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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 19:20








Didier DAENINCKX,

Meurtres pour Mémoire
Folio policier, n°15 ; 2007.
Première édition :

Gallimard (Série Noire), 1984.






















Deux articles sur Meurtres pour mémoire


1. Article de Claire



Brève biographie de l’auteur


Il est né le 27 avril 1947 à Saint-Denis et issu d’une famille modeste. Après avoir arrêté ses études, il a fait de nombreux petits travaux comme imprimeur, attaché culturel et journaliste. Didier DAENINCKX est un auteur de romans policiers, d’essais, et de nombreuses nouvelles, des scénarii de bandes dessinées (comme La der des ders, avec TARDI). C’est un écrivain engagé, et cela se ressent dans toute son œuvre. Cette dernière est orientée vers une critique politique et sociale de notre société. Son engagement l’a amené à participer au site Internet Amnistia.net (www.aministia.net), qui est un site d’informations et d’enquêtes. Il lutte notamment contre le négationnisme.


Meurtres pour mémoire


Le livre


Il a été édité en 1984, cependant, il a fallu 7 ans à l’auteur pour l’écrire. Publié dans la Série Noire de Gallimard en 1984, il reçoit le Prix Paul Vaillant Couturier (1984) et le Grand Prix de Littérature Policière (1985). Ce livre a été également adapté au cinéma par Laurent HEYNEMANN en 1985, et voit aussi le jour sous forme de bande dessinée, avec la collaboration de l’illustratrice Jeanne PUCHOL (Ed. Futuropolis). C’est le premier roman, où Didier DAENINCKX, fait apparaître l’Inspecteur Cadin.


































Résumé


Ce roman policier commence par relater la manifestation du Front de Libération Nationale (F.L.N.) du 17 octobre 1961, qui finira par un bain de sang. L’histoire commence avec des moments de vie de trois personnes : Saïd Milache, un « Français musulman », Kaïra Guelanine, sa fiancée, et Roger Thiraud, professeur d’histoire de lycée. Après ces trois moments de vie, on entre dans le récit ; Saïd et Kaïra vont à la manifestation du F.L.N., et au même instant Roger Thiraud rentre de sa journée de travail, il arrive devant chez lui au moment de la manifestation. Les C.R.S. viennent juste d’arriver pour réprimer cette manifestation de « Français musulmans ». Ils vont faire un véritable massacre, on ne sait pas exactement le nombre de tués. C’est ce moment qu’un C.R.S. s’approche de Roger Thiraud.

« Brusquement, il coinça la tête avec son bras gauche. Le manteau vint se coller sur le visage du professeur qui laissa tomber son bouquet et le paquet de gâteaux. Il agrippa désespérément la main de son agresseur pour lui faire lâcher prise. Mais l’homme, méthodiquement, appliqua le canon de l’arme sur la tempe droite de Roger Thiraud, introduisit l’index dans le pontet et appuya sur la détente. Il repoussa le corps en avant, recula. Le professeur s’effondra sur le trottoir, le crâne éclaté. »

Roger Thiraud laisse derrière lui sa femme enceinte.

Le récit fait ensuite un bond de 21 ans en avant et nous conduit en 1982. Nous faisons la connaissance de Bernard Thiraud, le fils de Roger. Comme son père il est historien, enfin, étudiant en histoire. Pour ses recherches, il va à Toulouse avec sa fiancée, Claudine Chenet, elle aussi étudiante en histoire. Bernard Thiraud va être tué après avoir fouillé dans les archives régionales. C’est à ce moment que l’inspecteur Cadin fait son apparition, pendant une grève des fossoyeurs. Il vient tout juste d’être muté à Toulouse. Cadin va d’abord enquêter pour savoir ce que cherchait Bernard Thiraud. Ce dernier tentait de poursuivre les recherches de son père concernant la ville de Drancy, et particulièrement l’époque où s'y trouvait un camp de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale, et concernant également le nombre important de déportations d’enfants juifs...


Ce que dénonce l’auteur


Didier DAENINCKX dénonce deux faits historiques qui se sont révélés être liés à l’affaire Maurice PAPON.

Premièrement, il dénonce le massacre de la manifestation du F.L.N. du 17 octobre 1961, et notamment les consignes que les C.R.S. ont reçues du préfet. En 1961, Maurice Papon est préfet de Paris.

DAENINCKX dénonce également les faits de collabotation liés à la déportation lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans le roman, Roger Thiraud, le père, rédige un livre sur l’histoire de sa commune de naissance : Drancy. Il va découvrir, en étudiant les convois de déportations des Juifs, des chiffres anormaux venant de la région toulousaine, principalement des déportations de jeunes enfants. A la préfecture, Cardin dit :

« La Déportation était traitée de la même manière que les autres tâches de l’administration ; les fonctionnaires semblaient avoir rempli ces formulaires avec un soin identique à celui apporté aux bons de charbon ou à la rentrée scolaire. On manipulait la mort en lieu et place de l’espoir.»

Lorsque DAENINCKX a écrit ce livre, l’affaire Maurice Papon n’avait pas encore éclaté. Le secret que les Thiraud ont découvert est donc compromettant pour l’administration.


