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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 21:50







Robert ALEXIS,
La Robe

José Corti, Paris, 2006































Biographie

Robert Alexis reste très discret à propos de lui-même; il habite à Lyon et a été l’élève du philosophe François Dagognet. La Robe est son premier roman, mais il a depuis écrit La Véranda, en 2007, puis Flowerbone et Les Figures en 2008.


« Il me semblait naître pour la deuxième fois, accueillant un monde enfin rendu à sa vérité. (…) Je m’enivrais des odeurs qui gouvernaient mon corps, celles des poudres et du parfum, des tissus dont les matières m’étaient jusqu’à ce jour interdites. »




Autoportrait



Notre héros est un jeune noble engagé dans l’armée à l’aube de la Première Guerre mondiale. L’univers masculin, trivial et brutal de la caserne le dérange et l’ennuie. Ce dégoût pour cette atmosphère paillarde est bientôt trompé lorsqu’un de ses subalternes lui présente une belle italienne du nom de Rosetta. La jeune femme, à la fois mystérieuse et peu farouche, devient sa maîtresse, et l’entraîne dans un monde envoûtant où toutes les inhibitions et toutes les pudeurs s’envolent dans un tourbillon de luxure et de perversion…


Il fait également la connaissance de Hermann, le père de Rosetta, mi-médecin, mi-gourou, un homme au charisme incroyable, avec qui il tissera une relation ambiguë, oscillant entre désir et manipulation. Mais bientôt, une autre rencontre fera basculer son destin: une robe aperçue dans une vitrine, la Robe, symbole de sa duplicité sexuelle, de ses turbulences intérieures, un tissu rouge merveilleux, objet fantasmatique qui le fascine et le torture à la fois…


Ce qui frappe dans ce court roman, c’est d’abord la maîtrise de l’écriture pour évoquer ce sujet sensible qu’est celui de l’identité sexuelle. Le style vif et élégant de Robert Alexis dévoile l’ambiguïté des désirs avec une irrésistible retenue. Autour de ce texte flotte une atmosphère trouble, fascinante, voire dérangeante; le malaise du héros s’insinue dans chaque paragraphe et plonge le lecteur dans un parcours initiatique où les thèmes du désir, de la sexualité, de la perversion, de la manipulation et de la folie s’entremêlent langoureusement.
   
Ceux qui, comme moi, ont aimé Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler apprécieront sans doute ce petit bijou d’écriture, trame d’un sujet bien contemporain. Il est très difficile de se détacher de ce récit qui fascine autant qu’il dérange… Attention, livre hypnotisant !

   
Valérie, 1ère année édition- librairie

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commentaires

Hécate 21/02/2009 19:22

Robert Alexis est un écrivain à lire absolument, ses romans apportent une dimension qui manquait à la littérature actuelle .Je suis heureuse de voir combien vous l'appréciez. C'est réconfortant d'être nombreux à recommander de le lire, ce que je tente aussi à mon humble mesure.
Bien cordialement.
Hécate

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