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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 08:24


Auteur : Jérome CHARYN


Marilyn la Dingue
Éditeur : Gallimard
Date de publication : octobre 1998
Première publication : 1974
Collection : Folio Policier
Titre original : Marilyn the Wild
Traduit de l’anglais par Rosine Fitzgerald
Nombre de pages : 246 pages
ISBN : 2-07-040648-2







     Marilyn la Dingue
est le premier livre d’une trilogie composée de Zyeux-Bleus et Kermesse à Manhattan.

( Pour la biographie de Jerome Charyn, voir aussi l'article de Ségolène
et le site
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jerome_Charyn )


     Dans ce livre, nous découvrons Marilyn, une jeune femme considérée comme " dingue " car elle a été mariée une multitude de fois. Le roman s’ouvre avec une scène d’amour entre elle et Coen, un flic. On apprend que Marylin n’est autre que la fille d’Isaac Sidel le " meilleur flic " de New York et que Coen est son adjoint. C’est un flic coriace, effrayant qui est une sorte d’antihéros que l’on apprend à connaître tout au long de ce roman policier. Sa femme, Kathleen l’a quitté, son père est parti en France pour peindre en France, à côté du Sacré-Cœur. Quant à son frère cadet, il est en prison pour cause de non paiement de pension alimentaire à sa femme. On remarque que la famille d’Issac n’est pas une famille comme les autres, il y règne un sentiment conflictuel à chaque instant. D’une part entre Isaac et son père, d’autre part entre Isaac et sa fille qu’il ne comprend pas.

 


     Le point de départ de l'intrigue est constitué par une série d'attaques perpétrées par un gang de jeunes adolescents surnommés le gang des Sucettes. La première agression est celle d’Hubert, un ami d’Isaac qui tient une charcuterie non loin du magasin qui appartient à la mère d’Isaac. Les suivantes sont celles de sa mère, Sophie, et d’Ida, sa compagne.


     On remarque donc que les agressions sont dirigées vers les proches d’Isaac. En effet, le gang des Sucettes, composé de Ruppert (fils d’un ami d’enfance d’Isaac, Philip), d’Esther Rose et de Stanley Chin s’attaque, par le biais de sa famille, à Isaac et à sa réussite. Ce gang est motivé par la jalousie que leur inspire l’ascension fulgurante d’Isaac, symbole du rêve américain (dans les livres suivants, il passe d’un commissariat de quartier à la mairie ) de l’immigré. Les familles des adolescents n’ont pas eu cette chance, ils vivent dans une certaine misère et par les agressions ils se vengent de leur malheur. Ruppert, lui, est d’autant plus motivé qu’il pense qu’Isaac a oublié son père et ne l’a pas aidé lorsqu’il en avait besoin.


     A travers ce livre, nous suivons Isaac dans son enquête qui nous emmène dans les quartiers pauvres de New York où les différentes cultures, différents peuples se côtoient. On peut passer du quartier chinois au quartier portoricain …


     Charyn ne nous présente pas New York par de longues descriptions mais plutôt à travers les communautés, les sentiments des personnages, l’ambiance qui en découle, les sensations, ce qui nous fait vraiment entrer dans ce monde bien particulier.


     Charyn nous fait découvrir le monde de la mafia. Pour lui, New York c’est la cité des pauvres mais aussi celle de la mafia et c’est ce qui ressort le plus de ce roman. Pour résoudre l’affaire du gang des Sucettes, Isaac va rencontrer des familles de mafieux, dont les Guzmann, une famille de truands confiseurs.


     Dans ce livre se mêlent différentes histoires, différents moments de vie qui ne concernent pas véritablement l’enquête sur le gang des Sucettes. Par exemple, Isaac est amené à devoir aider un de ses amis d’enfance, Mordecaï, dont la fille est devenue est une prostituée. On constate qu’Isaac est un homme influent et respecté de tous lorsqu’il " reprend " Honey Shapiro son mac’ ; Ralph n’oppose aucune résistance à la vue de l’insigne à dents bleues d’Isaac (" Ralph connaissait le B-A ba des commissariats de Manhattan : un inspecteur ordinaire n’avait pas droit à un insigne à dents bleues "). Le point commun entres ces histoires est bien sûr Isaac, c’est une sorte de lien entre tous les personnages.


     Par contre, à certains moments, la lecture de cette œuvre m’a paru déroutante. Par exemple, les surnoms sont multiples. Au début, il est très difficile de s’y retrouver mais ensuite, à force de rencontrer les personnages, on s’y habitue. Isaac est aussi Isaac le Pur, Isaac Sidel. Coen a pour surnom Zyeux-Bleus, Manfred.


     De plus, l’un des thèmes récurrents de ce récit est le ping-pong. On ne comprend pas véritablement pourquoi le ping-pong a une place aussi importante. On assiste à de très grandes parties entre Coen et l’un des adolescents du gang des Sucettes. En effet Charyn est un grand passionné de ping-pong et il nous fait découvrir sa passion à travers ce livre et les parties, racontées avec un réalisme impressionnant.


     Pour conclure, Isaac nous apparaît au début comme un flic sans véritable sentiment mais au fur et à mesure que l’on avance dans le roman, il devient très tendre envers tous les personnages même avec le gang des Sucettes.


     Charyn dépeint New York à travers ses yeux, ses sentiments, la manière dont il l’a perçu. C’est le New York ancien des communautés (juive surtout, car Isaac est d’origine juive tout comme Charyn), de la pauvreté.


     Pour finir, avec Charyn, il n’y a pas véritablement de barrière entre le bien et le mal. Chaque personnage a sa part d’ombre ; c'est le cas d'Isaac.

Elodie, 1ère année Ed/Lib

 

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Published by Elodie - dans polar - thriller
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