Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 06:49
 

Michael CUNNINGHAM
Le livre des jours
Titre original : Specimen Days, 2005
Traduit par Anne Damour
Editions Belfond, 2006

 













Biographie de Michael Cunnigham disponible ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Cunningham

 
     Dans
Le livre des jours, trois histoires, toutes liées, se déroulent à trois époques différentes. L'auteur de The Hours, prix Pulitzer en 1999, raconte ici le passé, le présent et l'avenir d'une ville, New York, et surtout le sort de "l'Homme dans la cité".


     "Dans la machine",la première histoire, dépeint des hommes niés par l'industrialisation de la fin du 19ème siècle. Suivent "La Croisade des enfants", qui se déroule dans le New York de l'après 11 Septembre, et enfin "Une pareille beauté", prophétie d'une société insensée et désincarnée.

 

     Trois époques fondamentales, comme autant de "brûlures" de l'humanité.


     Le livre passe avec maestria du roman historique au thriller urbain, puis à la science fiction. Cunnigham, par sa maîtrise stylistique,une narration vibrante et néammoins délicate, évite les écueils du pitoyable et de l'outrance. Il livre ici un roman monumental, un émouvant plaidoyer au canevas unique.

 


     Personnages, atmosphères et écriture(s) sont hantés par le poète Walt Whitman. Ses vers célèbrent le Monde, la Vie, de l'atome au cosmos. Dans ce roman, la "machine" est une monstruosité qui vampirise et dévore nos vies. Les enfants seront nos bourreaux les plus impitoyables. Un androïde et une extraterrestre auront plus d'humanité que les hommes qui peupleront une Terre souillée de pollution. Et, par delà les destinées tragiques, Cunnigham insuffle à ses héros le rayonnement et la grâce de la poésie.

 


     Ces vers sont placés en épigraphe :

 


"Ne crains rien ô Muse ! Ce sont des jours et us nouveaux

qui t'accueillent

C'est je le reconnais une race étrange, très étrange,

d'un genre original ,

Et pourtant la vieille race humaine, la même en

dedans, en dehors

Visages et coeurs semblables, semblables sentiments,

semblables désirs,

Le même vieil amour, la même beauté, le même usage. "

Walt Whitman, Feuilles d'herbe.

 

     Trois visions désenchantées, où les personnages sont meurtris par un désespoir, une douleur et une quête immuables et sans âge, sinon celui de l'Homme. La force de l'œuvre émane de ces âmes cherchant la rédemption, dans un New York semblable à un purgatoire, telle une peinture en clair-obscur.


     Lucas, Catherine et Simon, entités incarnées à chaque tome, sont des spectres possédés et illuminés par les mots de Whitman ; le souffle du poète les habite, les inspire. La cruauté des temps modernes et le désespoir opaques sont ainsi sublimés par la poésie qui transforme l'ombre en lumière.

 


     Michael Cunnigham réalise ici, à l'aide du poète, une poignante critique sociale à travers le récit d'existences broyées par les maux du progrès et de la société des hommes.

 


     Mots contre maux, ceux de Whitman, d'essence salvatrice, sont empreints de sagesse visionnaire.

 


Annie, Bib.-Méd. 1A

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives