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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 21:30


Michael G. CONEY,
Péninsule
,

Les moutons électriques
coll. La Bibliothèque voltaïque





































Une société démocratique née des cendres des Etats Unis ravagés par un cataclysme écologique décide de réformer son système pénitentiaire. Economiquement affaiblie, la peine de mort abolie depuis longtemps, elle peine à entretenir les détenus dans des conditions humainement acceptables. Trois nouveaux principes sont alors émis. D’une part les condamnés se voient offrir la possibilité de réduire leur peine en souscrivant volontairement un contrat dans le lequel ils s’engagent à devenir l’esclave d’une personne libre durant la moitié du temps qu’ils auraient dû passer en prison, après quoi ils retrouveront leur statut d’hommes libres. Ce contrat implique également que si le propriétaire du serf se trouvait dans la nécessité de subir une greffe, ce dernier a l’obligation de lui fournir la « pièce de rechange ». Les condamnés à perpétuité n’ont cependant pas cette possibilité, ils deviennent automatiquement donneurs dans une banque d’organes gratuite jusqu’à ce qu’ils n’aient plus rien à offrir de leurs corps. Enfin, les détenus qui ne sont pas condamnés pour des crimes et qui ne souhaitent pas souscrire un contrat de servage peuvent être loués par des entreprises au pénitencier comme main d’œuvre.

On découvre le fonctionnement de ce régime à travers le regard de Joe Sagar, citoyen lambda se sentant peu concerné par ces questions, estimant qu’il est juste que les criminels ne deviennent pas des oisifs vivant sur le dos de la société. Et on découvre lentement, en même temps que ce personnage, avec horreur et dégoût les dessous et dérives du système, les abus, les trafics et les profits qu’une minorité tire de l’asservissement des corps et des hommes.

Michael G. Coney, écrivain canadien décédé depuis 2005 nous livre ici un court roman d’anticipation complété par quatre nouvelles se déroulant dans le même décor. L’ensemble dépeint dans un style simple mais efficace la prise de conscience d’un homme ordinaire, rappelant que les questions de justice, de droit, de liberté et de morale sont étroitement liées.

Manon, 2ème année Édition-Librairie

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Published by Manon - dans dystopies
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