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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 13:51

 

 

M. Rouge est une des rares bandes dessinées à se lire dès l’âge de 3 ans. Comment vous est venue cette idée ? Et l’idée de faire jouer M. Rouge avec le support en lui-même ?

A : Ce petit personnage apparaissait depuis quelque temps sur mes croquis, sans trop savoir quoi en faire ni d’où il venait.

Je m’étais juste servi de lui pour réaliser une illustration dans laquelle il courait sur un fond de papier journal chinois.

C’est en montrant tout ça à Olivier que l’envie commune de le faire vivre dans des petites histoires nous est venue. L’envie de s’amuser un peu avec les codes de la BD en mêlant de la photo, de la matière et en sortant un peu du cadre narratif habituel s’est vite imposée. On voulait s’amuser à ne rien s’interdire.

O : Et puis j’avais l’envie, de mon côté, de raconter des histoires aux tout-petits. Eviter la barrière de la lecture. Ce petit bonhomme s’inscrivait parfaitement dans cette idée, celle des histoires visuelles, des gags de cinéma muet.



Quelles sont les différences que vous avez pu rencontrer du point de vue de la narration, de la lecture de l’image, par rapport à une BD adulte ou un roman ?

A : Notre seul souci était d’être très simple dans la " mise en scène ". Très linéaire et lisible. Après, on adapte notre manière de raconter à ce qu’il y a à raconter, justement. Mais le fond reste le même, que l’on construise une narration " enfant " ou une narration " adulte ". Pour moi, il est important que la personne comprenne ce que je veux lui raconter. C’est tout.

O : Faire simple, c’est parfois assez compliqué. Le cadre de Monsieur Rouge est très serré, il nous fallait faire entrer un maximum de choses dedans. Et comme on a décidé de jouer sur le registre de l’absurde, il fallait parvenir à être décalé tout en demeurant très clair.



Avez-vous suscité des réactions de la part de jeunes lecteurs, notamment lors des salons et interventions en classe ?

A : Nous avons fait énormément de rencontres scolaires avec ce personnage. Il est drôle de voir que les enfants saisissent souvent plus vite le côté " second degré absurde " que certains adultes. Toutefois, pas mal de réactions amusées mais déstabilisées revenaient autour de ces livres, de la part des enfants. Il y avait pour eux quelque chose de transgressif de notre part à faire sortir les personnages du livre pour les faire courir sur mon bureau… Ça les déroutait mais les amusait beaucoup. Et leurs réactions étaient parfois très drôles.

O : Et de voir notre tronches en photo au milieu de l’histoire, alors ça, ça les a éclatés. Je pense que les enfants ont vraiment aimé le côté maladroit de Monsieur Rouge, le fait qu’il s’en prenne toujours plein les dents. C’est un anti-héros toujours plein d’énergie, et ça fait bien marrer les gamins.

Mais pourquoi " Outch !" ?

A : La toute première idée était que Mr Rouge termine chaque histoire en prenant un gadin. " Outch ! " nous faisait plus rire que " aïe ! " et " m’enfin " était déjà pris.

O : Moi, ça me rappelle les exclamations dans les Tex Avery.



Olivier Ka, comment avez-vous travaillé sur M. Rouge ? Avez-vous d’autres projets de BD pour tout-petits ?

O : Quand on travaille tous les deux, avec Alfred, on construit ensemble. On discute beaucoup, on dit plein de bêtises et on retient ce qui nous fait marrer. Après, je mets ça en forme dans mon coin, mais l’essentiel de la matière apparaît pendant nos séances communes.

Pour tout-petits, non, pas de projet BD. Des albums, oui.

Alfred, vous avez aussi travaillé avec Régis Lejonc pour la petite BD Magie, Magie !, dans la collection Petite Poche BD chez Thierry Magnier. Pouvez-vous en parler ?

A : J’ai écrit cette toute petite histoire muette tandis que Régis et moi étions en voyage à New-York. L’envie de faire un livre ensemble, là, maintenant, vite. Quelque temps plus tôt, les éditions Thierry Magnier nous avaient parlé de cette nouvelle collection qu’ils lançaient, en nous proposant d’y participer.

On était à une terrasse de café, et j’ai commencé à poser des bases. Puis, nous l’avons élaboré ensemble, avant que je m’occupe de découper la chose en planche et que Régis la dessine.

C’est le genre d’exercice amusant et de contrainte excitante : peu de temps, peu de pages, pas de mots…

Tous les deux, y a t-il des BD de première lecture que vous aimez particulièrement chez d’autres auteurs ? Mais aussi les éditeurs qui font un bon travail à ce niveau, selon vous ?

O : J’aime beaucoup le travail de José Parondo, parce qu’il a plusieurs niveaux de lectures, y compris un pour la petite enfance. C’est tendre et crétin à souhait.

A : Les éditions du Rouergue ont fait plein de belles et bonnes choses, en tentant de tirer un peu le livre jeunesse vers le haut. Même s’ils sont devenus plus sages qu’à une époque, il reste de belles choses chez cet éditeur.

En revanche, quand nous étions plus jeunes, la littérature jeunesse était moins vivante et active qu’aujourd’hui. Je ne garde pas de souvenir très précis de livre jeunesse, lu dans mon enfance. C’était plutôt de la BD, qu’il y avait à la maison.

Même si je suis sûre que oui, avez-vous des projets en commun ?

A : Toujours ! Des livres, de la musique, du théâtre… Nous sommes partis sur plusieurs pistes et envies, dans des domaines différents. Actuellement, outre la pièce de théâtre ( le Crumble Club) que nous avons écrite et que nous jouons, nous attaquons un nouveau livre.

Alfred, Olivier Ka… Merci !




Sarah, Edition-Librairie 2ème année

Blog d'Olivier Ka

Petit à Petit, la petite maison d'édition dans la prairie

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Published by sarah - dans Entretiens
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commentaires

Benoît R. 05/08/2008 22:32

Très sympathique cette interview.
En tous cas je regrette pas d'avoir eu l'occasion de voir leurs 2 spectacles durant cette année.

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