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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 21:36

 


Paul AUSTER,
Trilogie new-yorkaise,
Titres originaux :
City of Glass, Ghosts,
The Locked Room (1985 et 1986),
traduction française : Pierre Furlan,
Actes Sud, 1987 et 1988
.










     La Trilogie New yorkaise est composée de trois récits : Cité de verre, Revenants et La Chambre dérobée.


adaptation b.d. de City of Glass

     Dans le premier opus, Cité de verre, Quinn, le personnage principal, reçoit un appel adressé à Paul Auster, détective privé. Cela le surprend car il n'est pas cette personne. Pourtant, quelques jours plus tard, il reçoit à nouveau un appel pour Paul Auster ce qui le plonge dans une intrigue des plus étranges… Virginia Stillman épouse de Peter Stillman, lui demande un rendez-vous pour une enquête " de la plus grande importance ". Jouant le jeu, Quinn prend l'identité de Paul Auster et rencontre les Stillman dès le lendemain. Peter est atteint d'une déficience de la parole qui l'empêche de s'exprimer de façon correcte. En effet, son père, un " savant fou " a voulu trouver, en utilisant son fils comme cobaye, la langue naturelle des hommes. Il l'a donc enfermé pendant plusieurs années dans le noir complet et sans lui adresser une parole. Les séquelles sont grandes et le père a été jugé et interné dans un asile. C'est pourquoi Peter Stillman fils, de peur d'être tué, demande une surveillance constante de son père lorsque ce dernier rentre à New York.

    
     Dans le second livre, Revenants, les personnages qui interviennent tout au long de l'histoire n'ont pas d'autre noms que Bleu, Blanc et Noir. Une enquête est confiée à Bleu par Blanc : surveiller Noir. La tâche semble des plus simples pour Bleu ; pourtant, comment faire un rapport toutes les semaines sur une personne qui semble ne pas faire autre chose que lire, dormir et manger. Noire, l'intrigue, et nous aussi...

    
     Enfin, La Chambre dérobée, dernier volume de cette trilogie, met en place un schéma presque classique de polar : un disparu laissant derrière lui une épouse, un fils de trois mois, un meilleur ami perdu de vue depuis le lycée et la confrontation des deux qui laisse place à une histoire d'amour. Tout débute avec la rencontre des laissés pour compte (le narrateur et Sophie) et des manuscrits laissés par Fanshawe qui deviendront un succès éditorial. On plonge alors dans le passé de deux jeunes enfants, puis ados, puis presque adultes dont les liens particuliers rendent  le présent du narrateur amer.

 




Une exploration du moi


     Paul Auster fait transparaître dans ces trois œuvres un thème majeur : la quête. Qu’elle soit centrée sur une autre personne ou sur soi-même, c’est ce qui construit un lien fort dans les trois livres. En effet, les trois histoires se situent à New York, mais dans des contextes opposés. Le premier livre se déroule dans les années 80, le second dans les années 40 et le dernier dans les années 70. Rien ne laisse imaginer un lien entre elles. Et pourtant, le caractère des personnages est presque identique : des hommes en mal de vivre. Quinn a perdu sa femme et son fils et se cache sous d’autres identités pour (sur)vivre ; les affaires de Bleu ne sont pas très glorieuses avant que Blanc vienne lui donner un contrat ; et le narrateur du dernier livre se considère comme un écrivain raté qui ne publie que des critiques littéraires.


     Ces hommes blessés dans leur vie et leur raison d’être sautent sur une occasion donnée à un moment précis de leur histoire personnelle et ils se retrouvent tous à chercher.


     Le verbe chercher a pour définition commune : s'efforcer de trouver ou retrouver quelque chose, mais il peut aussi avoir ce sens : tâcher de trouver une solution, une idée par la réflexion ou encore s'efforcer de, tenter de parvenir à. On peut considérer que Paul Auster a lui aussi " cherché ".


     Trouver un sens à sa vie, retrouver une vieille connaissance, retrouver quelqu’un, son passé, tâcher de trouver la solution d’une enquête, une solution pour mieux vivre. Tâcher aussi de trouver une idée par la réflexion sur soi-même, sur les autres, sur la vie, pour écrire. S’efforcer d’accepter une réalité, des enjeux, soi-même, son passé, ses erreurs, sa vie. Et pour finir, tenter de parvenir à une fin, à comprendre le monde, les autres, soi-même, sa place, des idées…


     Même si les thèmes sont communs et que l’on a l’impression d’une répétition, les nuances faites par l’auteur sont importantes. C’est ce qui fait la qualité de ce recueil : le maniement des formules permet de faire des distinctions qui donneny tout son sens à la vie et à la quête de soi mais aussi à l’existence des livres.


Mon avis :

 
     Une " enquête policière du moi " à la portée de tous qui crée une ouverture d’esprit et un autre regard sur le monde. "C’est finalement tout ce qu’on veut d’un livre - être diverti." ([Paul Auster] - Cité de verre.) Mais la façon dont l’auteur nous envoie des " conseils " est incontestablement la meilleure façon de réfléchir sur tous les thèmes abordés.


Marine, 1A Bib-Med

 

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