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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 08:28

La découverte. Exploration, récit de voyage, réflexion ethnographique.

Chronologies, bibliographies, citations, liens

 

 


a. Afrique et Japon, une connaissance tardive. Chronologies.

 


L’Afrique.


-470 ? Hannon explore la côte de l’Afrique occidentale.

-460. Hérodote remonte le Nil jusqu’à Assouan. Pense que le Niger est un affluent du Nil.

141. Carte du monde de Ptolémée. L’Afrique est représentée jusqu’à l’Equateur.

XIIe siècle. Le géographe Al Idrisi : une mappemonde + ouvrage de géographie.

1488. Bartolomeu Dias double le cap de Bonne Espérance.

XVIe siècle. Circumnavigations des Portugais et description des embouchures de fleuves.

1658. Les Français fondent Saint Louis à l’embouchure du Sénégal.

1768-1774. Voyages de James Bruce en Abyssinie.

1788. Fondation de l’African Association à Londes. Cherche des candidats à l’exploration du Niger.

1790. Parution des voyages de Bruce : mystère des sources du Nil. (Influence sur Bonaparte).

1795-1797. Mungo Park prouve que le Niger coule vers l’Est.

1828. René Caillié à Tombouctou.

1857. Burton et Speke : de Zanzibar aux Grands Lacs. Barth perce le secret de la boucle du Niger.

1863. Jules Verne, Cinq semaines en ballon.

1885. Conférence de Berlin.

1890. Traduction française du récit de la dernière expédition de Stanley.

 


Japon.


XIIIe-XIVe siècles. Marco Polo (1254-1324). Livre des merveilles du monde. Evoque Zipangri (ou Cipango ou Cipangu) = le Japon ?

1453. Bulle du pape Nicolas IV Inter Caetera Divina et 1494, traité de Tordesillas. Partage du monde entre l’Espagne et le Portugal.

XVIe. Les Portugais débarquent au Japon. 15 août 1549, arrivée de François-Xavier, naufragé à Tanegashima, île située au sud du Japon.

" De tous les peuples jusqu’ici découverts, celui-ci est sans doute le meilleur… "

 

 


b. Petite bibliographie sélective des premiers récits de voyage européens

 

 

 

 


Marco Polo, Devisement du monde, 1298.
Texte en ligne sur Gallica (édition Longis), édition Groulleau.

Jean de Mandeville, Le Livre, 1356.

Ibn Battûta, Voyages (Rihla), (1358) La Découverte (1982).

André Thevet, Cosmographie du Levant (1554) Texte en ligne sur Gallica (éd. de 1990)

Singularités de la France antarctique


thevet-carte.jpegCarte de l'Amérique par André Thevet

thevet-copie-1.jpeg

Bois gravés de Jean Cousin numérisés sur Gallica
.

Édition Chandeigne, coll. La Magellane

(présentation des éditions Chandeigne sur Lekti-écriture)

 

Jean de Léry, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil (1578). " Bréviaire de l’ethnologue " selon Claude Lévi-Strauss. Texte numérisé en ligne sur Gallica (éd. de 1578). Texte transcrit de l’édition de 1580. Trois autres éditions consultables sur Gallica.

Ces textes inspirent, entre autres, le chapitre " Des cannibales " des Essais de Montaigne.

 

 Luis Fróis, Traité sur les contradictions & différences de mœurs (1585), éd. Michel Chandeigne, Magellane poche, 7,60 euros.

François Caron, Le Puissant royaume du Japon (1636), Chandeigne Magellane, 23,75 euros.

 

c. Le récit de voyage moderne.

 

(1557). ). Texte en ligne sur Gallica

 


Afrique :

Paul Morand, Paris-Tombouctou, 1928 in Voyages (Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001),

Magie noire, 1927.

morand.jpeg.jpg

André Gide. Voyage au Congo, 1927 (NRF). Voir fiches de
Fanny, Maëla,

Retour du Tchad, 1928.

Albert Londres, Terre d’ébène, 1929. Voir fiches d’Antoine, Mathieu

Michel LEIRIS, L'Afrique Fantôme,1934 ; Voir fiche de Mailis

 


Japon :

 

Wenceslas de Moraes, Lettres japonaises, 1890 – 1893.

Nicolas Bouvier, Japon, 1967. Chronique japonaise, 1975. Payot. Voir fiches (et liens) de Pauline, Charline

 


Gide.

Un engagement tout relatif :

Contre le racisme : " Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête. " (p. 27).

P. 113 : " Quel démon m’a poussé en Afrique ? Qu’allais-je donc chercher dans ce pays ? J’étais tranquille. A présent je sais : je dois parler. "

" Je veux passer dans la coulisse, de l’autre côté du décor, connaître enfin ce qui se cache, cela fût-il affreux ? "

" Si coûteux qu’ait pu être, en argent et en vies humaines, l’établissement de cette voie ferrée, à présent elle existe pour l’immense profit de la colonie belge – et de la nôtre. " (p. 22).

 


L’intertextualité.

 

P. 18. " Image de l’ancien ‘Magasin pittoresque’ : la barre à Grand-Bassam. "

 

Référence à Joseph Conrad :

Epigraphe : " A la mémoire de Joseph Conrad "

P. 22, à propos de Pointe-Noire : Note 2.

" C’est à ce point de la côte que doit aboutir le chemin de fer de Brazzaville-Océan […]. Ce chemin de fer qui fonctionne depuis 1900 traverse la région que Joseph Conrad devait encore traverser à pied en 1890 et dont il parle dans Au cœur des ténèbres – livre admirable qui reste encore aujourd’hui profondément vrai, j’ai pu m ‘en convaincre, et que j’aurai souvent à citer. Aucune outrance dans ses peintures : elles sont cruellement exactes ; mais ce qui le désassombrit, c’est la réussite de ce projet qui, dans son livre, paraît si vain. "

Note 1, p. 245 : " Conrad parle admirablement, dans son Cœur des ténèbres, de "l’extraordinaire effort d’imagination qu’il nous a fallu pour voir dans ces gens-là des ennemis". "

" Je relis le Cœur des ténèbres pour la quatrième fois. C’est seulement après avoir vu le pays dont il parle que j’en sens toute l’excellence. " Retour du Tchad, p. 399.

