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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 07:57

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Jérôme CHARYN 
Rue du Petit Ange, 1994
traduit de l'américain
par Marc Chénetier
Mercure de France, 2002
Rééd. Folio, 2003

 

 

 








Brève biographie de l’auteur :charyn03.jpg


     Il est né le 7 juillet 1937 dans le Bronx à New York. Ses parents sont originaires d’Europe de l’Est. Il passe son enfance dans le Bronx.

     
     Il commence par rédiger des nouvelles. En 1973, son frère aîné, qui est policier à Brooklyn, lui fait découvrir la face cachée de New York (les bas-fonds de la ville, les commissariats, la morgue). Par cette expérience, il trouve tous les ingrédients de ses futurs polars, et particulièrement ceux des Isaac Sidel. Ce dernier est le héros de huit romans de Charyn dont Rue du Petit Ange qui est le dernier paru en France.


     Il vit en France environ 9 mois sur 12 et enseigne à l’université américaine de Paris. Cependant, on peut remarquer que malgré son attachement à la France il publie d’abord ses livres aux Etats-Unis et les écrit en anglais.

 

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 Le livre, l’histoire...

    
      Ce livre est paru au Etats-Unis en 1994, puis en 2002 en France au Mercure de France. Et ensuite en poche chez Folio (mais pas en Folio Policier). Ce livre est divisé en 7 parties et 33 chapitres. Dans l’histoire apparaissent beaucoup de personnages qui s’entrecroisent tous plus ou moins. Cette histoire se déroule en décembre 1985 (l’histoire fut écrite une dizaine d’années avant sa parution).


Est-ce donc un roman policier ?


     Ici, Isaac Sidel n’est plus commissaire de police. En effet, il vient d’être élu maire de New York ; " le Roi Sidel ", pour cela a dû démissionner de son poste. Il ne prend ses fonctions de maire que le 1er janvier 1986 ; il reste donc un mois sans fonction mais que va-t-il faire ? Ce livre commence par la recherche de Sidel dans New York ; personne ne sait où il est. En fait, il se trouve dans un refuge à Harlem, déguisé en SDF sous le pseudonyme de Geronimo Jones. C’est sa " tenue d’hiver décontractée ".

     Puis, dans cette histoire, il y a bien un meurtre mais ce n’est pas vraiment cela qui va lancer l’enquête d’Isaac Sidel. Ce qui est louche dans ce meurtre puis les deux qui suivent, c’est que l’on retrouve un message adressé au commissaire Sidel. On ne sait pas qui sont ces cadavres et cela ne sera pas le but de l’enquête ; on saura d’eux juste leur origine. Les messages trouvés sont tous les trois identiques, et on les retrouve dans la bouche du cadavre : " Il y eut un deuxième cadavre. Egalement nommé Geronimo Jones. A l’Arsenal d’Atlantic Avenue, à Brooklyn. Puis un troisième. Sous une couverture à Grand Central Station. Pas de papiers d’identité. Rien qu’un bout de papier photocopié dans la bouche. Le labo dut pratiquer un test de salive avant de rendre la note à Sweets. C’était une espèce de manifeste bizarre. " Ce texte est signé des Knickerbockers. Dans ce livre l’enquête n’est pas menée pour résoudre un 
meurtre mais pour savoir qui sont les Knickerbockers ; sont-ils les vrais meurtriers ?...


Enfance


Ce récit est la huitième histoire d’Isaac Sidel : il fait ressurgir le grand amour du commissaire, Anastasia, alias Margaret Tolstoï. Il l’a rencontrée quand il était encore à l’école ; elle était orpheline en URSS, à Odessa, précisément, où elle a grandi. Puis elle se marie à 13 ans. On se replonge ainsi dans l’enfance d’Isaac : le titre rappelle ses souvenirs avec Anastasia (ils jouaient dans la rue du Petit Ange).

On remarque que les histoires s’entrecroisent toutes plus ou moins, elles sont toutes plus ou moins liées.


Thématiques.


Dans ce roman, plusieurs thématiques sont abordées :


- Un réseau d’adoption illégale d’enfants venant de l’Europe de l’est (URSS). C "est le cas d ‘Oskar.


