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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 19:00












20e Gouel al Levrioù e Breizh
















24 et 25 octobre 2009



L'espace Glenmor, où se tint le 20e salon du livre de Bretagne




L’édition en breton en 2009

Les invités de la conférence

Un millier d’ouvrages sont édités en Bretagne chaque année, dont une centaine en langue bretonne. Le salon est une occasion très intéressante de se faire connaître, et surtout d’avoir une meilleure image au sein de la région, car la diffusion est très inégale dans les librairies.

Les intervenants étaient, de gauche à droite (mis à part
le présentateur, au milieu) :
Yann-Fañch Jacq, de la maison
Keit Vimp Bev qui édite un livre sur six en Bretagne, notamment pour le public adolescent, ainsi que la revue Ya.
Yann-Fulup Dupuy, écrivain bretonnant.
Riwanon Kervella, de
Kuzul ar brezhoneg, une association qui regroupe le quart des maisons d’édition régionales.
Paolig Combot, de la maison
Skol Vreizh, qui a édité cinq livres en breton l’année passée, dont de la poésie.
Jean Leclerc de la Herverie, de la maison
TES (Ti Embann evit ar Skolioù) qui édite des livres scolaires (pour Diwan, Div Yezh…) en langue bretonne ; un livre régional sur quatre provient de TES.
Fañch Boulig de la maison
Emgleo Breiz, édite un livre sur dix en Bretagne, en majorité pour les adultes.

Le lectorat

Tout d’abord, l’on s’est interrogé sur le lectorat : qui sont-ils ? Une étude faite en 2005 montre que la région compterait 100 000 personnes capables de lire le breton, et que 200 000 le parlent (ce qui revient à 13 % de la population), mais
peu le parlent couramment. Il va donc de soi que le marché ciblé est faible, peu important, et qu’il ne suffit pas pour vivre.

Une maison va d’abord réfléchir à ce que produit l’écrivain, puis en fonction du manuscrit, voir s’il y a un potentiel de lecteurs suffisant. Les écrivains sont aussi des lecteurs ! C’est pourquoi l’offre et la demande sont indissociables, vont de pair. Ils participent mine de rien à toute la chaîne de l’édition. Malheureusement, l’auteur écrivant en breton devient une denrée rare, tandis que le lectorat est en expansion. Néanmoins, selon l’avis de M. Boulig, il n’est pas certain que le lectorat bretonnant aille en augmentant.

Pour se faire une idée, on demande à combien s’élève une très bonne vente d’un livre en breton : de 1 000 à 1 500 exemplaires, le résultat est jugé excellent, mais cela n’arrive en moyenne qu’une fois l’an. Un gros tirage monte à 2 000 exemplaires. On est très loin du nombre d’exemplaires moyen national qui se situe aux alentours de 7 000…

Toujours selon l’étude de 2005, les lecteurs attendent surtout des romans et des nouvelles, plutôt faciles à lire car les néo-bretonnants ont de réelles difficultés à décoder ; il est exceptionnel qu’un livre en breton dépasse les 250 pages. Malgré tout, les journaux et revues publient des nouvelles : on fidélise ainsi par un auteur régulièrement publié. C’est une passerelle pour de jeunes écrivains qui veulent à terme se lancer dans le roman. Dans la même optique, les éditeurs préfèrent aller vers les écrivains plutôt que d’attendre n’importe quoi. Il est plus difficile de modifier un texte de littérature qu’un livre informatif.

Malgré la couverture qui prête parfois à confusion (un livre pour adultes obtient soudain un succès auprès du public jeune), les éditeurs savent qui cibler, en général.


La traduction

Pour l’éditeur TES, les demandes viennent des écoles, quand les traductions ne sont pas imposées par les ministères. La traduction des ouvrages scolaires est très encadrée : il existe un conseil des Sages, composés d’enseignants et d’individus à haute qualification et possédant une connaissance de la langue très élevée ; on s’assure par ce biais du niveau exigé de la langue suivant les classes.

En-dehors de ce champ de l’édition, les maisons possèdent des critères de qualité pour le manuscrit reçu. Cependant, traduire en breton ce que tout le monde peut lire en français n’a pas réellement d’intérêt. Enfin, en parallèle avec l’idée des journaux et des revues, il est question d’une fidélisation du lectorat par des noms connus.

La préférence, pour certaines maisons d’édition, revient tout de même aux manuscrits écrits en breton. La difficulté est de trouver un traducteur qui ait un style tant en breton qu’en français, et qu’il travaille bénévolement. Mais la traduction ne se fait pas seulement du français, on traduit aussi de l’anglais (Shakespeare) ou de l’occitan. Or l’argent manque lorsqu’il s’agit d’acquérir les droits d’auteur, sans parler du coût de la traduction. Il existe certes un programme européen pour la traduction de textes en langue minoritaire, mais la communication en France sur l’existence de ce programme est faible, contrairement à des pays comme l’Espagne (Catalogne, Pays Basque) ou le Royaume-Uni (Pays de Galles).

