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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 16:39



Le lien biographique entre Tiphaine Samoyault et Louise Bourgeois est le point de départ du récit. Toutes deux sont issues d’une famille de tapissiers. Elles empruntent un chemin similaire dans leur travail, à la recherche de l’empreinte du temps… Les points communs se créent, se croisent, se retrouvent, nous échappent. Cet attachement latent fait la force de ce livre qui, de sa petite main, dessine un récit intimiste.

Tiphaine Samoyault construit son texte patiemment comme une araignée tisse sa toile…


S’il faut « vingt-sept nuances de jaune [pour une seule fleur] », il ne faut pas moins de vingt-six lettres pour donner vie à sa pensée et lui apporter de la cohérence.
La couleur est exigeante et expressive.
Le mot est rigoureux et éloquent.


La couleur et le mot demandent une application certaine. Ils correspondent à une réalité que nous ne pouvons approcher qu’en les utilisant justement. Le bon mot explicite son idée, la couleur adéquate ouvre au monde sensible. Ainsi une analogie entre l’art de la tapisserie et de l’écriture émerge malgré un cloisonnement arbitraire.

La tapisserie (création et réfection) prend forme grâce à une accumulation habile.
Le texte quant à lui est le résultat d’un enchaînement de termes tantôt remaniés, tantôt intervertis. Ces ouvrages incarnent la notion de temps : le temps passé à concevoir, à œuvrer, à se questionner. Ils subissent les décennies passées.
La tapisserie se fane, se fragilise ; la littérature jaunit, tombe dans l’oubli.
En résulte un objet qui porte en lui l’implication
de son auteur et la marque des années passées…
La tapisserie est le texte.
La trame est la ligne.
Le point est la lettre.
Le nœud est la reprise.
La couleur est le sens donné…


Pauline, année spéciale Edition-Librairie


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Published by Pauline - dans EVENEMENTS
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