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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 21:42

 Emile AJAR (Romain GARY)
La vie devant soi
Gallimard, 1982,
rééd. Folio




















C'est à Belleville, au sixième sans ascenseur, chez Madame Rosa, une vieille Juive qui, il y a bien longtemps, " se défendait ", se prostituait,  rue Blondel. Elle tient une crèche clandestine où les dames   " qui se défendent " abandonnent leurs enfants. Momo, dix ans environ, raconte sa vie chez Madame Rosa et son amour pour cette dame respectueuse, grosse, laide, sans cheveux, mais qu'il aime de tout son cœur. Il va vivre avec elle une relation quasi maternelle car il sait que sans elle il n’est personne. Momo est dans un âge où des questions existentielles se posent à lui. Il a peur du futur car il sent bien que Madame Rosa va de moins en moins bien. Et sa seule autre attache sentimentale n’est qu’un vieux parapluie appelé Arthur à qui il confie toutes ses craintes.

Petit à petit, il va douter de ses origines et se demander qui est sa mère et surtout qui est son père. Un homme va se présenter chez Madame Rosa prétextant être le père de Momo. Il a séjourné 11 ans en hôpital psychiatrique. C’est à ce moment que Momo va découvrir qu’il est plus âgé que ce qu’a bien voulu lui dire Madame Rosa. En effet, il a 14 ans. Quand il apprend cela toute sa vie va en être bouleversée. Quatorze ans signifient qu’il a plus de responsabilité que la veille, que ce n’est quasiment plus un enfant et qu’il est le plus grand du groupe.

L’état de Madame Rosa se dégradant de jour en jour, les dames « qui se défendaient » viennent peu à peu récupérer leurs enfants. Momo sera le dernier à la pension de Madame Rosa et c’est lui qui va s’en occuper avec l’aide de Madame Lola une travestie qui vit dans l’immeuble. Lorsque Madame Rosa meurt dans son trou juif, à la cave,  avec l’aide de Momo, il prétend qu’elle est en voyage dans sa famille. Alors il lui peint le visage au Ripolin, l'arrose de parfum, se couche près d'elle pour mourir aussi. Madame Rosa est la seule personne qu’il aime sur cette terre, sans elle il n’est plus rien.

Tout le roman est écrit à travers les yeux de cet enfant avec simplicité et sincérité. Ce qui le rend d’autant plus authentique et sensible. Momo nous montre l’image d’une vie qui ne semble pas facile mais dans laquelle il se plaît et grandit. Il décrit très bien la dégradation de Madame Rosa et des peurs qui surgissent en fin de vie. Momo devient un personnage attachant qui à travers ses yeux d’enfants rend la maladie et la vieillesse moins impressionnantes

Romain Gary est le seul auteur qui ait été récompensé deux fois par le prix Goncourt. En effet, il l’a reçu en 1956 avec Les Racines du ciel et 1975 avec La vie devant soi écrit sous le pseudonyme d'Emile Ajar.


Maude 1ère année Edition / Librairie

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