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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 11:40

Entretien avec Gabriel Okoundji, auteur congolais.

 

Gabriel Mwèné Okoundji est un auteur béglais d'origine congolaise qui a publié 7 recueils de poésie et deux essais.

 

Vous êtes actuellement publié par la maison d’édition Fédérop. Est-ce que cela a toujours été le cas ?

Non, au début j’étais publié à Paris par L’Harmattan. Mais dans ma démarche poétique, dans ce à quoi j’aspire, les éditeurs régionaux étaient plus proches de ce que je faisais. J’ai ensuite été publié par les éditions William Blake mais aussi par Cahiers de poésie verte. Maintenant, je suis donc publié par Fédérop.

 

Y a-t-il en Afrique et plus particulièrement au Congo des éditeurs qui vous publient ? Ou êtes-vous diffusé, là-bas ?

Non. La littérature est encore très difficilement réalisable en Afrique noire. Il y a très peu d’éditeurs. De plus, j’ai très peu de lectorat dans mon propre pays, le Congo. Au Burundi, j’ai maintenant du lectorat car j’avais été là-bas faire un travail avec les écrivains burundais. Et le Centre culturel français a acheté une grande quantité de mes livres et les a donnés aux élèves burundais. Maintenant, les élèves me lisent. C’est donc par cela que je suis lu au Burundi.

 

L’édition africaine est très difficile à mettre en place au niveau de la diffusion…

Au niveau de la diffusion, la quasi-totalité des auteurs africains sont beaucoup plus connus en Occident que dans leur propre pays.

Quelles sont vos références au niveau des auteurs africains ?

C’est difficile ! Il y a des auteurs qui me plaisent qu’ils soient africains, français, canadiens… Parmi les auteurs africains, s’il faut choisir, je lis quasiment tous les jeunes auteurs, de ma génération. Autrement mon auteur favori est Aimé Césaire car c’est à cause de lui et grâce à lui que j’écris.

 

Est-ce que vous trouvez qu’il y a une réelle identité africaine et qu’elle existe ?

Oui mais elle n’a existé qu’à partir du développement du mouvement appelé la Négritude. Avant, c’était la parole des Africains portée par les Occidentaux.

 

 

Est-ce que vous trouvez que la littérature africaine et les auteurs qui s’y rapportent sont reconnus en France ?

Pas encore à sa juste valeur. Mais il y a beaucoup d’efforts de faits. Les auteurs africains bénéficient d’une couverture médiatique plus que les autres auteurs. Mais c’est vrai que beaucoup de travail reste à faire. La France a accordé aux auteurs africains un réel espace que même les auteurs français, à niveau égal, ont du mal à le prendre.

 

En librairie, y a-t-il une place pour cette littérature ?

Au niveau médiatique et de la critique, la littérature africaine a acquis une place considérable et qui est reconnue. Par contre, au niveau des librairies, tout le travail reste à faire. Les libraires rechignent et ont du mal à accepter, à accorder un rayonnage conséquent et classé. C’est souvent un ou deux livres perdus dans un petit coin que personne ne va voir. Même Mollat.

 

Le problème vient donc plus des points de vente que de l’édition ?

Tout à fait. Les éditeurs publient beaucoup d’auteurs africains, la presse y consacre une large part de façon même complaisamment organisée (on se demande s’ils consacrent cet espace médiatique pour les compétences des écrivains ou pour représenter cette partie noire). Ils sont partout ces écrivains africains mais là où on devrait les rencontrer, en médiathèque par exemple, en rayonnage des librairies, il reste un travail à faire.

 

Par rapport aux manifestations, qu’en pensez-vous ?

Il ne reste plus une manifestation littéraire sans qu’un écrivain africain soit présenté. Il y a une présence africaine.

 

Y a-t-il selon vous une évolution dans cette littérature ?

Il y a une évolution considérable avec une grande production. Avant, pour la rentrée littéraire, cette littérature était étouffée.

Solenn, Éd.-Lib 2ème année
Entretien réalisé le 5 avril 2008

Bibiographie sélective :
L'Ame blessée d'un éléphant noir, William Blake an Co, 2003
Vent fou me frappe chez
Fédérop., 2004
Prières aus ancêtres, Fédérop (édition bilingue, français - occitan), 2008
 Bono, le guetteur de signes, Elitys, 2005

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