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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 21:54





Erri DE LUCA,

Montedidio
Traduit de l’italien par Danièle VALIN
Gallimard, collection Folio, 2002
Publication originale par
Feltrinelli Editore, Milan























Erri de Luca est né à Naples en 1950. Ouvrier, écrivain, poète et traducteur, il a remporté le prix Femina  «étranger » en 2002 pour le roman Montedidio.

Italie, années 1950, quartier populaire de Naples appelé  Montedidio qui signifie Montagne de Dieu.

Le narrateur, un jeune garçon de treize ans, raconte son quotidien dans un cahier et fait vivre au lecteur son passage de l’enfance à l’âge adulte : les transformations de son corps, la découverte de l’amour grâce à Maria, sa voisine à peine plus âgée que lui, ainsi que la fin de l’école, la découverte du travail en tant qu’apprenti dans une menuiserie et la satisfaction procurée par l’argent qu’il ramène à ses parents.

Il passe ses soirées sur la plus haute terrasse de Montedidio à s’entraîner au lancer du «bumeràn» (boomerang) que son père lui a offert. Il s’entraîne, développe ses muscles, son acuité visuelle et change sa vision du monde. Il ne le lancera qu’une seule fois au-dessus des rues trop étroites de ce quartier de Naples.

Il doit apprendre à se débrouiller car sa mère a des soucis de santé et son père partage son temps entre son épouse et son travail de docker. Il ne se retrouve pas seul pour autant. Le jeune garçon travaille pour Mast’Errico, un menuisier qui a chassé les Allemands de Naples durant la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci héberge dans son atelier Rafaniello, un cordonnier bossu. Rafaniello est arrivé à Naples alors qu’il tentait de se rendre à Jérusalem. Homme peu loquace mais d’une grande générosité, il passe ses journées à réparer les chaussures des plus démunis de Naples. Il attend le moment où sa bosse se déchirera pour déployer les ailes qu’il croit y cacher. Elles lui permettront de s’envoler enfin vers Jérusalem. Une amitié naît entre le narrateur et le juif bossu.

Erri de Luca nous offre un voyage à Naples et nous livre une des multiples facettes de cette ville extraordinaire. D’une écriture simple où se mêlent l’italien et le napolitain, il donne vie à des personnages forts que le quotidien n’épargne pas. Le style est empreint d’une grande poésie et tous les sens sont requis pour cette lecture : on voit Naples, on la sent, on l’entend. J’ai la chance d’avoir pu découvrir Montedidio en italien et plus tard en français : il est encore plus appréciable de le lire en version originale. On saisit toute l’importance de la différence entre l’italien et le dialecte  napolitain. Tous les sentiments ne peuvent se décrire ou n’ont pas la même force en italien. Le napolitain décrit mieux la vie.

L’histoire simple d’un garçon qui devient adulte par la force des événements et des personnes qu’il rencontre. Ce roman que j’ai découvert il y a trois ans en italien est un petit chef-d’œuvre de poésie, une hymne à la vie ! Trois ans après, le résultat de cette découverte du  roman en français est positif : Montedidio se classe toujours dans mon top 5 des meilleurs lectures !

« J’écris en italien parce qu’il est muet et que je peux y mettre les choses de la journée, reposées du vacarme du napolitain. »

« Il n’y a pas que du bon dans la croissance du corps, la découverte des choses nouvelles que j’apprends à faire. Le mauvais grandit aussi en même temps. »

« Com’è importante stare a due, maschio e femmina, per questa città. Chi sta solo è meno di uno. »
 (« Comme c’est important d’être deux, homme et femme, dans cette ville. Celui qui est seul est moins qu’un. »)


Julie LACLAUTRE, 1ère année éd-lib


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