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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 10:00













Brady UDALL
Lâchons les chiens

Letting Loose the Hounds
Traduit de l’américain par Michel LEDERER
Edition Albin Michel, 1998
Collection 10/18
248 pages













Brady UDALL est l’auteur d’un recueil de nouvelles intitulé Lâchons les chiens. Il est né en Arizona en 1971 et exerce le métier de professeur de littérature dans une université du Middle West. Il s’agit là de son premier ouvrage qui fut suivi d’un roman intitulé Le destin miraculeux d’Edgar Mint qui connut un grand succès et propulsa l’auteur au rang d’un des écrivains les plus prometteurs de sa génération. Le recueil contient 11 nouvelles de tailles différentes : la plus petite est « La perruque » et fait deux pages et la plus grande est « Buckey le Mormon » et fait 36 pages.

Le style de Brady UDALL  est souvent comparé à celui de Raymond CARVER. En effet, comme lui, il s’attache à décrire des bouts de vies ordinaires d’habitants de petites villes des Etats-Unis. Il parle de villes situées en Utah comme Cedar City, en Arizona comme Vernon qui est d’ailleurs le personnage principal de la nouvelle « Vernon ». Dans celle-ci, les protagonistes se trouvent déchirés entre l’envie de partir ailleurs et la peur de l’inconnu, ils sont viscéralement attachés à leur ville.

Une autre particularité de ces nouvelles est l’omniprésence des hommes, les femmes étant soit parties comme dans « Lâchons les chiens » soit décédées comme dans « La perruque »ou « Le serpent ». Dans « Basket à la casse » deux femmes tiennent un rôle plus important, en effet, elles sont au centre des préoccupations du personnage masculin, l’une occupant ses pensées, l’autre son appartement. D’ailleurs, l’histoire se termine sur le choix qu’il devra faire entre ces deux femmes.

Tout ce recueil tourne autour des relations entre les personnages : on passe de l’amitié à l’amour,  à la séparation, au décès ou encore à la découverte des uns et des autres.

Le thème de décès est abordé dans « Le serpent » où trois hommes ayant chacun perdu leur épouse trouvent du réconfort dans le partage de leur souffrance, personnalisée sous l’apparence d’un serpent dont la mort violente à la fin du récit peut symboliser la renaissance des personnages.

La découverte des autres est illustrée dans « Le contraire de la solitude » où un jeune homme s’occupe de trois personnes marginales. Sa meilleure amie ayant peur d’eux apprend au fil du texte à les voir au-delà de leur différence et se surprend à les aimer.

« La ballade du boulet et de la chaîne »

Un homme sombre dans la dépression après avoir provoqué accidentellement la mort de son meilleur en lui attachant un boulet au pied, l’empêchant de sortir de sa voiture tombée dans un lac suite à l’enterrement de vie de garçon de ce dernier.


Cette nouvelle regroupe les caractéristiques de l’écriture de Brady UDALL, en effet elle raconte un bout de vie d’habitants de l’Utah. Cette histoire, même si on ne peut pas dire qu’elle soit ordinaire, pourrait être vécue par tout citoyen de toute ville, de toute région et de tout pays. C’est un des récits les plus tragiques du recueil car il met en scène la culpabilité d’un homme face à la mort de son meilleur ami dont il se sent responsable. Le plus terrible est qu’au fil du texte on comprend que pour lui la meilleure manière de se défaire de ce sentiment serait de mourir dans des souffrances similaires ou même pires que celle de son camarade.

L’écriture fluide de l’auteur, caractérisant chaque nouvelle, permet au lecteur d’entrer directement dans l’histoire. Elle lui permet de s’attacher aux personnages et même de s’dentifier à eux. On se surprend parfois à vouloir leur donner des conseils, tantôt on aime la compagne du personnage principal parce qu’elle cherche à tout prix à l’aider puis on la juge parce qu’elle l’abandonne et pour finir on s’interroge soi-même sur la manière dont on aurait réagi si on avait été dans la même situation. L’insertion dans le récit de la rencontre amoureuse des deux personnages rend encore plus réelle et tragique cette histoire car elle souligne leur bonheur perdu.

On peut remarquer que la majorité de l’histoire se déroule dans la maison des personnages comme s’ils étaient prisonniers du lieu dans lequel leur malheur avait commencé, d’où le sentiment de liberté envahissant la jeune femme lorsqu’elle quitte son compagnon et ainsi la maison.

Lorsque l’on donne à lire cette nouvelle à diverses personnes, on se rend compte qu’il leur faut quelques minutes de réflexion avant de pouvoir décrire leurs sentiments. Puis le sentiment général est l’impuissance face à la souffrance d’un homme. Ce qui les marque également c’est l’incapacité de chaque intervenant à trouver une solution pour sortir le personnage de sa souffrance ou encore la manière qu’a l’auteur de traiter le tragique de façon comique comme par exemple les circonstances de la mort du meilleur ami.

En conclusion, on constate que l’on peut ne pas aimer la manière dont les histoires sont écrites ou au contraire être touché par les souffrances et les joies des personnages mais dans tous les cas, les nouvelles de Brady UDALL ne laissent personne indifférent.


Nadège GALLERAND, Aurélie GIROS, 1ère année bib/méd

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Published by Nadège et Aurélie - dans Nouvelle
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