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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 19:53



Dans ce roman librement inspiré de la vie d’un poète bordelais peu connu, Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914), Mathieu Larnaudie nous donne à voir la « prostration volontaire » d’un homme inadapté au monde qui l’entoure. On entre directement dans l’univers morbide et singulier de Jean dès la scène d’exposition et la description du corps inerte du singe de Jean, étranglé à l’aide d’une petite corde. Meurtrier récidiviste d’animaux domestiqués, dans l’éternelle posture de l’homme debout sur le port rêvant de s’embarquer, Jean côtoie Louis Piéchaud, un poète qui fréquente les " Chats noirs " parisiens, et François Mauriac, embrassant la carrière littéraire tout en " se fout[ant] éperdument de ce qu'il adviendra " de ses textes. Appelé sur le front de Verneuil, il y meurt le 28 novembre 1914. Seule sa mort le ralliera à son temps et ses contemporains.

M. Larnaudie crée une confusion, un brouillage chronologique, en utilisant une langue dix-neuvièmiste dans un agencement moderne et en posant une question latente : de quoi sommes-nous les contemporains ? Après avoir publié Habitations simultanées (Farrago, 2002) et Pôle de résidence momentanée (Les Petits Matins, 2007), on peut se demander ce que cherche M. Larnaudie dans ces différents « exercices » littéraires : est-ce précis et définissable ? ou est-ce un acte de nomadisme ?


Elise Riard, Année Spéciale Édition-Librairie

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