Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 18:31





Aurélie FILIPETTI

Les Derniers Jours de la classe ouvrière

Stock, septembre 2003
LGF - le livre de poche, février 2005


   
























C’est la Crise ! Chute de la bourse, hausse du chômage, charters en partance pour « les pays chauds » ! Quel meilleur moment pour se plonger dans la vie d’immigrés italiens qui ont fui leur pays espérant trouver l’Eldorado. Au lieu de trouver de l’or, c’est dans le charbon qu’ils ont abîmé leurs poumons.

Aurélie Filippetti raconte la vie de ses aïeux et dresse un portrait de la France du Nord pendant près d’un siècle. Elle relate les rafles au fond des mines effectuées par les Allemands mais bien aidés par les Français. L’auteure nous explique le quotidien de ces immigrés qui en plus d’être « ritals » étaient « rouges ». On découvre au fil des pages différentes personnes très engagées politiquement, qui rêvent de liberté, de partage… en somme d’un monde meilleur.  Tout est possible : le droit de vote aux femmes, mai 68 jusqu’à…la découverte des goulags. Désillusion, honte et par-dessus tout culpabilité, Aurélie Filippetti nous décrit alors un homme sur un lit d’hôpital, abattu et totalement désenchanté.

Avec un style bien personnel, des phrases courtes, pas toujours construites, une chronologie chamboulée, Aurélie Filippetti rend un merveilleux hommage à tous ces mineurs, souvent restés anonymes, et par-dessus tout à son grand père qui fit partie d’une des rafles. On s’attendrit de paroles naïves de l’écrivaine enfant qui s’étonne qu’il existe des gens de droite, elle qui a baigné depuis toujours dans un univers prolétaire militant. On s’insurge des incursions des nazis au fond des galeries et de leur barbarie. Et malgré ce portrait de près d’un siècle de cette France du Nord cosmopolite, on s’interroge toujours sur les raisons qui ont fait qu’elle a voté en majorité pour le Front National lors des élections présidentielles de 2002. Aurélie Filippetti conclut d’ailleurs son livre par cet événement, sous une forme originale, écrite tantôt en caractères romains tantôt en italique comme pour rendre plus difficile la lecture et témoigner de la complexité des événements et de l’Histoire.

Un livre qui permet de faire perdurer la mémoire de la classe ouvrière du XXème siècle.



Marlène, 2ème année Ed-Lib


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche

Archives