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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 19:19

Les Éditions Palantines vont fêter leurs 20 ans l’année prochaine. Fondées par Henri Belbéoc'h, elles sont tout d’abord spécialisées dans le beau livre sur l’histoire de la peinture. Puis la maison s'est agrandie, de nouvelles collections ont vu le jour, entre autres sur l’histoire régionale de la Bretagne et le patrimoine. L'équipe est aujourd'hui composée de six personnes. Les Éditions Palantines éditent une quinzaine d'ouvrages par an à un tirage moyen de 2500 exemplaires et sont diffusées et distribuées, depuis le début de l’année, par les Éditions Ouest-France (alors que, depuis sa fondation, l’entreprise s’auto-diffusait).
Henri Belbéoc'h



Comment êtes-vous devenu éditeur ?

J’étais publicitaire mais ça ne m’intéressait plus. Je vivais à Belle-Île et l’aventure a débuté comme un jeu. J’ai commencé à regrouper des tableaux sur la commune de Sauzon et je me suis aperçu que beaucoup de peintres y avaient peint. J’aime les livres, j’aime la peinture et je connaissais les techniques d’imprimerie grâce à mon métier. C’est pour mon plaisir que je me suis lancé dans l’édition d’un livre sur les peintres de Sauzon.

Quelle est votre définition du beau livre ?

Pour moi, un beau livre est soigné dans la forme et intelligent dans le fond. Il est relié sous jaquette. La mise en page et l’iconographie sont recherchées et l’auteur doit maîtriser son sujet. Certes, iconographie et photogravure ont un coût élevé, amorti différemment selon le tirage de l’ouvrage. D’où un écart de prix souvent important, et incompris des lecteurs, entre un ouvrage tiré à 20000 exemplaires chez un « gros » éditeur et un livre imprimé à 3000 exemplaires chez un « petit » éditeur.

Entre également en compte dans le coût le temps passé au niveau de l’éditorial : il faut distinguer le beau livre de l’album. Un livre avec uniquement des photos et des légendes, c’est un album, comme par exemple chez nous, Arbres remarquables.


Quel est l’ouvrage dont vous êtes le plus fier ?

Je ne parlerai pas de fierté. Ce sont plutôt des ouvrages qui nous ont marqués, qu’on est très heureux d’avoir faits. 

Celui qui m’a le plus marqué, c’est Les Îles du Ponant de Louis Brigand avec une préface d’Érik Orsenna (480 pages). À l’époque, le budget de ce livre dépassait largement celui que l’on consacrait habituellement à nos ouvrages. Si j’ai pris ce risque, c’est parce que j’aime les îles,  je suis insulaire, et c’est aussi pour cela que Louis Brigand nous a choisis pour éditer ce qu’il appelle lui-même « le livre de sa vie ». Beaucoup d’éditeurs importants voulaient publier ce livre, l’auteur a choisi de me faire confiance et en échange je lui ai promis un livre exceptionnel.

C’est sûrement l’ouvrage qui a fait le plus pour notre réputation et pour celle de l’auteur. Il a eu un grand retentissement dans la presse.


Y-a-t-il un ouvrage que vous avez toujours rêvé d’éditer mais que vous n’avez pas encore pu faire pour diverses raisons ?

Cela fait bientôt 15 ans que je pense à un ouvrage de fond sur le costume breton. J’en avais même parlé avec Pierre-Jakez Hélias, qui voulait s’y associer. Malheureusement il n’est plus là. Mais on entrevoit aujourd’hui la possibilité de le faire.


Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile dans ce métier ?

L’économie. Les livres, on sait les faire. Ce qui est difficile, c’est de les vendre et de durer, et c’est valable pour tous les éditeurs.

On fait ce métier pour le côté éditorial, plaisant et intéressant, mais c’est de plus en plus l’économie qui prend de la place. Une de nos difficultés est aussi que les beaux livres sont les plus « gourmands » en trésorerie. Il faut se battre pour que les réalités économiques nous permettent de continuer.


Que pensez-vous du livre numérique ?

Le livre numérique a certainement un avenir dans certaines branches. Mais il concerne plutôt l’édition littéraire ou le livre pratique. Je ne crois pas à une réussite numérique prochaine pour le beau livre. Les personnes qui aiment les bibliothèques et les livres, en tant qu’objets, ne sont pas concernées.

Par contre, les nouveaux outils d’édition, tels que la photographie numérique, les scanners personnels ou les logiciels de mise en page, ont permis de faire des livres plus vite, et à un moindre coût. Cela a donné lieu à une prolifération sur le marché et a facilité l’édition à compte d’auteur d’ouvrages qui n’ont pas toujours le niveau requis.

Ce sont des détails, mais qui perturbent la chaîne du livre.


Comment voyez-vous l’avenir ?

Je pense que pour survivre, les petits éditeurs comme nous devront se spécialiser, utiliser le « marketing de niche ». Nous le pratiquons déjà avec des ouvrages régionaux.

Et idéalement, de façon économique, un petit éditeur devra être adossé, financièrement et au niveau de la diffusion et de la distribution, à un gros éditeur.


Un petit mot sur l’act
ualité des Éditions Palantines ?











Nous venons de sortir six livres en l’espace d’un mois. En peinture, nous avons édité une monographie sur Bernard Buffet et un livre sur l’association Hangar’t.










Dans la collection « Histoire et géographie contemporaine », nous avons publié un livre sur la Presqu’île de Crozon et nous avons réédité Nantes.

Et enfin nous avons sorti Châteaux et manoirs du Finistère ainsi que L’étonnante scène musicale bretonne pour lequel nous préparons une soirée de lancement, avec la présence de quelques artistes, dans la salle mythique du Vauban, à Brest.










Vous pouvez retrouver le catalogue des Éditions Palantines en suivant ce lien :

http://www.editionspalantines.com/

Camille Guillemot, Licence professionnelle
Édition

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Published by Camille - dans Entretiens
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