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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 18:54

Entretien réalisé dimanche 2 novembre 2008




Originaire du Cameroun, cet auteur réside en France depuis 1991. Bien qu'elle écrive depuis l'âge de huit ans, ce n'est qu'en 2005 qu'est publié son premier roman. A ce jour, trois romans et un recueil de nouvelles sont parus : L'intérieur de la nuit, Plon, 2005 ; Contours du jour qui vient, Plon, 2006 ; Tels des astres éteints, Plon, 2008 ; Afropean Soul et autres nouvelles, Flammarion, coll. Etonnants Classiques, 2008.

L'approche musicale originale dans la structure de ses textes et les questions abordées (politiques, sociales ou métaphysiques) font de sa production littéraire, bien qu'elle soit récente, une oeuvre reconnue par la critique et saluée par les lecteurs. Ainsi, de nombreux prix lui ont été attribués dont le Goncourt des lycéens, en 2006, pour son deuxième roman.


 






Vos romans ont tous été publiés chez Plon. Est-ce un choix de votre part ? Aviez-vous sollicité d'autres maisons d'éditions ?


Comme tous les auteurs, j'ai sollicité plusieurs éditeurs à mes débuts. Quatre, très préciséme
nt, dont deux voulaient travailler avec moi. J'ai finalement signé un contrat avec un cinquième, auquel je n'avais pas envoyé de texte... J'ai eu la chance de pouvoir choisir mon éditeur, et lui ai été fidèle tant que je l'ai jugé utile.




Comment sont accueillis vos écrits en Afrique, et plus particulièrement au Cameroun ? Avez-vous constaté un accueil différent selon vos romans ?

Mes livres sont accueillis en Afrique comme en France : ils ne font pas consensus, quant aux sujets dont ils traitent.





Alors que vos deux premiers romans se situent en Afrique, votre dernier roman se déroule en France et soulève le problème de la conscience de couleur. Selon vous, la France refuse-t-elle d'aborder cette question ?

C'est une évidence. Des critiques m'ont dit des choses inattendues, concernant ce roman : que j'aurais dû l'écrire en anglais, parce que ce sujet n'était pas pertinent dans l'espace francophone, et que des Blancs ne pouvaient le lire. Tout ceci semble assez éclairant.



L'exemple de l'engouement médiatique concernant la possible élection d'un président noir aux Etats-Unis, laisse penser qu'il reste difficile pour une personne de couleur d'assumer son identité en dehors du continent africain. Qu'en pensez-vous ?

Il ne nous est pas difficile d'assumer notre identité, qui n'est pas forcément liée à la couleur de notre peau. Ce sont les autres qui ont parfois du mal à nous accepter, et à nous reconnaître comme leurs semblables. Des humains, tout simplement, des égaux de fait.



Vous vous revendiquez comme étant un auteur universel. Aussi, peut-on considérer que vos personnages possèdent une réelle dimension universelle ?

Bien entendu, puisque ce sont des figures humaines. Si on considère (et c'est ce que je crois) qu'il n'y a qu'une seule humanité, chaque fois qu'un texte présente des humains, il parle du genre humain dans son intégralité. Si mes textes ne sont pas universels, ceux d'aucun auteur ne le sont. On ne peut pas prétendre que seuls les écrivains occidentaux soient universels. Les Japonais, les Africains et les Indiens le sont aussi. L'Occident a pris l'habitude de se considérer comme l'étalon en la matière. Il va lui falloir se défaire de ce complexe de supériorité, puisqu'il ne représente qu'une infime partie du monde, même si son pouvoir économique et militaire a pu laisser croire le contraire.



Vous vous inspirez du jazz pour concevoir vos romans. Quel rôle la structure musicale de vos livres joue-t-elle ? Vous aide-t-elle à mieux 
transcrire les sentiments que vous voulez transmettre aux lecteurs ?

C'est subjectif et personnel. C'est l'esthétique qui me vient, tout naturellement. On peut user d'autres procédés, avec autant d'efficacité.



Tout comme le musicien de jazz improvise parfois, pensez-vous avoir une certaine forme d'improvisation dans votre écriture ?

Oui, mais comme en jazz, l'improvisation est maîtrisée. Il ne faut pas faire n'importe quoi. Les personnages et l'histoire ont une cohérence qui doit être respectée, tout comme les harmonies en musique doivent être respectées.



Un ensemble de récits Afropean Soul et autres nouvelles est paru chez Flammarion cette année. Avez-vous, comme pour vos romans, abordé ce genre de la nouvelle avec une esthétique musicale particulière ?

Je vous invite à les lire pour trouver la réponse!



L'intérieur de la nuit
, Contours du jour qui vient et Tels des astres éteints sont les titres de vos romans. Pourquoi le choix de ce style poétique si présent dans votre écriture ?

Ce n'est pas un choix raisonné, il ne peut donc s'expliquer. C'est une question de sensibilité. Afropean soul est une autre forme de poésie : plus urbaine, plus ouverte sur d'autres espaces.



Des recommandations de lectures ?

Je conseille La tache, de Philip Roth, Effacement ou Désert américain, de Percival Everett, et L'autre moitié du soleil, de Chimamanda Ngozi Adichie.

 

Béatrice, Licence Pro. Bib.

Site : www.leonoramiano.com

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