Pour finir


Le style de l’auteur est assez fluide, l’écriture est simple. C’est un livre qui se lit rapidement. Je le conseille à tous ceux qui n’aiment pas les livres sur la Seconde Guerre mondiale (comme moi), ils changeront d’avis !
Petite anecdote, les noms des policiers dans le livre, sont des noms de quartier de Toulouse, comme Matabiau.


Sources
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Daeninckx
- http://www.bibliosurf.com/+-Daeninckx-Didier-+
- http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-daeninckx.html



Pour découvrir les travaux de l'illustratrice Jeanne PUCHOL :

http://www.delartsurlaplanche.com/auteur.php?id_auteur=54&type=i


Claire, 2ème année Bibliothèques-médiathèques










2. Article de Charlotte







Né en 1949, à Saint Denis, Didier Daeninckx a exercé pendant une quinzaine d’années les métiers d’ouvrier, imprimeur, animateur culturel et journaliste localier. En 1983, il publie Meurtres pour mémoire dans la Série Noire de Gallimard. Il a depuis fait paraître une trentaine de titres qui confirment une volonté d’ancrer les intrigues du roman noir dans la réalité sociale et politique. C’est un auteur de nouvelles (En marge, Zapping) et d’essais également.


Il a obtenu de nombreux prix tels que le Prix Populiste, le Grand prix de la littérature policière ou encore le Prix Louis Guilloux. Aujourd’hui Didier Daeninckx travaille en tant que journaliste à amnistia.net (quotidien en ligne d’information et d’enquête).

Son premier roman Meurtres au premier tour (1982) est passé inaperçu. C’est son deuxième roman Meurtres pour mémoire, avec l’inspecteur Cadin, qui lui ouvre les portes de la notoriété. L’inspecteur Cadin est le personnage principal de bien des romans de Deaninckx (Le géant inachevé par exemple). Ce personnage se suicide dans Le facteur fatal.

En 1994, Daeninckx reçoit le Prix Féval de littérature qui le récompense pour l’ensemble de son œuvre.

Bibliographie récente

Histoire et faux-semblants (2007)
Levée d’écrou (2007)
Baraques du globe (2008)
Camarades de classe (2008)


Dans Meurtres pour mémoire, il y a tout un contexte historique qui encadre l’intrigue. Le roman débute sur une manifestation qui s’est réellement déroulée : c’est le massacre du 17 octobre 1961.

Rappelons ce contexte historique. Bien avant le 17 octobre 1961, il existe des tensions entre les membres du FLN (front de libération nationale pour l’Algérie) et la police. Pour tempérer ces relations, la police décide de ne plus exécuter aucun membre du FLN. Cependant certains policiers forment un groupe et passent à tabac de nombreux maghrébins.

De Gaulle, président de la République à cette époque, considère que tous les attentats du FLN sont un moyen de pression exercé sur l’Etat français. L’ordre est donné à Maurice Papon (Préfet de police de Paris) d’instaurer un couvre-feu pour tous les « français musulmans d’Algérie ».

Le roman commence à Paris par cette nuit du 17 octobre. Une manifestation est organisée pendant le couvre-feu par les dirigeants du FLN. Des milliers d’Algériens se font tabasser et Daeninckx nous transmet cette ambiance avec beaucoup de réalisme. Durant cette manifestation pacifique qui se transforme en véritable massacre, un professeur d’histoire, Roger Thiraud, se fait tuer en rentrant chez lui par un homme habillé en CRS. Il n’avait aucun lien avec le FLN ou l’OAS et aucune enquête ne sera faite pour déterminer les causes exactes de sa mort. Sa femme, enceinte, accouche quelques mois plus tard de Bernard Thiraud.
Vingt ans plus tard, à Toulouse, dans une rue proche de la préfecture, Bernard se fait tuer après avoir effectué des recherches à la préfecture. L’inspecteur Cadin enquête alors sur le meurtre de Bernard et, après quelques déductions, sur la mort suspecte de son père à Paris. L’inspecteur Cadin se fait aider par le brigadier Lardenne.

Derrière ce contexte historique de l’indépendance de l’Algérie, Didier Daeninckx nous fait remonter le temps dans les années 1940, puisque Roger Thiraud, donc le père, avait commencé une étude en tant qu’historien sur la ville de Drancy. On découvre, si on ne le savait déjà, que cette ville a été un lieu important de la déportation. On découvre également des informations gênantes concernant Vichy. Bernard Thiraud en se rendant à Toulouse voulait savoir pourquoi son père était mort et poursuivre l’étude et les révélations. En remuant le passé, ils ont été tous deux victimes de la découverte et n’ont pas pu exposer le résultat de leurs recherches.

Finalement, Daeninckx enquête sur le passé de Maurice Papon qui est présenté sous un faux nom dans le livre. L’écriture est assez légère pour contraster avec la dure réalité des déportations durant la Seconde Guerre mondiale et de la répression exercée contre le FLN.

En conclusion, ce roman qui a propulsé Daeninckx en tant qu’auteur majeur de la fin du XXème siècle est un ouvrage intrigant qui prépare le rôle de l’inspecteur Cadin dans les polars suivants.

Charlotte, 2ème année Edition-Librairie

 

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