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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 08:20

 


Saul BELLOW
Une affinité véritable, 1997
Traduit de l’américain par Rémy Lambrechts
Titre original : The Actual
Gallimard
Collection Folio n° 3286
2005
112 pages







Biographie :


De 1943 à 1944, Bellow s’installe à New York où il travaille pour l’Encyclopædia Britannica. Son premier livre, The Dangling man (L’Homme en suspens), paraît en 1944. En 1948, il part vivre deux ans à Paris et commence à écrire The Adventures of Augie March (Les Aventures d’Augie March). Ce roman paraît en 1953 et reçoit le National Book Award (distinction littéraire des plus prestigieuses aux Etats-Unis).


En 1964, Herzog, sorte d’autobiographie spirituelle, lui donne une réputation internationale. Il reçoit pour cette œuvre, un deuxième National Book Award.


Saul Bellow a également collaboré avec de nombreux journaux comme The New Yorker ou The N. Y. Times Book Review. En 1967, pendant le conflit israélo-arabe, il est le correspondant spécial de Newsday.


Sacré " meilleur écrivain américain de sa génération ", Saul Bellow reçoit, en 1976, le prix Nobel de littérature.

 

La relation Sigmund Adletsky / Harry Trellman :


Tous deux hommes d’affaires à la " retraite " ; le premier, multimilliardaire de 92 ans, souhaite s’impliquer dans " la vie mondaine " et les " questions psychologiques " (p23) ; le deuxième décide, à l’âge de 50 ans, de revenir sur le " lieu de ses racines affectives " (p11).


Sigmund Adletsky, après avoir observé Harry lors d’un dîner mondain, propose à ce dernier de devenir son " brain-trust "; c’est-à-dire d’être son " observateur de première classe " (p23). Le vieil homme, de son côté, s’occupe des " affaires affectives en souffrance " (p12) d’Harry en devinant ses sentiments pour Amy et en jouant un rôle d’entremetteur.


Chacun s’emploie donc à satisfaire le désir de l’autre. Cette relation entre les deux hommes peut s’apparenter à une relation père / fils. En effet, Adletsky agit comme un père en aidant Harry à retrouver son amour d’adolescence et par conséquent à trouver la place qu’il cherchait depuis toujours. L’histoire personnelle d’Harry Trellman, placé dans un orphelinat alors que ses parents étaient tous deux en vie, a des points communs avec celle de Saul Bellow. En effet, l’écrivain a perdu son père à l’âge de 9 ans puis sa mère à l’âge de 17 ans.

 
Chicago comme décor :

 



L’histoire se déroule dans le quartier du Loop, en plein centre de Chicago, entre les rives du lac Michigan et celle de la rivière Chicago. C’est le deuxième quartier des affaires des Etats-Unis après Manhattan. Le Loop (qui signifie boucle) est aussi le nom donné au métro surélevé qui tourne autour du centre de Chicago.


Dans la nouvelle de Saul Bellow, la ville est peu décrite mais le lecteur parvient tout de même à en ressentir l’atmosphère. On est au mois de mars, " sur la ligne de touche entre le froid et le doux " (p.29) ; une tempête de neige menace de paralyser la circulation. Le ciel est lourd et terne : " quand le temps est plombé, tout vire au gris " (p.27). Malgré ce climat pesant, une impression de calme et de tranquillité règne dans la ville.

 


Pour Harry, le fait que Chicago soit le lieu d’habitation d’Amy, son amour de toujours, semble être le seul avantage de cette ville. En effet, Harry a peur de se retrouver seul car " la principale menace en un lieu tel que Chicago est le vide – les brèches et les failles dans l’humain, une sorte d’ozone spirituel qui sent l’eau de Javel. Il émanait autrefois une telle odeur des tramways de Chicago." (p12).


Chicago était aussi la ville où a vécu Saul Bellow pendant une trentaine d’années (de 9 ans à 28 ans). Les descriptions de la ville sont comme des souvenirs pour l’auteur, des flashs de son passé et de son enfance. Mais, aujourd’hui, Chicago s’est transformée : " quand j’étais gosse, il y avait des terrains vagues par là-bas. A présent, ce sont de petites industries, des auberges, des pizzerias, des jardineries et, bien sûr, la ceinture pavillonnaire - des dizaines de milliers, des centaines de milliers de pavillons en brique. " (p.87).

 

Le monde des affaires :


Dans sa nouvelle, Saul Bellow, à travers les yeux de son personnage Harry Trellman, dépeint le monde des riches hommes d’affaires de Chicago. Harry est aussi un homme d’affaires mais il ne concourt pas dans la même catégorie. En effet, on ne peut pas le comparer à Sigmund Adletsky qui a bâti une fortune considérable dans l’immobilier et qui est à présent multimilliardaire. " Adletsky est un nom immédiatement reconnu en tous lieux, comme ceux du prince Charles et de Donald Trump - ou, en d’autres temps, ceux du chah d’Iran et de Basil Zaharoff. " (p.13). Saul Bellow s’est peut-être inspiré de Sheldon Adelson pour le personnage d’Adletsky. Adelson est un promoteur immobilier américain qui fait partie des dix plus grandes fortunes mondiales. En effet, lui aussi est d’origine juive et il y a comme une ressemblance dans leurs noms de famille.


La richesse d’Adletsky est presque irréelle pour Harry : le vieil homme est " riche au-delà de l’entendement de la majorité des gens. Du mien aussi. " (p.17). Harry côtoie cet univers mondain mais garde toutefois un regard lucide et critique sur ces puissants économiques ; il se sent à part : " c’étaient tous des gens banals. Je ne le leur aurais jamais permis de le penser, mais il est temps de reconnaître que je les regardais de haut. Ils manquaient de motivations élevées. " (p.51).


Mon avis :

 


Plus que l’histoire elle-même, c’est ’écriture de Saul Bellow qui m’a particulièrement plu. Les phrases sont très bien tournées avec souvent une note d’humour. L’écriture est fine, subtile, et donc très agréable à lire.


Cécile, 1 A Bib-Med.

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