D’ailleurs, il est difficile de promouvoir la langue bretonne auprès des auteurs… traduits ou non.

Les rééditions ont un gros problème de disponibilité pour la correction et la retraduction ; en cause, toujours le manque de fonds.

Pour Fañch Broudig, il est plus simple pour la maison d’édition de publier à peu d’exemplaires et de rééditer lors de demandes.



La diffusion

La diffusion est également une difficulté majeure : nombre de livres sont vendus dans des bureaux de tabac (surtout vrai pour les Côtes-d’Armor) ! L’arrivée de l’Internet a facilité un tout petit peu la mise en avant des nouveautés. En Bretagne, Coop Breizh est le diffuseur majoritaire, mais il reste perfectible. Deux griefs : le livre n’est pas forcément à la place optimale de vente ; pas évident de rencontrer le lecteur.

Sur l’Internet, les livres en .pdf sont systématiquement volés (comprendre : téléchargés), certains sont réticents à l’idée de les y mettre. Bien sûr, cela n’est pas comparable avec le vol perpétré par les lecteurs français sur les livres en français, mais comme il y a déjà si peu de ventes d’ouvrages bretons et en langue bretonne, les maisons évitent de prendre le risque…

L’éditeur en langue bretonne ne vit pas de son travail, encore moins l’auteur. Cependant, s’il y a vol sur l’Internet, c’est qu’il y a des lecteurs, ce qui est une bonne chose.

Tous les éditeurs prennent des risques ; malgré les aides régionales, on peut largement perdre de l’argent, faire faillite. Il est impossible et impensable de vendre des livres à perte.

Certaines maisons ont lancé une réflexion sur le livre breton de poche, facile à lire et à emporter, comme un moyen plus large de diffusion de la langue et de vente.

2008 : sur les 100 ouvrages édités en breton
 - 40 % de romans
 - 35 % pour la jeunesse (adolescents compris)
 - 12 % pour l'apprentissage du breton
 - 5 % de poésie
 - 2 % de théâtre
 - 6 % restants divers.



Le salon en lui-même





















Nombreux stands de petits éditeurs et d'auteurs

























Ça discute en breton sur les stands...






















Jean-Paul Ollivier, journaliste sportif, en pleine dédicace






































Stand de la Coop Breizh



































Stand de La Part Commune

























 Vous saurez dorénavant écrire et dire Le Lotus bleu en breton...

En marge du salon, qui a d'ailleurs légèrement décalé la conférence sur l'édition en breton, il y eut une manifestation sur la sauvegarde des langues minoritaires.


La foule attentive au discours de Tangi Louarn




Article du lundi 26 octobre 2009, Ouest-France

Près de 300 personnes se sont réunies sur l'esplanade de l'espace Glenmor, à l'appel du conseil culturel de Bretagne et de Kevre Breizh, la nouvelle coordination des associations culturelles bretonnes. Les manifestants entendaient soutenir la mobilisation pour la reconnaissance des langues et cultures régionales.

« Nous voulons une loi qui garantira enfin la place de nos langues dans la vie publique », expliquait au micro, Tangi Louarn, membre de Ti ar vro Kemper, se félicitant toutefois du vote récent de l'amendement 75-1 de la Constitution, « qui devrait permettre de nouvelles avancées juridiques dans l'avenir pour nos langues et nos cultures. La porte est ouverte, il faut maintenant éviter qu'elle se referme. »

Les manifestants ont également déployé une banderole réclamant un transfert de compétences et de moyens vers la Région. « Pour permettre aux Bretons de prendre en charge eux-mêmes le développement de leur langue et de leur culture. C'est à Carhaix, haut lieu de résistance, que l'on continuera le combat pour la reconnaissance de nos langues et de nos cultures », a conclu Tangi Louarn, après s'être « étonné du revirement de Frédéric Mitterrand qui n'a pas mis en chantier la loi promise ».


La statistique qui effraie quelque peu est celle qui donne la disparition d'une langue minoritaire toutes les deux semaines dans le monde.
La déclaration universelle de l'UNESCO de novembre 2001 sur la diversité culturelle est là pour nous rappeler son importance fondamentale, qui passe a fortiori par les langues.


Yohann, AS Bib.-Méd.-Pat. 2009/2010



La Bretagne sur Littexpress






Article de Soazig sur la MEET (Maison des Ecrivains Etrangers et Traducteurs) de Saint Nazaire





Qui a peur de la littérature ado ? Article de Camille sur la Journée professionnelle du festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo 2009.

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Published by Yohann - dans EVENEMENTS
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