît, Tarzan et les joyaux d'Opar d'Edgar Rice Burroughs, Le réveil de l'Atlantide de Paul Féval fils et Magog, ou La Découverte de l'Atlantide de Denis Wheatley.

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- Les récits de races perdues ("lost race tales" au sens strict): ces récits forment la grande majorité des Mondes Perdus, avec des auteurs comme Rider Haggard (She, Les Mines du roi Salomon, et la majorité des oeuvres du cycle d'Allan Quatermain), Kipling (L'homme qui voulut être roi), Edgar Rice Burroughs (Tarzan et les croisés, Tarzan et l'Empire romain, Tarzan et le secret de la jeunesse), H. G. Wells (Le Pays des aveugles). Lovecraft proposera une vision assez différente de races perdues en imaginant une civilisation de dieux et de démons qui auraient vécu avant l'homme (dans le cycle de Ctuhlu, par exemple). Il ne faut pas oublier les récits qui imaginent des races perdues radicalement différentes de la nôtre : peuples d'hommes poissons, d'hommes plantes, avec par exemple L'étonnant voyage d'Hareton Ironcastle, de Rosny l'aîné.

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Caractéristiques :


- Récit à la frontière du roman d'aventures et de la science fiction : les œuvres s'appuient sur des hypothèses scientifiques (le chaînon manquant, la terre creuse, le darwinisme social) pour développer des récits de fiction. Des auteurs comme Abraham Merritt sont à la frontière des deux genres.


- Des rêveries coloniales : les terres découvertes sont très riches, ce qui en fait la reformulation fantasmatique des récits de royaumes coloniaux - ceux du Rajah Brooke par exemple. L'intertexte est évident dans un monde perdu réaliste comme celui de Rudyard Kipling (L'Homme qui voulut être roi), un peu moins chez Haggard et Burroughs. À chaque fois, un Blanc est amené à prendre possession de territoires inconnus, condamnés à disparaître selon les théories du darwinisme social en vogue à l’époque, dévorés par des sociétés plus évoluées. Cela explique l'importance des imaginaires préhistoriques, qui reformulent en terme de lutte des races et de darwinisme la conquête géographique : le massacre dans Le Monde Perdu de Conan Doyle, par exemple, exprime la supériorité du Blanc. Dans tous les cas, l’Occidental joue un rôle fondamental dans la survie du peuple qu'il découvre : soit celui-ci fait allégeance et il survit, soit il lui résiste, et il est détruit.

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- Un voyage extraordinaire : E. A. Poe et Jules Verne ont contribué au développement du roman de voyage. Ensuite, la tradition du voyage est renouvelée par la dynamique des explorations et la fascination des auteurs pour les pays encore vierges où survivent des peuples et des créatures mystérieuses, loin de toute civilisation. Le charme du monde perdu réside dans le caractère anachronique, le choc brutal entre l’explorateur et le " sauvage ", c’est une forme de réconciliation du passé et du présent comme dirait Alain-Michel Boyer. Sous couvert de science, on réinvente la mythologie, le dinosaure se confond avec le dragon, on préserve ainsi un pays merveilleux et oublié, et on " comble un manque dans l’imaginaire " (Y. Vadé).


- Un voyage initiatique : Le héros est confronté à de nombreuses épreuves qui font de cette aventure un voyage initiatique (par exemple le jeune journaliste dans Le monde perdu, qui part à l’aventure pour prouver à la femme qu’il aime qu’il est un homme, et découvre lorsqu’il rentre, qu’elle a épousé un " bonnet de nuit " qui n’a jamais rien fait d’extraordinaire.


- Entre science et fiction : Au début, la vraisemblance est sauve, pour mieux plonger le lecteur : décryptage de manuscrit, carte découverte, exploration hasardeuse réitérée par des explorateurs… Mise en scène des possibilités apparemment inépuisables des découvertes contemporaines. Le lecteur fantasme un monde où tout serait possible. L’homme essaie de découvrir des secrets cachés, et transgresse ce qui est normalement interdit. La thématique du secret passe par le déchiffrage d’un document énigmatique (carte, parchemin, manuscrit…) assimilables aux talismans de Poe ou de Verne. La quête consiste à trouver un trésor, un secret (l’éternelle jeunesse), un territoire mythique (l’Atlantide, le Kâfiristân…). Le héros rencontrera des figures étranges (dragons, kraken, chevaliers en Afrique, géants, lilliputiens…) et découvrira des lieux ahurissants (des ruines, des paysages sauvages…)


Les explorateurs tentent souvent de se faire passer pour des dieux, que cela tourne bien (Le peuple du brouillard) ou très mal (L’homme qui voulu être roi).

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Le monde perdu risque de disparaître à partir du moment où il est retrouvé, soit parce qu’une fois souillé, il est détruit par un élément extérieur, soit par la cupidité des colons, soit qu’il retourne dans les limbes une fois les explorateurs repartis car ces derniers préfèrent l’oublier.


La science est un élément exotique dans ces romans.


En 1914, la carte du monde est terminée, même si le humains n’ont pas foulé toutes les terres (désert, banquise…) mais le genre continue grâce aux découvertes paléontologiques.


- La recherche du chaînon manquant / l’ethnologie : Les théories darwiniennes de la seconde moitié du XIXe siècle s’infiltrent dans les littératures de l’imaginaire et fondent les " romans anthropologiques " ou " les romans d’anthropologie excentrique ". Premier roman sur le chaînon manquant : A wild, a weird history de John De Morgan (1887). Chez Burroughs, créateur de Tarzan, il y a un chevauchement d’évolutions.


Dans le Monde Perdu (Doyle) et L’étrange voyage de Hareton Ironcastle (Rosny) les " évolutions divergentes " sont exterminées.