- Le monde du ping-pong (Charyn est un accro, il en a même fait un livre) avec le " roi Carol ". C’est le sport de Sidel.


- le monde du baseball avec notamment le rôle joué par dix noms de joueurs de baseball que " les Knickerbockers boys " ont empruntés. " Knickerbockers " est le nom de la 1ère équipe de base-ball de New York (ce qui montre que Jérôme Charyn connaît bien sa ville).


- On retrouve des SDF tout au long de l’histoire. Ils permettent à Isaac de s’échapper, de penser à autre chose que ses responsabilités.


- Il n’y a pas vraiment d’alcoolisme ; les personnages sont en fait accros aux barres de Milky Way (principalement le second de Sidel, La Perruque).


- il y a aussi le monde des bas-fonds de New York.


- On note aussi la présence du FBI en la personne de Frédéric Lecomte, qui a sous son contrôle des personnes que l’on ne soupçonne pas dans cette histoire.


- De plus, pendant ce mois, Sidel doit informer la presse du personnel qui l’entourera à la mairie (ce qui équivaut au conseil municipal) et élaborer " un programme ". Il veut notamment fermer l’Ali Baba (une boite de strip-tease), et sauvegarder les immeubles construits par Emeric Gray (un grand architecte), donner à manger aux SDF.


- Durant cette histoire, Sidel va faire un tour un en Europe. Il va aller à Carcassonne puis à Paris. A Paris, il va renouer des liens avec son père qui est parti vivre sa vie d’artiste en laissant sa famille à New York grâce à Anastasia.

  
Sidel et New York


 Sidel est un personnage récurrent de Charyn, car Rue du Petit Ange est le huitième roman mettant en scène le commissaire Rose. Il est qualifié de " policier érudit errant ". C’est un personnage déchu, tout comme La Perruque, son bras droit (qui finira handicapé).


Sidel évolue dans le Wild contemporain : la jungle urbaine, c'est-à-dire la ville et ici les bas-fonds de New York. La définition de Leslie Fiedler : " le détective est le cow-boy adapter à la vie urbaine " correspond bien à Isaac Sidel. Il aime la solitude et s’isole dans la ville pour réfléchir, faire le point sur sa vie. Il aime passer inaperçu dans l’immensité de la ville ; il aime la tranquillité et chercher à éviter tous les journalistes.


 On constate aussi que Charyn est un véritable New-Yorkais. Il nous décrit sa ville, quelques quartiers et des lieux précis comme Gracie Mansion (maison des maires depuis 1949). Il connaît aussi son histoire et sa vie (on le voit à travers l’histoire du base-ball).


 Le style de l’écriture est direct ; on entend les voix du New York profond (Bronx, Harlem, Brooklyn). On observe aussi le réalisme des lieux (si on prend un plan de la ville on est capable de suivre le parcours de personnages).


 Quand on ouvre le livre, on entre directement dans l’univers de Charyn. On est un peu perdu quand on ne connaît pas l’univers Sidel. Mais très vite ça va mieux.


 Charyn dit qu’Isaac Sidel est le symbole du rêve américain ; il gravit tous les échelons, du commissariat de quartier à, dans ce livre, la Mairie.


Quelques citations :


 " Je suis d’accord avec James Ellroy quand il dit que l’histoire américaine se confond avec l’histoire du crime. " Charyn.


 " Les gens lisent pour le plaisir, moi je lis comme un cannibale. Je mange les livres. " Charyn.


 " C’est un Pagnol juif de Brooklyn qui aurait eu Groucho Marx pour professeur à la Horsefeathers University, et pour condisciples Mel Brooks et Woody Allen. " Michel Lebrun.

 

Les sources :


http:// wikipedia.fr
   

http://livres.lexpress.fr/portrait.asp/idC=3607/idR=5/idTC=5/idG=0


 " Jerome Charyn héraut des paumés" par Marianne Payoté (Lire, octobre 1995)

 
Claire, A.S. Ed.-Lib.

 

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Published by claire - dans polar - thriller
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