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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 10:21

Michael CUNNINGHAM
Le livre des jours
Titre original : Specimen Days, 2005
Traduit par Anne Damour
Editions Belfond, 2006
 













Biographie


     Michael Cunningham est né dans l’Ohio en 1952.

     Il a étudié à l’Université de Stanford. Il veut alors devenir peintre. L'écriture l'attire mais il n’en vit pas à ce moment-là. Pour gagner sa vie il enchaîne les petits boulots. Il parle de l’appel de la mer dans des nouvelles publiées dans le 'New Yorker' qui lui ont valu des critiques positives, mais c'est avec La Maison du bout du monde que Michael Cunningham connaît le succès en 1990 et est traduit en quinze langues. En 1999, il a reçu le Prix Pulitzer pour Les Heures.

 

 

Informations sur le livre


     Pour l’édition originale cet ouvrage a été publié par Farrar, Strauss and Giroux à New York.

 

     Le titre original était : Specimen Days, il est intéressant de noter que Walt Whitman a publié un recueil sous le titre de Specimen days & collect, en 1882.

     Il a été traduit par Anne Damour et fait 348 pages.


Les thèmes

 

     Specimen Days traite de questions existentielles, du progrès industriel à la fin du XIXème siècle avec une impression de déshumanisation, une vision de la société rongée par des dégâts écologiques, les haines raciales et la peur du terrorisme.

 

Les styles


"Dans la machine" est un récit historico-social.

"La croisade des enfants" est plutôt un roman policier tandis que

"Une pareil beauté" relève de la science-fiction.

L’œuvre de Michael Cunningham repose essentiellement sur la relation entre l’amour, l’amitié et la haine avec parfois un mélange étonnant des trois :

-" C’était donc là le message : personne n’est à l’abri, pas même les mères de famille.

Pas même ceux qui sont prêts à tout sacrifier au nom de l’amour.

L’enfant et elle fonçaient vers le jour où, le lait posé sur la table, un chien quémandant les restes, son fils adoptif, son second Luke, l’enfant qu’elle aurait sauvé, déciderait qu’il l’aimait enfin assez pour la tuer. " ("La croisade des enfants", p.226)

La ville de New York est présente dans tous ces récits.

 

Unité de l'œuvre.


Les personnages de Lucas, Catherine et Simon, que l’on retrouve dans les trois récits.

     Dans la première histoire, "Dans la machine", Simon et Catherine étaient fiancés jusqu'à ce que Simon meure à la suite d’un accident et Lucas le protagoniste doit reprendre le travail de son aîné à l’usine pour faire vivre ses parents.

 

     "La croisade des enfants" se déroule de nos jours au cours d’une période proche de celle du 11 septembre. Cat est une psychologue qui travaille pour la police et qui après avoir reçu les appels successifs de deux enfants (se disant frères) qui assuraient qu’ils allaient tuer quelqu’un et étaient passés effectivement à l’action. Cat est soutenue par son petit ami Simon, jusqu'à ce qu’elle devienne la cible d’un troisième enfant sans nom qu’elle veut adopter pour " remplacer " son fils mort, Luke.

     Le dernier récit, "Une pareille beauté" se déroule dans un New York du futur, transformé en parc à touristes, dans lequel un robot humanoïde, Simon, travaille sous la surveillance de la police omniprésente. Il rencontre une Nadienne (sorte de lézard extra-terrestre), Catareen qui est garde d’enfants (Katemoss et Tomcruise de leurs prénoms). Simon et Catareen s’enfuient vers Denver et rencontrent un jeune garçon, Lucas.


D'autres éléments
tels un bol, une boîte à musique, un cheval et surtout la poésie de Walt Whitman sont des liens importants entre ces trois récits.

 
Analyse

  
     Il y a dans ce roman une sorte de cycle de réincarnation avec les éléments et les personnages qui reviennent sans cesse, sont habités par le même désir de trouver ce qu’il cherchent et ne peuvent obtenir dans cette vie qui ne les satisfait pas ; il y a une sorte de fatalité et toujours la mort.

 


     C’est une vision sombre de la société dans laquelle seule la poésie est une voie de secours.

Elle apporte une âme à ceux qui en manquent :

-" C’était M.Mulchady qui lui avait donné, ou plutôt prêté, le livre de Walt.

M.Mulchady disait que Lucas avait l’âme d’un poète ce qui était aimable de sa part mais faux.

Lucas n’avait pas d’âme du tout. (…).Ce qu’il voulait, c’était le tapage de la ville, voir les gens tirer leurs charrettes pleines de blé ou de charbon, danser au son des violons, pleurer ou rire, vendre, mendier, marchander, pas toujours joyeusement mais toujours avec une énergie qui était ce qu’il entendait, en secret, par âme.

Une vigueur arrogante, indestructible. Il espérait que le livre la lui insufflerait. "

("Dans la machine", p.24)


-"-(…). Dans le troisième protocole, je vous ai insufflé la poésie.

- Pourquoi ?

- Pour vous réguler. Pour éliminer les extrêmes. J’aurais pu brider vos capacités d’agression de façon à ce que vous soyez bons et serviables, mais je voulais vous donner aussi un certain sens moral.

Pour vous aider à faire face à des événements que je ne pouvais prévoir. J’ai pensé que si vous étiez programmé avec les œuvres de poètes célèbres, vous seriez mieux à même d’évaluer les conséquences de vos actes. "

("Une pareille beauté", p.321)


 Walt Whitman

     On peut dire pour finir que ce roman est peu conformiste, les personnages sont attachants du fait que l’on partage leurs pensées et leurs visions du monde et on connaît leurs préoccupations. Les histoires sont pleines de mystère grâce à Walt Whitman qui hante chacune des pages.

  
     L’explication de tout cela reste obscure même si les histoires sont très bien écrites et fascinantes.

Chloé,
Bib.-Méd. 1A

 

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