Cette quête du chaînon manquant se poursuivra jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les découvertes archéologiques inspirent aussi beaucoup les romans de mondes perdus, et le développement des magazines de vulgarisation n’est pas pour rien dans l’engouement pour ce type de littérature.


Les blancs sur les cartes disparaissent et le thème du monde perdu s’affaiblit pour laisser place à la science-fiction " technologique " : conquêtes de mondes stellaires.


Le monde perdu relève aujourd’hui plus du conte de fée que de l’archéologie.


- Perversité : Trois ressorts interviennent dans les romans de monde perdu : la quête du pouvoir, de l’argent, ou de l’amour d’une femme. Ces trois ressorts sont en quelque sorte les Mac Guffin privilégiés de ces types de romans.


Trois phases :

 soumission à l’idéologie en vigueur (expansionnisme, conquête du monde perdu) ;

 phase de transition (Tarzan : à mi-chemin entre le civilisé et le primitif) ;

 1918-1933 : revanche du monde perdu et glissement vers fantastique /SF.


Phase 1. Triomphe de la science, de la colonisation et de l’utopie.

Dans Voyage au centre de la terre, le savant représente l’idéologie du savoir et l’appropriation de la nature. Il y a une fascination pour les terres africaines (mission civilisationniste de Quatermain, par exemple) : la race perdue ne peut être que primitive. Malgré certains aspects " panthéistes ", c’est la rationalité qui prévaut, et l’idéologie progressiste (condamnation de l’esclavage, conquête coloniale, désacralisation…) mais ces éléments conduisent parfois à la destruction du monde perdu (Atlantis de LH Morrow, The Scarlet Empire). L’Atlantide semble le lieu privilégié de l’utopie sociale et technologique, et les récits se teintent donc de science-fiction. L’explorateur a le dessus grâce aux sciences et à la technique et le monde qui était simplement oublié est voué à la destruction.


Phase 2.  Doute, angoisse, fascination

C’est une phase de doutes quant aux bienfaits du progrès et de la civilisation, et une métamorphose s’amorce fin XIXe début XXe. La Première Guerre mondiale n’arrange rien…

Cette évolution est parfois perceptible dans les œuvres successives d’un même auteur (ex. Haggard, avec l’évolution de Quatermain). Après la Seconde Guerre mondiale, les auteurs se tournent vers le fantastique (métempsycose, spiritisme…)

Dès 1910, John Buchan dans Le Collier du prêtre Jean prophétise le déclin des nations colonisatrices.

Doyle, dans le Monde perdu, laisse transparaître des sentiments mitigés, alors que l’auteur est attaché aux valeurs victoriennes (ambivalence du monde, ambivalence des personnages qui s’interrogent sur leur geste – tuerie des hommes-singes – et sur l’avenir du monde perdu).


Phase 3.
La revanche des mondes perdus et le retour du fantastique.

Elle est accélérée par la Première Guerre mondiale et se dilue avant la Seconde Guerre mondiale : le monde perdu se fait plus menaçant. Le héros, s’il parvient à s’échapper, laisse la porte vers notre monde ouverte aux monstres. Le cadre spatio-temporel du lost-race tale traditionnel éclate, et façonne les bases de la fantasy moderne.

Dans Ironcastle on voit l’Altérité, qu’elle soit zoologique, végétale ou humaine.

On assiste à un retour du fantastique avec Lovecraft (Dans l’abîme du temps), et Howard (L’Île des épouvantes) avec une conception cyclique de disparition et réapparition de l’espèce humaine. Ils lâchent des monstres-dieux sur le monde. Au roman de race perdue se superpose l’épopée raciale. La terre creuse apparaît comme l’un des vecteurs principaux des thèmes de l’apocalypse et de la menace. En 1919, Milo Hastings reprend la thématique des mondes perdus avec The City of endless nigth dans lequel il écrit qu’après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne s’est isolée du reste du monde dans les profondeurs de la terre et a créé une super-civilisation technologique susceptible de conquérir les peuples de la surface. D’autres œuvres suivront, annonçant le pire. On retrouve une permanence (existence des dieux) et une menace (déferlement de démons / monstres mythiques). Apparaissent la magie noire, les divinités obscures, l’obscurité d’un monde médiéval, etc.

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Évolutions :


Lovecraft, Burroughs et Merritt nous orientent vers une autre tradition littéraire, plus 
tardive: celle de la fantasy. Ces mondes primitifs que découvrent les héros sont en effet fort proches de ce qui définira ce genre né au XXe siècle : emprunts aux mythologies et aux légendes médiévales, personnages et thèmes des littératures archaïques, recours au merveilleux et à la magie. On voit, chez Rice Burroughs, Tarzan explorant tour à tour différents univers empruntés à l'imaginaire médiéval (les croisés) ou à l'imaginaire antique (les Romains, les Atlantes). Les héros de Haggard redécouvrent des peuples issus de l'imaginaire biblique (Queen Sheba's Ring, King Solomon's Mines) ou antique (She). La magie et les animaux fantastiques, sont présents. Les univers barbares annoncent souvent quant à eux les récits de R. E. Howard. C'est enfin la cohérence du monde décrit, qui se traduit souvent par une tentative opérée par les auteurs ou les amateurs, de le cartographier, qui rappelle l'univers de la fantasy.


Le roman de monde perdu décline au moment de la Seconde Guerre mondiale car la carte du monde est complète, et l’image connaît un essor formidable (comics avec des super-héros, et films), essor également de la fantasy (Tolkien…) et des films comme Indiana Jones et Allan Quatermain.

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Marie-Agnès, A.S. Ed.-Lib.

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Published by Marie-Agnès - dans Mondes perdus
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