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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 18:28
Entretien avec Yaël Hassan, auteur jeunesse



Vous avez écrit de nombreux romans sur la Shoah, pourquoi est-ce pour vous si important ? Est-ce important à la fois pour vous-même, pour les générations futures ?


C’est pour écrire sur la Shoah que je suis devenue auteur. Pour moi, j’ai compris très tôt que, eu égard à ceux de ma vie qui avaient été emportés dans la tourmente, je me devais de mettre ma facilité de plume au service de la Mémoire et au service de la transmission de la Mémoire aux générations futures. Je crois que je n’aurais pas pu écrire si ce n’était pour parler essentiellement de ce sujet-là, en m’adressant aux enfants qui seront les adultes de demain et qui feront donc le monde en fonction de ce que l’on aura transmis.


Pensez-vous que la littérature de jeunesse ait un rôle à jouer dans la transmission de cette terrible histoire ?


Bien plus que n’importe quel manuel d’histoire où ils n’apprendront que des dates, des chiffres, des statistiques. Le roman permet de rendre les gens vivants, l’émotion palpable, la douleur perceptible.


Je pense travailler sur l’image, l’album et la Shoah : pensez-vous que l’album soit un bon support pour témoigner sur ce sujet ? Est-ce que l’image peut parfois être un complément aux mots, aux textes (sachant qu’il est toujours difficile d’évoquer un tel sujet) ?




Je ne sais pas si vous connaissez mon album : Dans la maison de Saralé. Je pense qu’il est l’illustration même du sujet de votre mémoire. Dans ce livre, j’ai fait le choix de n’avoir recours à aucun mot appartenant au champ lexical de la Shoah, pensant que ce que je ne disais pas par les mots le serait par l’illustration. Or, l’illustratrice a fait le même choix. Ne rien montrer… ou très peu. Il n’empêche que le texte est parfaitement compréhensible. Les albums évoquant la Shoah sont aussi nombreux que différents. Du Petit garçon étoile de Rachel Hausfater, à Sauve-toi Elie d’Elisabeth Brami, La Grande peur sous les étoiles de Jo Hoestlandt, Otto de Ungerer, Grand-père et Champion  de Gilles Rapaport, tous abordent ce thème avec talent et s’adressent autant aux enfants qu’aux adultes. L’album permet aussi une plus grande liberté d’appropriation. Chacun y voit ce qu’il est en mesure de voir, d’entendre et de comprendre.















































Faut-il tout montrer aux enfants ou pensez-vous, qu’au contraire, il faut les protéger et « enjoliver » la réalité ?


Ne surtout pas enjoliver, mais dire les choses avec mesure en fonction de ce qu’ils sont capables d’entendre et de comprendre.

Pensez-vous que les bibliothécaires, professeurs,… sont des acteurs importants dans la transmission de ce savoir ?


Leur rôle est essentiel. Ce sont mes prescripteurs et sans eux je n’aurais pas une aussi large tribune. L’accès à cette connaissance dépend bien souvent du simple choix d’un de mes livres en classe par un enseignant, des conseils d’une documentaliste. Souvent, ces lectures se prolongent en cours d’histoire, en recherches documentaires, en travaux de toutes sortes sur cette période. Sans les professeurs, les documentalistes et les bibliothécaires, je ne serais pas autant lue…


Vous rencontrez parfois des élèves, comment réagissent-ils ? Est-ce quelque chose qu’ils comprennent, qu’ils réussissent à appréhender ? En somme, quelles sont leurs réactions ?


Ils sont toujours très touchés par les histoires que je leur raconte. Très curieux aussi d’en savoir plus. Très incrédules souvent devant les horreurs qui se sont perpétrées sous les yeux de tous. Ils me demandent toujours pourquoi et comment ça a pu se passer. Ces rencontres sont très riches autant pour eux que pour moi.


Marion, Année Spéciale Bibliothèques-Médiathèques, promotion 2007-2008


Liens :
blog de Yael Hassan.

Yaël Hassan, sur le site Ricochet.








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Published by MARION - dans Entretiens
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commentaires

adrien 13/11/2016 10:51

bonjour je m'appelle adrien rosa je suis en classe de 6eme au college simon vinciguerra de bastia en corse.
on a lu Momo petit prince des bleuets et on l'a presentè au CDI du college.j'ai beaucoup aimè votre livre,de l'histoire de ce petit garcon qui decouvre des livres et qui rencontre un monsieur avec qui il fait un grand projet.les gens agès apprennent beaucoup de choses aux enfants.j'ai aussi decouvert la maladie d'alzheimer.

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