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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 18:24




Josef BOR

Le requiem de Terezin,
1963,
traduit du tchèque par Zdenka et Raymond Datheil
Les éditions du Sonneur (1 août 2005)

Réédition Le Livre de Poche Biblio

LGF (14 mars 2008)















Inspirée d’une histoire vraie, cette œuvre d’un ancien prisonnier du ghetto de Terezin en République Tchèque, dont la femme et les enfants furent déportés, raconte l’incroyable expérience de Raphaël Shachter et son fou désir de faire rugir le requiem de Verdi dans un camp en pleine démence nazie. Ce virtuose juif a toutes les peines du monde à réunir des artistes chevronnés de tous horizons pour constituer le chœur qu’il va diriger. De plus les fréquents convois vers la mort ralentissent la progression du chef d’orchestre qui doit constamment composer avec le départ de ses meilleurs éléments. Sa détermination étonne, son perfectionnisme peut déranger mais sa passion musicale reste indéniable et lui permet de porter l’entreprise à bout de bras. Un tel détachement, une froideur et une concentration totale sur ses partitions expliquent cependant sa réussite. Il s’agit du cri d’effroi de tout un camp, de tout un peuple qui dans des conditions infectes de détention garde son honneur et sa noblesse pour se produire comme à la parade devant un contingent SS.       
                          

L’horreur quotidienne des camps de prisonniers n’est que suggérée : le chœur chante pour dire adieu aux camarades déportés. Ce qui importe ici c’est la force d’une épopée lyrique qui prend corps dans un milieu hostile et qui donne aux artistes la possibilité de supporter l’inconcevable horreur humaine. Le véritable espoir que la beauté artistique incarne semble coïncider avec la fin proche de la suprématie nationale socialiste. Ce témoignage singulier représente un éloge à la culture (plus particulièrement la musique) dont les geôliers nazis semblent dépourvus et démontre qu’elle peut être salutaire en grandissant au milieu de l’horreur. Cette lutte pour la vie quand la mort est certaine, ce souffle angoissant et coriace caressant l’échine nous émeut et nous rappelle la force et le talent dont certains ont fait preuve pour arracher leur liberté dans un combat inégal.  


Adrien, Édition-Librairie 1ère année


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