 


Analyse de ses propres représentations :

 

En remontant le Congo sur le Brabant : " Je m’attendais à une végétation plus oppressante. Epaisse, il est vrai, mais pas très haute et n’encombrant ni le ciel ni l’eau " (p. 40).

P. 46, promenade dans la forêt : " Si intéressante que soit cette circulation parmi les végétaux inconnus, il faut bien avouer que cette forêt me déçoit. J’espère trouver mieux ailleurs. Celle-ci n’est pas très haute ; je m’attendais à plus d’ombre, de mystère et d’étrangeté. Ni fleurs, ni fougères arborescentes ; et lorsque je les réclame comme un numéro du programme que la représentation escamote, on me répond que ‘ce n’est pas la région’. "

Plus loin : " Le spectacle se rapproche de ce que je croyais qu’il serait ; il devient ressemblant. Abondance d’arbres extrêmement hauts, qui n’opposent plus au regard un impénétrable rideau ; ils s’écartent un peu, laissent s’ouvrir des baies profondes de verdure, se creuser des alcôves mystérieuses et, si des lianes les enlacent, c’est avec des courbes si molles que leur étreinte semble voluptueuse et pour moins d’étouffement que d’amour.

Mais cette orgie n’a pas duré. " (p. 43).

Et enfin, chapitre IV : " Ma représentation imaginaire de ce pays était si vive (je veux dire que je me l’imaginais si fortement) que je doute si, plus tard, cette fausse image ne luttera pas contre le souvenir et si je reverrai Bangui, par exemple, comme il est vraiment, ou comme je me figurais d’abord qu’il était. "

 


Attentes et représentations d’un Européen en Afrique :

P. 44. " Puis, suivant le sentier devant nous, qui pénètre dans la forêt, nous nous sommes enfoncés presque anxieusement dans une Brocéliande enchantée. "

P. 191. " C’est à l’espacement des arbres d’un verger, aux pommiers d’une cour de ferme normande, aux ormes, soutien des vignes en Italie de la région de Sienne, que j’aurai dû comparer le clairsemé des arbres dans la savane depuis tant de jours. "

P. 193. " A partir de Kuigoré, très belles roches de granit, et même format de grands soulèvements parfois analogues à ceux de la forêt de Fontainebleau. Chaque fois que le paysage se forme, se limite et tente de s’organiser un peu, il évoque en mon esprit quelque coin de France ; mais le paysage de France est toujours mieux construit, mieux dessiné et d’une plus particulière élégance. "

Et, dans le Retour du Tchad, p. 448 : " Ce sont encore les Cévennes, mais les hautes Cévennes. "

 

Parmi ces représentations, que l’on trouvait déjà dans la fiction (Verne, lost race tale, Conrad), l’image d’une Afrique préhistorique. P. 52 : " Nous quittons le Congo pour l’Oubangui. […] Aspect préhistorique du paysage. "

 


Albert Londres.


" le drame du Congo-Océan " (titre du chapitre XXVII). " Un drame se joue ici. Il a pour titre Congo-Océan. " (p. 189). " pour cent quarante kilomètres, il avait fallu dix-sept mille cadavres ! " (p. 213).

" Je pense que si le Français s’intéressait un peu moins aux élections de son conseiller d’arrondissement, peut-être aurait-il, comme tous les autres peuples coloniaux, la curiosité des choses de son empire, et qu’alors ses représentants par-delà l’équateur, se sentant sous le regard de leur pays, se réveilleraient, pour de bon, d’un sommeil aussi coupable. " (p. 213).

 



Michel Leiris.


"C'est en poussant à l'extrême le particulier que, bien souvent, on touche au général; en exhibant le coefficient personnel au grand jour qu'on permet le calcul de l'erreur; en portant la subjectivité à son comble qu'on atteint l'objectivité".

"Le carnet d'inventaire s'emplit. Il ne nous est pas encore arrivé d'acheter à un homme ou une femme tous ses vêtements et de le laisser nu sur la route, mais cela viendra certainement".

Vols des konos : "depuis le scandale d'hier, je perçois avec plus d'acuité l'énormité de ce que nous commettons".

 


Intertextualité :

Leiris évoque l’ " imagerie africaine " dont il est imprégné :

  •  

  • " l’histoire du prêtre Jean "
  •  

     

  • " Arthur Rimbaud vendant ses armes à Ménélik ",
  •  

     

  • Impressions d’Afrique " (de Raymond Roussel, 1910).
  •  

 

Après Ouagadougou, 5 décembre 1931 : " Enfin, on se sent dans le Sud ! Il y a de la terre rouge, de la végétation, des sauvages nus comme dans les livres d’images […] "

 


 Référence à Rimbaud.

Voyage vers l’Abyssinie : évocation de " la haute silhouette du maudit famélique " (p. 225).

" Je vis ici dans le culte de Rimbaud qui, avec Nerval, peut-être, représentera toujours à mes yeux la seule figure littéraire propre et nette. Pour la France tout au moins. " (Lettre à Zette, 3 juillet)

 

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Published by pier - dans Altérité.
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