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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 10:26


Thomas KELLYkelly01.jpeg.jpg
Le Ventre de New York
Traduit de l’anglais (américain)
par Danièle et Pierre Bondil,
Payot & Rivages, 1998.
ISBN 2-7436-0789-0

 












Biographie de l’auteur

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     Thomas Kelly est né en 1961. Il a été élevé dans le Bronx ; ses parents étaient américains mais ses grands-parents irlandais, ce qui a eu une grande importance dans son œuvre. Après six années d’études supérieures, il a exercé de nombreux métiers dont il s’est beaucoup inspiré pour ses romans. Il a travaillé sur les chantiers, a été employé d’usine, chauffeur de taxi, manutentionnaire de nuit dans les tunnels.

     Il s’est beaucoup investi dans la vie politique et notamment dans les syndicats ; en 1992 il a travaillé pour le président Clinton et en 1993 à la mairie de New York.


     A ce jour il a écrit trois romans :

Le ventre de New York

paru en 2001 qui fut un grand succès,

Rackets

en 2003,

Les bâtisseurs de l’Empire

paru en novembre 2007.

 

Bref résumé de l’oeuvre


     Paddy et Billy Adare sont deux frères. Paddy est un ancien boxeur dont la main est presque tombée en miettes lors d’un combat ; suite à des opérations, elle a été plus ou moins sauvée ; dans le temps du récit il est homme de main pour des malfrats ; il est sensible mais ne le montre pas souvent. Quant à Billy, marqué par la mort de son père dans les tunnels, il y travaille pour financer ses études. Il a fait trois ans de faculté de droit. C’est le seul personnage instruit du livre.


     L’histoire se passe en 1987 pendant les années Reagan. Nous sommes dans un environnement essentiellement ouvrier.

 

Analyse de l’œuvre


     Ce livre confronte plusieurs mondes ; nous avons tout d’abord la présence des mafias italienne irlandaise. Elles se font concurrence ; c’est un peu la loi du plus fort. Il y a aussi un policier qui est une femme enceinte ; elle s’inflige une vie très dure : jeune, elle travaillait aussi sur les chantiers et revendiquait le fait que des femmes puissent faire le travail des hommes. L’autre personnage féminin principal est Rosa ; elle vit avec Paddy depuis un certain temps et travaille dans un bar ; elle aspire à une vie tranquille et sans problèmes à la campagne. Nous avons aussi des ouvriers dont la vie se résume aux tunnels.


     Le titre de l’œuvre. Le Ventre de New York indique parfaitement toute la dimension de l’œuvre car l’essentiel de l’histoire se passe dans les tunnels et autour. C’est donc au sens propre que l’on peut comprendre ce titre mais aussi au sens figuré car nous découvrons ici le milieu ouvrier, les bas-fonds de la ville de New York qui est le contraire de la ville tout en hauteur et en verre que l’on veut nous montrer. Ce livre montre l’envers de l’Amérique, alors que le président Reagan voulait donner l’image d’une économie prospère. Ce sujet des tunnels est abordé en profondeur car l’auteur lui-même y a travaillé ce qui rend les descriptions et les relations entre les personnages très réalistes.


     Kelly dédie ce livre " à la mémoire de Thomas G. Kelly (…) et aux vingt-trois hommes qui sont morts en creusant le tunnel d’adduction d’eau numéro trois de la ville de New York ". Le milieu ouvrier revient à chaque phrase ; dés l’incipit nous plongeons directement dans une ville en travaux dont le ciel est encombré par les grues de chantier ; lorsque Billy arrive pour travailler l’été, sa première descente dans les tunnels apparaît comme une longue descente aux enfers ; nous ressentons toute l’angoisse qui envahit le personnage. Le lexique de la peur est récurrent ; nous sommes face à un " malaise ", une " petite onde de peur ", " une inquiétude [qui] l’envahit ". Au fur et à mesure des tâches effectuées par Billy, l’auteur évoque toute la dureté de ce travail et les maux qu’il occasionne ; les tunnels sont synonymes de mort : " il remarqua les brancards métalliques, équipés de sacs mortuaires ". Nous nous immisçons également pour ressentir les douleurs du personnage " sentant la brûlure de ses bras et de son dos se communiquer à ses jambes".


     Thomas Kelly nous montre ici ce qu’est la vie de chantier à New York, il nous en brosse un tableau réaliste et rend ses personnages réellement vivants. Tout au long du récit, toutes les douleurs physiques ou psychologiques, toute la dureté de cette vie nous est montrée à l’état brut ; ni les actions ni même le vocabulaire ne sont enjolivés. Nous voyons en cela la volonté de Thomas Kelly de restituer le monde qu’il a connu tel qu’il est réellement ; ce livre n’est pas seulement une fiction romanesque mais peut être vu comme un témoignage. Nous sommes immergés dans un monde populaire tant à travers les actions qu’à travers le vocabulaire ; les dialogues et même les descriptions sont écrits de manière très orale : " Billy, mon vieux, je te dis que ça grouille de jeunes chattes en chaleur, ici, ce soir. Bon, oublie pas les cinq T : Trouve-les, touche-les, tâte-les, tringle-les et tire-toi ." Ce langage s’ajoute à l’univers réaliste que Kelly construit dans son roman. Nous pouvons imaginer les scènes aussi bien que si on les voyait dans un film.


     Cette œuvre possède également la dimension humaine et sociale importante d’un sujet qui est pourtant peu abordé. C’est ainsi que Kelly a construit ses personnages ; on sent qu’ils ont été étudiés, on décèle la psychologie de chacun comme s’ils étaient de vraies personnes.


     Le monde dans lequel ils évoluent est dur et offre des échappatoires, les personnages ont le choix de les saisir ou pas. Pour Billy, par exemple, l’univers des tunnels devient un moyen d’échapper à la vie réelle, l’obscurité le rassure et il se réfugie dans les tunnels comme dans une tanière ; c’est un monde parallèle à celui qui se poursuit au-dessus de lui ; ses collègues sont comme une famille qu’il s’est construite et l’on ressent une atmosphère unique. L’humanité de son œuvre se ressent aussi dans l’attitude des principaux personnages : Kelly ne nous montre pas Billy et Paddy comme des héros ; non, il nous les montre avec des défauts et des faiblesses, ce qui permet au lecteur même s’il ne connaît pas ce monde ouvrier de s’identifier au personnage, de s’y attacher.


     Pour conclure, Kelly nous invite à découvrir un monde insoupçonné à la fois humain et difficile mais étonnamment réel. Le personnage de Billy rappelle l’auteur par sa vie et ses origines car son grand-père aussi est irlandais. On sent l’importance de la famille dans sa vie et son œuvre. Nous pouvons penser que c’est pour exorciser ce qu’il a vécu que l’auteur raconte la vie dans les tunnels dans ses œuvres, pour se soulager et surtout pour nous informer sur ce monde à part.


Steffi, Bib 1A.


Sur Le Ventre de New York, voir aussi la fiche de Manon

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commentaires

students resource 03/10/2009 09:03


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